EXPLICATION DE LA PLANCHE XV
Fig. 1. Ulcère diphthéritique, induré, et balano-posthite avec érosion, dessin fait le 23 juin, lendemain de l’entrée du malade à l’hôpital.
Le prépuce œdématié se trouve ramené en arrière , afin de laisser voir à la région médiane et supérieure de la base du gland, l’ulcère recouvert d’une fausse membrane pultacée, adhérente, et toute la portion supérieure de la surface balanique érodée. Ces parties ont été détergées du pus qui les souillait.
Fig. 2. Ulcérations secondaires avec granulations saillantes et macules de début, dessin fait le 21 août. Les parties offrent la même disposition que dans la figure première.
Le siège de l’ulcère primitif est recouvert de nombreuses granulations, et l’on remarque à la région correspondante du prépuce, deux petites érosions longitudinales. A la base du gland et près du meât urinaire, on voit des groupes de granulations pareilles à
celles dont nous venons de parler, et qui, nées des ejç.^ coriations secondaires, tendent à passer à l’état de^ véritables végétations. Gà et là, sur la muqueuse, on aperçoit de très petites macules rougeâtres.
Fig. 3. Dessin fait le 2 septembre, et disposé de manière à montrer l’éruption qui s’est étendue sur la muqueuse du gland et sur celle du prépuce. On voit en même temps sur le ventre et sur les cuisses, la roséole syphilitique, confluente, constituée par des raacules rose, brunâtre, tandis que celles de la muqueuse balano-préputiale sont colorées en rouge assez vif; les configurations annullaires sont aussi bien plus remarquables dans ces dernières, et l’on peut reconnaître ici les éléments de leur formation.
Quelques unes, régulièrement disposées en cercle, circonscrivent de petites parties de muqueuse saine, tandis que dans d’autres, d’abord pleines, qui se guérissent du centre à la circonférence, la forme annullaire se dessine de plus en plus.
Dessine S'aprés nainreet lith.par Dion.
PLANCHE XV BIS
STPHILIDU: EXANTHÉMATIQUE ET VESICUEEUSE MILIAIRE,
FORME annulaire; iritiss accidents secondaires précoces.
OBSERVATION
M. F‘“, âgé de 28 ans , grand , fort, cheveux châtains, yeux gris, était né de parents sains, et avait toujours joui d’une excellente santé. Il avait été vacciné.
A l’âge de 20 ans, M. F*** avait eu trois blennorrhagies urétrales , à 3 et 6 mois d’intervalle; la seconde donnalieu à une épididymite. 1-e traitement fut, chaque fois, d’abord antiphlogistique, et consista ensuite dans l’emploi des balsamiques. Aucune médication mercurielle ne fut administrée , et M. F**', parfaitement guéri de ses blennorrhagies, n’éprouva depuis aucun autre accident.
Quatre mois avant que le malade fût soumis à mon observation, 20 juin 1843, il avait eu, dans la même semaine, des rapports avec trois femmes. Le lendemain des derniers rapports, il s’aperçut d’une petite déchirure sur un des côtés du frein, qui avait pris, dès le troisième jour, une forme arrondie et offrait un fond grisâtre. Une cautérisation fut pratiquée avec le nitrate d’argent. A la chute de l’eschare, le fond de l’ulcération était rose ; la cicatrisation se fit dans une huitaine de jours, sans autre traitement et sans qu’il restât de trace de ce léger accident.