PL. XIX
amères et le proto-iodure de mercure en pilules, à la dose successive de 5,10, et 15 centigrammes par jour. On augmentait tous les huit jours de 5 cenligrammesla dose du proto-iodure de mercure.
Après la dernière dose, survint une stomatite qui força le malade de suspendre momentanément l’emploi des pilules mercurielles. Il fut alors soumis à l’usage de la limonade nitrique; prit, tous les matins, 4 grammes de fleur de soufre mêlée avec du miel, sous forme d’opiat. Il usait en même temps d’un gargarisme aiguisé avec l’acide chlorhydrique.
Dix jours de celte médication suffirent pour faire cesser les accidents hydrargyriques; et il fut alors possible de reprendre l’usage du traitement mercuriel, qui fut continué pendant deux mois, au bout desquels tous les symptômes avaient disparu.
D’après les convictions de ***, tous les syni])tôines que nous venons d’énumérer devaient être attribuésàla chaudepisse qu’il avait eue autrefois, et bien plus, il s’accusait lui-même avec regret d’avoir communiqué à sa femme la maladie que nous allons décrire, eldontvoici les antécédents.
Née de parents sains et âgée de 29 ans, Mme‘*‘ avait eu la variole dans son enfance; depuis, elle avait joui d’une bonne santé, cependant, avant la maladie pour laquelle elle réclama nos soins, elle se trouvait depuis quelque temps affectée d’un catarrhe utérin purulent et chronique. Elle avait eu six enfants.
Huit jours après avoir eu plusieurs rapports avec un autre homme que son mari, elle sentit, en urinant, des cuissons assez vives et s’aperçut d’une écorchure à l’une des nymphes. A cette écorchure
succéda une ulcération qui peu à peu s’agrandit, et dont'la base s’indura. Ensuite, apparut un engorgement de l’aine voisine Pour ces premiers symptômes, la malade n’avait consulté aucun médecin; ils avaient guéri par des moyens simples-
Trois mois plus tard, il lui survint des douleurs h la gorge, et successivement se développèrent des boutons à la vulve. Un engorgement des ganglions cervicaux arriva et des croûtes apparurent sur le cuir chevelu.
Quand la malade vint nous consulter, ces accidents duraient depuis six mois, et elle avait des plaques muqueuses sur les amygdales et à la vulve; dans ce dernier endroit, elles étaient coniluentes, très développées et presque végétantes.
Tous ces symptômes disparurent au bout de trois mois sous l’influence des lotions chlorurées, de la poudre de calomel et des pilules de jiroto-iodure de mercure.
Mme *** avait dissimulé à son mari tous les accidents primitifs qu’elle avait eus, elle commença à se plaindre seulement après que l’appalition des symptômes secondaires ne lui permettait plus de rien cacher. Alors elle accusa son mari d’avoir été Yauteur de sa maladie, ce qui pourtant n’était pas vrai, car d’après ses propres aveux que nous avons relatés plus haut, l’ulcération que le mari avait à lavergeétaitsurvenue huitjoursaprès qu’elle avait déjà constaté l’existence de la sienne.
Mais revenons à l'histoire du mari. Il se croyait
guéri depuis six mois, quand il éprouva de nouveau, pendant la nuit, quelques douleurs aux tibias. Sur différents points de la face, apparurent des taches d’un rouge sombre : bientôt ces taches devinrent saillantes, arrondies, et furent toutes couvei-tes de croûtes jaunâtres, bombées et rugueuses. Après la chute de ces croûtes, on voyait des tubercules dont la surface était légèrement ulcérée.
Cette éruption tuberculo-impétigineuse, disséminée dans quelques points et groupée dans d’autres , n’avait jamais été ni précédée, ni accompagnée de fièvre; mais elle avait souvent occasioné d’assez vives démangeaisons.
Le malade fut soumis à l’usage de la tisane de douce-amère; il prit des pilules de proto-iodure de mercure, dont la plus forte dose fut de 15 centigrammes par jour. 11 fit tous les soirs une friction sur l’éruption avec la pommade suivante ;
^ Précipité blanc 4 gram.
Gérât soufré 50 gram,
Sous l’influence de ce traitement, les croûtes se détachèrent et ne se reproduisirent plus. Peu à peu s’effectua la résolution des tubercules, mais ceux qui étaient groupés sur le menton étaient devenus végétants, et il fallut les cautériser avec le nitrate acide liquide de mercure.
SYPHILIBE IMPSTIGIKIE'USE ÏÏLCÉRAWTE (VARIÉTÉ D5ÏMPÉTIGO ROBEKS.)
OBSERVATION. C
Jean-Fiançois-Emmaniiel Guillaume. Sgé Je 70 ans esl emré h l'IiOpiml J» Miiii, salle 4, n° 18, le 8 avril 1842.
Ce malade , dans son enfance et jusqu’à l’âge de douze ans, avait toujours été d’une maigreur cl d’une pâleur excessives, mais sans maladie caractérisée;
(1) Celle observation a été recueillie par mon prosectenr, M. Eugène Dulac, ancien élève de l’iiôpital des vénériens.
A quinze ans, il eut à la cuisse un abcès, probablement scrophuleux. Peu de temps après, il éprouva des douleurs assez vives dans l’articulation coxo-fémorale. Rebelle à l’action des amers, des anti-phlogistiques répétés, et à l’application réitérée des vésicatoires, cette douleur articulaire a persisté et persiste encore aujourd’hui.
Depuis une cinquanlaine d’années environ, Guillaume est tourmenté par un acné sebacea de la face et par un pityriasis nigra, en plaques très étendues sur les épaules et sur le dos.
Il y a deux ans, il eut des rapports sexuels avec une femme qui avait été pendant dix ans sa maîtresse, mais qu’il avait perdue de vue depuis longicmps déjà.
Huit jours après ces rapports, il s’aperçut de l’existence d’un chancre, qui avait le prépuce pour siège. Ce chancre s’indura, et ce fut alors qu’il se présenta, le 8 avril 1842, à l’hôpital du Midi, où on lui donna un lit dans le service de M. Ricord, salle 4, n° 18.
Il fut soumis au traitement suivant : tisane de saponaire, pilules de prolo-iodure de mercure à la dose de 5 à 10 centigrammes par jour.
Un peu d’érythème qui lui était survenu à la gorge , nécessita , en outre, l’emploi d’un gargarisme aluminé. Six semaines après ce traitement, le malade sortit guéri, le 9 mai 1842, sans aucune autre manifestation d’accidents de syphilis secondaire , que la persistance de l’induration du chancre.
Le 14 février 1843, Guillaume revint à l’hôpital du Midi avec une éruption qui avait pour siège la lèvre supérieure et l’aile droite du nez. Cette éruption, à forme impétigineuse, avait commencé par un petit bouton situé près de la narine. Ce bouton ne tarda pas à se couvrir de croûtes jaunes, verdâtres, bombées et rugueuses; bientôt, d’autres boutons, de même nature, surgirent à l’entour et formèrent une plaque crustacée, qui englobait toute la lèvre et toute la narine. Dans ce point, la peau était épaisse, mais elle ne pré¬
sentait pas l’empâtement œdémato-érésypélateux qui accompagne souvent l’impetigo vulgaire.
L’éruption était assez nettement circonscrite par une peau saine et sans cercle inflammatoire. L’exsudation croûteuse paraissait être plus étendue que la surface qui la fournissait. Au point de jonction de la lèvre avec la narine, elle était plus épai.sse et mellicérique. Elle finit par se rompre et mit à découvert une ulcération qui, pénétrant dans les fosses nasales, avait détaché, de la lèvre, l’aile du nez.—Cette éruption n’avait été précédée ni accompagnée de fièvre, et n’avait jamais causé aucune démangeaison ni douleur vive.
Voici le traitement auquel il fut soumis :
On appliqua sur les parties malades de la charpie imbibée du liquide suivant :
Eau distillée Teinture d’iode lodure de potassium
On administra, tous les jours, 3 grammes d’iodure de potassium, en trois doses, prises dans la tisane de douce-amère. Une pijule de protoiodure de mercure, tous les jours; puis deux, jusqu’à la fin du traitement. Il sortit guéri de l'hôpital, le 28 mars 1843.
Revu au commencement de janvier I 845 , il n’avait éprouvé aucune récidive.
Jamais ce malade n’avait eu d’engorgement des ganglions cervicaux, et ce fait mérite d’être constaté, car cet engorgement qui manque quelquefois , devient de plus en plus rare passé l’âge de quarante ans.
200 grain.
6 grain.
30 centigr
Fùj. 1 Fig.
EXPLICATION DE LA
Eruption luberculo-crustacée, impétigineuse, récidive d’accidents secondaires : forme tardive.
Taches de terminaison de l’érnption représentée[dans la pg. 1. On voit sur le menton une plaque végétante qui a succédé aux trois tubercules réunis en groupe à la région sous-labiale.
PLANCHE XIX
Fig. 3. Eruption pustulo-crustacée, impétigineuse, ulcérante (variété d’impetigo rodens). Une partie de l’éruption est encore couverte de croûtes; mais au pourtour de l’aile du nez, leur chute a mis à découvert une ulcération qui remonte jusque dans la narine.
Peinl d'après nature etliûi par F Bien.
lilK. Escher,8,rue Béthisi
PLANCHE XN: