‹ Traité complet des maladies vénériennesChapitre 34 sur 121 · PL. XV · texte numérisé non relu

PL. XV

les tissus voisins sont le siège, par une sorte d’élasticité qui lui est propre et qui ressemble assez à celle de certains cartilages.

On panse l’ulcération avec la pommade au calomel et l’on pratique des lotions sur les parties excoriées avec la solution d’azotate d’argent à 2 grammes d’azotate pour 200 grammes d’eau distillée ; puis on empêche le contact du gland et du prépuce à l’aide d’une bandelette de linge sec interposée.

On donne la demi-portion d’aliments. Tisane commune.

Le 1®'juillet, le gonflement inflammatoire a presque disparu, et la balano-posthite est notablement modifiée. La supuration de beaucoup diminuée, paraît fournie seulement par l’ulcération diphthéritique et par quelques érosions qui persistent dans la rainure du gland.

On donne une pilule de proto-iodure de mercure par jour avec le sirop et la tisane sudorifiques.

Même pansement. Même régime.

Le 10, Tulcération de la couronne du gland est débarrassée de la fausse membrane pultacée qui la recouvrait. La muqueuse du prépuce ne présente plus d’érosions, et celle du gland offre seulement deux ou trois excoriations très petites.

Depuis deux ou trois jours, une stomatite partielle s’est manifestée. Elle a commencé par la muqueuse gengivale qui entoure la dernière molaire de la mâchoire inférieure, pour s’étendre plus tard aux gencives correspondantes. Nous ferons remarquer que la maladie a débuté par le côté droit de la bouche, et que c’est précisément celui qui correspond au décubitus habituel.

Même Irailemcnl général.

On continue la pommade au calomel, on touche le chancre avec l’azotate d’argent. On cesse les lotions.

Même régime.

Le 15, la stomatite a fait des progrès; les hords libres des gencives sont rouges, tuméfiés et saigiientavec facilité; la muqueuse des joues, rouge et tendue,est soulevée par un gonflementœdémateux; dans les points correspondant au hord des dents, elle présente une trace longitudinale, irrégulière et grisâtre, qui a l’aspect des aphtes ; la luette est rouge, tuméfiée, et la gorge douloureuse. Le ptyalisme est assez considérable.

On suspend la médication mercurielle, on touche les gencives avec un pinceau trempé dans l’acide chlorhydrique pur, et l’on donne un gargarisme préparé avec le même acide.

Le malade prend une bouteille d’eau de Sedlitz.

On touche le chancre avec l’azotate d’argent, et l'on pause avec le vin aromatique.

Diète.

Le 21, il n’y a plus de ptyalisme ni de douleur de gorge.

On continue le gargarisme à l’acide chlorhydrique.

Le chancre qui, depuis deux jours, était pansé seulement avec de la charpie sèche, est complètement cicatrisé; mais bien que sa hase soit réduite des trois quarts, elle présente encore de l’induration.

On donne la demi-portion d’aliments.

Le 27, Ser... quitte l’hôpital. Sur le prépuce et sur le gland , l’épithélium a repris l’aspect noi’mal, et la halano-posthite est définitivement guérie ; quoi qu’il en soit, pour consolider sa guél'ison, on ordonne au malade de prendi’e, pendant un mois, les pilules de proto - iodure de mercure avec le sirop et la tisane sudorifiques.

Le 20 août 1841, Ser... est de nouveau reçu dans l’hôpital, salle 2, n“ 14. 11 ne s’est pas soumis au traitement qui lui avait été prescrit, et se considérant comme guéi-i définitivement, il s’est livré à de nombreux écarts de régime, .\ussi, d’après ce qu’il raconte, à peine une douzaine de jours s’étaient-ils écoulés depuis sa sortie, que, sur la cicatrice du chancre il se forma une excoriation. On se contenta de lotions avec de l’eau de guimauve, etbientôt, sur le prépuce et sur le gland, à des taches rougeâtres succédèrent de petites érosions qui suppuraient. Les parties affectées étaient peu douloureuses, mais la maladie suivait une marche progressive.

.Aujourd’hui, 21 août, le siège de l’ulcère primitif offre une surface érodée, recouverte do petites granulations. Sur le gland et sur le prépuce^ quelques unes des excoriations remarquées par.le malade et dont nous avons déjà parlé, présentent un aspect analogue ; enfin, çà et là, sur la muqueuse, on aperçoit de très petites macules rougeâtres.

A la région cervicale postérieure on sent plusieurs ganglions tuméfiés. Ces ganglions, de la grosseur d’une petite noisette et mobiles sous la peau, offrent une sorte de rénitence ou de tension élastique et sont tout à fait indolents. Les cheveux secs et ternes se détachent avec facilité.

Il n’existe, d’ailleurs, aucun autre symptôme de l’infection constitutionnelle. On dessine les parties malades.

On donne la demi -portion d’aliments.

Le 22, quoique les érosions du gland et du prépuce présentent tous les caractères extérieurs qui doivent les faire rattacher aux affections secondaires, Ser... ayant eu des rapports sexuels quelques jours après sa sortie de l’hôpital, on recueille du pus à la surface correspondant au siège de l’ulcère primitif et l’on inocule sur la cuisse gauche, afin de savoir s’il n’y a pas eu de nouvelle infection. On réprime avec le nitrate d’argent les granulations qui se montrent sur le gland et sur la muqueuse du prépuce.

On panse au vin aromatique.

On donne une pilule de lactate de mercure et la tisane commune.

Demi-portion d’aliments.

Le 25, l’inoculation n’a rien produit.

Par l’action du nitrate d’argent, les granulations se sont affaissées et les parties cautérisées n’offrent plus de saillie. On continue les pansements avec le vin aromatique.

On donne deux pilules. Même régime.

Le 27, le malade éprouve quelques légers tiraillements d’estomac. On n’en continue pas moins l’administration des pilules à la dose de trois par jour.

Les ulcérations sont cicatrisées.

On cesse les pansements. Même régime.

Le 29, à mesure que les ulcérations se cicatrisaient, les petites taches rougeâtres, dont nous avons signalé la présence sur la muqueuse du glaud et sur celle du prépuce, se sont étendues en affectant, en plusieurs points, des configurations assez régulièrement circulaires.

La peau du tronc et celle des membres, surtout dans le sens de la flexion, offre aujourd’hui, d’une manière très apparente, une éruption exanthéma-

tique confluente ( roséole syphilitique), caractérisée par des macules pleines pour le plus grand nombre etdisposéesencercledansquelquespoints. Cette éruption, consistant évidemment dans une fluxion capillaire qui s’efface facilement sous l’influence d’une légère pression et reparaît aussitôt, offre une teinte générale d’un rose sombre. Dans l'intervalle des macules, la peau se montre terreuse. Il est important de noter que l’éruption n’a eu aucun prodrome et qu’elle n’est accompagnée ni de fièvre, ni de démangeaison.

Même traitement. Même régime.

Le 30, le malade a eu quelques coliques et un peu de diarrhée. On prescrit de l’eau de riz et 30 grammes de sirop diacode.

Même traitement. Diète.

Le 2 septembre, on dessine l’éi’uption.

Il n’y a plus de diarrhée.

Même traitement. On donne le quart de la portion alimentaire.

Le 5, l’éruption syphilitique, qui, depuis quelques jours, paraissait stationnaire, montre une

tendance h la résolution, elle a généralement pâli.

On donne quatre pilules et la demi-portion d’aliments.

Le 6, cinq pilules. Le 7, six. Le 8, sept.

Le 9, la tuméfaction des ganglions cervicaux n’existe plus. L’éruption syphilitique pâlit de plus en plus et les macules sont à peine visibles sur le tronc.

Même traitement. Même régime.

Le 11, la guérison marche, l'éruption de la verge s’efface.

On donne huit pilules de lactate de mercure et les trois-quarts de la portion alimentaire.

Le 15, il reste à peine quelques taches brunâtres sur la verge.

On donne dix pilules. Même régime.

Le 20, la guérison de la sypliilide paraît complète. La cicatrice de l’ulcère primitif ne présente plus d’induration spécifique.

Même traitement. Même régime.

Le 5 octobre, Ser... sort de l’hôpital.

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