‹ Traité complet des maladies vénériennesChapitre 32 sur 121 · PL. XIV · texte numérisé non relu

PL. XIV

U1.CÈRES PRIMITIFS, IKTDURRS AMBÎUX.AIRX:S, A DÉBUT ECTHYMATEUX,

OBSERVATION

Le malade qui a fourni le sujet de cette observation, s’aperçut deux jours après un coït suspect, d’une légère démangeaison à la peau de la verge et sur le gland.

Là où siégeait la démangeaison, trois petits boutons commençaient à poindre. Bientôt ceux qui siégeaient sur le gland se changèrent en ulcérations dont les progrès s’étendirent à la fois en surface et en profondeur.

Le bouton, qui avait la peau de la verge pour siège, continua pendant longtemps à se développer sans se rompre. Le pus qu’il renfermait se dessécha; il se forma une croûte noire, saillante, adhérente et comme enchâssée dans un cercle de peau épaissie, indurée et d’un rouge sombre.

Pendant longtemps le malade avait pris ce bouton pour un furoncle.

Quand la croûte se détacha, le fond de Fulcération qu’elle recouvrait était grisâtre, pultacé, et, çà et là, parsemé de points hémorrhagiques, l.a base était légèrement œdémateuse, les bords nettement taillés à pic, décollés, un peu renversés; ils formaient un anneau qui avait tous les caractères de l’induration spécifique.

Ces ulcérations du gland avaient la même physionomie, avec cette différence que passant de la période de progrès à la période de réparation, leurs bords durs et saillants n’étaient plus décollés; et à la coloration rouge sombre, avait succédé le gris perle de la période de cicatrisation.

Ces ulcérations étaient, du reste, indolentes et suppuraient peu.

On voyait sur le limbe du prépuce, au moment

où le malade a été dessiné, une pustule ecthymateuse qui ne datait guère que de cinq ou six jours et dont le début avait été analogue à celui des autres ulcérations.

On inocula le pus de cette pustule ainsi que celui que fournissait le milieu d’une des ulcérations , qui en ce point était encore à la période de progrès, et l’inoculation produisit la pustule caractéristique du chancre.

La contagion datait de six semaines: plusieurs des ganglions superficiels inguinaux des deux côtés restèrent engorgés, mais indolents. Les ganglions cervicaux conimençaient à se prendre, et le malade éprouvait un peu de gêne dans les mouvements du cou ; il se plaignait aussi des céphalées nocturnes.

Il n’existait aucune autre manifestation de syphilis secondaire.

On cautérisa avec la pâte de Vienne la pustule qui avait le limbe du prépuce pour siège, et après la chute de l’escharre, elle était neutralisée et n’était plus qu’une plaie simple qui ne tarda pas à se cicatriser.

Au sixième jour de leur existence, on cautérisa aussi avec la pâte de Vienne, les pustules pathognomoniques de l’inoculation, et elles furent neutralisées.

Les autres ulcérations furent pansées avec une pommade composée de 4 grammes de calomel pour 30 grammes de cérat opiacé.

On soumit le malade au traitement par le protoiodure de mercure et la tisane amère; il en continua l’usage pendant trois mois.

V1.C±RE PRIMITIF, PHAGÊDÉNIQUI! DÎPHTÉRITIQUB, A DIVERSES PÉRIODES.

OBSERVATION

Celte figure représente un chancre phagédénique, diphtéritique et à la période de progrès : fond gris, inégal, tapissé de matières pultacées adhérentes ; bords irrégulièrement arrondis, taillés à pic, légèrement décollés, renversés et entourés d’une aréole rouge sombre.

Ce chancre était tout à fait analogue à l’ulcération décorticanle que la fig. I représente.

Le prépuce, retenu en arrière du gland, offrait un gonflement œdémateux qui constituait une des variétés du paraphimosis (paraphimosisœdémateux).

On voyaic sur un de ses côtés, une large ulcération recouverte de bourgeons charnus très saillants, variété de Vulcus elevatum selon quelques auteurs, ou du chancre bourgeonnant selon d’autres; mais en réalité ce n’était qu’une période de réparation vicieuse, avec exubérance de bourgeons charnus, d’une ulcération analogue à celle qui progressait encore sur le gland.

Plus en arrière et sur la peau de la verge, se trouvait une plaque étendue, à surface grisâtre et granulée, qui offrait une saillie assez considérable, ce qui lui donnait l’aspect d’un groupe de papules muqueuses. Mais ici, ce n’était point un cas de transformation in situ ou de passage de l’accident primitif à l’étal d’accident secondaire sur place; car les chancres, qui avaient précédé, n’’avaient pas présenté l’induration spécifique et aucun autre symptôme concomitant n’indiquait l’infection constitutionnelle. Il n'y avait pas eu non plus d’adénite successive. La maladie durait depuis cinq mois.

Des cautérisations avec le nitrate d’argent, des pansements avec le vin aromatique, des bains, 4 portions d’aliments, suffirent pour amener la guérison au bout de cinq semaines.

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