ULCÉRATIONS CONSÉCUTIVES A DES TUMEURS GOMMEUSES SOUS-CUTANÉES
(ACCIDENT TERTIAIIUC).
OBSERVATION
Le malade qui a fourni le sujet des dessins (2 et 3 de la même planche) avait eu dix ans auparavant une ulcération sur la peau de la verge, sans bubons suppures. 11 avait fait un traitement par la liqueur de Van-Swieten pendant plus de trois mois. Aucun accident n’avait immédiatement suivi. Depuis lors il n’avait pas eu de nouveaux accidents primitifs lorsqu’il s’aperçut, cinq mois avant son entrée à l’hôpital, de petites tumeurs, indolentes, mobiles sous la peau, et qui siégeaient : l’une sur le côté interne du genou gauche, et les deux autres , un peu au-dessus de la malléole interne droite. Ces tumeurs s’accrurent lentement et ne devinrent douloureuses qu’après quatre mois à partir du moment où le malade les avait découvertes, et ce moment ne devait pas être l’instant précis de leur début. Alors, seulement, la peau qui les recouvrait leur devint adhérente et rougit; elle finit par s’amincir; il s’y fil plusieurs ouvertures qui se réunirent ensuite pour laisser à découvert des ulcérations profondes, à bords taillés à pic, grisâtres, un peu décollées, à fond irrégulier, tapissé d’une matière pultacée et de quelques détritus gangréneux. L’ulcération du côté externe du genou, résultat d’une tumeur gommeuse isolée, était parfaitement arrondie; tandis que celle qui était située au-de.ssus de la malléole et qui avait succédé à deux tubercules contigus du tissu cellulaire sous-cutané avait dû perdre cette régularité.
Du reste, ces ulcérations n’étaient pas très-douloureuses, et à peine le malade avait-il pris pendant cinq ou six jours de l’iodure de potassium à la dose de 3 grammes par jour, et fait, pendant le même espace de temps, des pansements trois fois par jour, avec une solution de 2 grammes de teinture d’iode dans 100 grammes d’eau distillée, que déjà
ces ulcérations s’étaient détergées et marchaient vers la cicatrisation, qui fut obtenue en trois semaines.
Les tumeurs gommeuses ou tubercules du tissu cellulaire, dont nous avons donné d’autres exemples dans l’iconographie, peuvent se développer partout aù il y a du tissu cellulaire. Elles sont cependant plus fréquentes dans le tissu cellulaire sous-cutané et sous-muqueux et dans les régions où il est plus dense. Elles prennent quelquefois naissance dans l’élément cellulaire où se développent habituellement les furoncles ; elles sont alors adhérentes à la peau dès le début, et on a pu, dans ces cas, les comparer aux furoncles, dont elles diffèrent cependant par leur marche plus lente, par leur forme arrondie, non conique et par leur mode de suppuration, qui ne donne jamais lieu au bourbillon caractéristique du furoncle. Jamais elles ne réagissent sympathiquement sur les ganglions voisins, comme le font très-fréquemment les furoncles. Elles ne déterminent pas non plus de mouvement fébrile sympathique. Il n’est pas vrai de dire qu’elles soient plus communes aux membres supérieurs qu’aux membres inférieurs. Leur marche est rarement aiguë. Chez quelques malades , elles mettent plusieurs mois à parcourir leurs différentes phases; j’en ai vu qui existaient depuis plus d’un an sans avoir encore subi la fonte purulente. Elles sont indolentes jusqu’à l’époque où elles doivent suppurer, et la suppuration paraît en être la terminaison fatale, lorsqu’un traitement convenable n’intervient pas. Alors un travail inflammatoire s’empare d’elles et des parties voisines, et la chaleur, la rougeur et la douleur se manifestent. Avant ce terme, elles ne font souffrir qu’en comprimant des parties saines voisines à la manière des corps étrangers. Le
plus souvent ces tumeurs sont isolées, mais elles peuvent être multiples; quelquefois elles se groupent et forment une masse par suite de la propagation de l’inflammation des tissus qui constituent leur atmosphère. Quand ces tumeurs suppurent, toujours leur suppuration a pour point de départ la tumeur ellemême et comme loi générale, jamais l’inflammation
EXPLICATION DE
Fig. i. Rupia proéminent ayant pour siège la partie inférieure delà cuisse et la partie supérieure de la jambe.
Tumeurs gommeuse* de la cuisse ii divers degrés de
des tissus ambiants n’opère l’énucléation de ces tumeurs avant leur ramollissement préalable ou leur fonte purulente, qui peut être plus ou moins complète. La peau ou la muqueuse qui les recouvre, alors que l’inflammation les envahit, ne tardent pas à s’amincir et à se perforer par suite du travail d’ulcération et de gangrène qui s’effectue.
LA PLANCHE XXXVIH.
développement.
Fig. 2 et 5. Ulcérations consécutives U des tumeurs gommeuses.
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et liili per F Bion