EXPLICATION DE LA PLANCHE XXXVJ
Cette planche représente 1° une syphilide tuberculeuse en groupe qui a le front pour siège, et une ostéite nasale ; 2” une syphilidc tuberculocrustacée a marche serpigineuse qui a la joue pour siège.
PLANCHE XXXVII
EXOSTOSE DE LA CLAVICULE. — SYPHILIDE TUBERCULO-CRUSTACÉE ULCÉRANTE, A MARCHE SERPIGINEUSE (accident tertiaire et secondaire tardif). — L’influence du traitement a interverti l’ordre de succession de ces accidents.
OBSERVATION
Le nommé sujet de celte observation, était un homme âgé de quarante ans, d’une forte constitution et d’une bonne santé habituelle. 11 avait eu à l’âge de vingt-cinq ans (1823) un chancre à la base du gland, dont il n’était resté aucune trace. Ce chancre n’avait pas été accompagné de bubons suppures. Il fut traité par la liqueur de Van-Swielen ; et, bien que guéri au bout de six semaines, le traitement n’en fut pas moins continué pendant trois mois.
ne contracta pas d’autre maladie, et jouit d’une bonne santé jusqu’en juillet 1842. A. cette époque, il commença à éprouver des douleurs, d’abord légères, de la clavicule droite. Le contact de la bretelle de ce côté devint incommode, et bientôt impossible : la moindre pression exaspérait la douleur, qui ne tarda pas à prendre le caractère intermittent nocturne et une assez grande intensité. Les mouvements du bras l’augmentaient aussi beaucoup. Peu à peu la partie douloureuse se tuméfia, et, dans l’espace de six mois, la clavicule avait presque triplé de volume. Les douleurs, qui ne se manifestaient d’abord que la nuit, avaient fait ensuite également souffrir le malade pendant le jour : seulement, elles étaient alors moins fortes. Enfin, lorsque l’os sembla avoir pris son plus grand développement, elles diminuèrent beaucoup et étaient presque éteintes, quand le malade fut soumis à mon observation.
Aucun traitement méthodique n’avait été suivi : le malade avait fait quelques frictions mercurielles, et il avait pris quelques pilules; mais tout cela sans règle et sans suite.
Cinq mois après le début de la maladie de la clavicule, la peau de la région slerno-claviculaire droite devint le siège d’une éruption tuberculeuse qui commença par des points durs dans l’épaisseur de la peau ; ces points, d’une coloration rouge, vineuse, n’occasionnaient ni douleur, ni démangeaisons. Progressant d’une manière lente , celte éruption devint de plus en
plus saillante, les tubercules s’ulcérèrentàleur sommet et se couvrirent de croûtes épaisses, brunes, noirâtres, qui se détachaient assez facilement et laissaient à découvert des ulcérations à bords taillés à pic, un peu décollés, entourés d’une aréole d’un rouge sombre et à fond gris, jaunâtre, pultacé. Le plus grand nombre de ces ulcérations n’étaient pas arrondies, car, pour la plupart, elles résultaient de la fonte ulcéreuse de plusieurs tubercules voisins. Du reste, elles n’avaient pas de tendance à s’étendre, au contraire, elles cicatrisaient , mais avec lenteur. A mesure que des cicatrices se faisaient, de nouveaux tubercules se développaient à leur périphérie, ou sur d’autres points de la peau voisine, et suivaient les mêmes phases, en donnant ainsi une marche serpigineuse à l’ensemble de l’éruption et des ulcérations consécutives.
Dans quelques points, les ulcérations très-profondes avaient donné lieu à des cicatrices déprimées, pénétrantes et adhérentes aux os ; sur la clavicule, sur le sternum et surtout au niveau de l’articulation sternoclaviculaire. Si on n’avait pas tenu compte du mode de développement de l’affection cutanée et qu’on n’eût pas pu juger de la nature des ulcérations qui persistaient au moment où je voyais le malade, on aurait pu croire que les cicatrices étaient la conséquence d’une suppuration des os sous-jacents.
Je vis le malade, au mois d’août 1843, dans les conditions que je viens de décrire. La clavicule droite, trois fois plus grosse que celle du côté opposé, était dure, sans rugosité, assez uniforme, peu douloureuse au toucher et faisait encore un peu souffrir le malade pendant la nuit. Autant qu’il était possible de s’en assurer par le toucher, le gonflement dépendait d’une hypertrophie de la presque totalité de l’os. Cette exostose parenchymateuse, ou plutôt celte byperoslose, avait envahi toute la clavicule. Sur la peau delà région slerno-claviculaire, il existait encore neuf ulcérations, à bords irréguliers, à fond bourgeonnant et