‹ Traité complet des maladies vénériennesChapitre 43 sur 121 · EXPLICATION DE LA PLANCHE XVII · texte numérisé non relu

EXPLICATION DE LA PLANCHE XVII

Pl. 17. L’anns et son pourtour dans unp assez grande étendue ainsi que le scrotum sont le siège de l’éruption la plus caractéristique de la syphilis secondaire. Cette éruption est constituée par des papules soit

isolées, soit réunies en groupes ou en plaques. La surface est d’autant moins granulée, d’autant moins rugueuse et plus pâle, que le travail de résolution est plus avancé.

li» — hnimmuiie de Lagour el Cie, rue Saint

l-H)ucinlho-Saiiil-Miclie

PLANCHE XVll BIS

SYPHILIDE PAPULEUSE ANNULAIRE : ACCIDENT SECONDAIRE PRÉCOCE.

D***, âgé de 23 ans, d’un tempérament sanguin, fort, à cheveux bruns, yeux châtains, était né de parents sains et avait été vacciné.

11 avait toujours joui d’une bonne santé, lorsqu’il contracta un chancre à la suite de rapports avec une fille publique (oct. 184-4), Dès le lendemain de ces rapports, le malade s’était déjà aperçu d’une petite écorchure dans le voisinage du frein, à laquelle il ne fit pas une grande attention, mais qui peu h peu prit une étendue plus considérable et s’indura fortement. L’ulcération était peu douloureuse et ne suppurait presque pas. Le malade ne s’était aperçu d’aucun gonflement dans les aines. On lui conseilla des pansements avec de l’onguent gris, et au bout d’un mois, sans l’aide d’aucun autre moyen, l’ulcération était cicatrisée.

Jusqu’au mois de janvier suivant, la santé avait été en apparence parfaite, lorsqu’à la suite de quelques excès de boissons alcooliques pendant des jours très froids, il fut pris de douleurs de tête nocturnes ; pendant le jour, les mouvements des yeux étaient douloureux, et lorsque le malade voulait les relever brusquement, il était étourdi, perdait l’équilibre et était sur le point de tomber. Peu de jours après, la peau se couvrait presque partout et en même temps d’une éruption qui n’était accompagnée ni de fièvre ni de démangeaisons. On crut le malade affecté d’une rougeole et PL XVII BIS.

on le soumit à un traitement adoucissant. L’éruption cependant ne s’éteignit point; loin de là, elle continua à faire des progrès. Les cheveux commençaientà tomber, en même temps que quelques croûtes se développaient sur la peau du crâne. Toutefois les douleurs de tête avaient diminué d’intensité, et les phénomènes qui s’étaient manifestés d’abord du côté des yeux avaient complètement disparu. Ce ne fut que trois mois plus tard que le malade fut soumis à mon observation, environ six mois après la contagion de r.accident primitif.

L’induration persistait, 11 existait dans les deux régionsinguiniales plusieurs ganglionssuperficiels engorgés, mobiles, indolents, et que le malade n’avait pas notés. Les ganglions cerviaux postérieurs étaient tuméfiés ainsi que les ganglions mastoïdiens, qu’on avait pris tout récemment pour des exostoses. La peau du torse et des membres était couverte d’une éruption papuleuse, saillante, dure, d’un rouge briqueté, etluisante. Les papules, de la grosseur d’un grain de chenevis, quelquesunes plus petites, d’autres un peu plus grosses, étaient disposées en anneaux plus ou moins complets, confluents, se rencontrant et se combinant pour former des desseins réguliers dont la ligne courbe était partout l’élément. Les papules étaient un peu espacées et la peau dans l’intervalle du cercle avait à peu près sa teinte normale. Dans

quelques points plus rares se présentaient des plaques lenticulées résultant de papules groupées sans intervalle- La pression longtemps continuée sur ces papules leur donnait une teinte jaune cuivrée. 11 n’existait ni démangeaisons ni fièvre. On entendait un léger bruit de diable aux carotides, et un bruit de soufle au premier temps du cœur.

Le malade fut mis à l’usage de la décoction de quassia amara, il prit une pilule de cinq centigrammes de proto-iodure de mercure tous les soirs, et trois grammes de tartrate de fer et de potasse par jour. Au bout de cinq jours on donna deux pilules de proto-iodure, puis successivement trois, puis quatre. A cette dernière dose, il survint quelques coliques et de la diarrhée, ce qui obligea d’ajouter au traitement trente grammes de sirop de pavot par jour.

Après un mois de ce traitement, l’éruption commençait à disparaître sur plusieurs points, soit par résolution, soit avec desquamation pelliculaire du sommet de quelques papules qui restaieiTt entourées d’un tout petitliseré d’épiderme

mince, sec et grisâtre. Mais l'éruption paraissant stationnaire dans certains endroits : dans le sens de l’extension des bras et des avant-bras, à la face externe des cuisses et des jambes, on ajouta au traitement, des fumigations avec 12 grammes de cinabre, tous les deux jours, A la douzième fumigation, il ne restait plus que quelques macules de terminaison éparses au niveau de la peau saine, et d’une couleur gris sale. 11 n’y avait jamais eu à aucune époque de trace de suppuration; de telle façon qu’il s’agissait bien ici d’une éruption d’abord exanthématique, puis simplement papuleuse sèche, et non d’une éruption papuleuse consécutive aune des périodes de déclin d’une éruption suppurative.

Le traitement ferro-mercuriel fut continué, en tout, pendant quatre mois.L’induration du chancre avait complètement disparu; mais il restait un peu de gonflement des ganglions inguinaux et cervicaux. Les bruits anormaux circulatoires avaient cessé. Le malade dut prendre encore, après cela, pendant deux mois, de l’iodure de potassium, ,à la dose de deux grammes par jour.

Page 1