PL. XXXIX ET XXXIX BIS
RÜPIA PROÉMINENT, RÉCIDIVES. CICATRISATION, ET, PLUS TARD, TUBERCULI¬ SATION DES cicatrices; sarcocèle syphilitique; exostoses; accidents CÉRÉBRAUX : accidents SECONDAIRES TARDIFS ET TERTIAIRES.
OBSERVATION
(Narcisse), âgé de 37 ans, peintre sur porcelaine fut admis à l’hôpital du Midi le 22 août 4842. Cet homme, d’une petite taille et d’une faible constitution, avait eu, en 1842, un chancre induré delà base du gland et des engorgements indolents des ganglions inguinaux. Ces accidents avaient été combattus par un traitement mercuriel qui avait été continué pendant près de trois mois, et à la suite duquel aucun accident secondaire ne s’était manifesté. se croyait guéri. Eneflèt, il était resté jusqu’au moisdejuin 4845 sans rien éprouver, lorsqu’à cette époque il s’aperçut de quelques boutons sur l’épaule gauche. Ces boutons avaient commencé par des taches rouges avec un peu d’épaississement de la peau ; bientôt était survenu un soulèvement purulent auquel avaient succédé des croûtes. Cette éruption avait ensuite continué à prendre du développement, et le malade était venu réclamer des soins à l’hôpital. Lorsqu’il fut soumis à mon observation, je pus constater dans l’éruption tous les caractères du rupia proéminent. Les croûtes étaient brunes, verdâtres, formées de couches stratifiées; elles étaient saillantes, de forme conique, adhérentes par la base, qui était enchâssée dans un cercle de peau, et entourées d’une aréole cuivrée. Audessous de ces croûtes existaient des ulcérations arrondies, entamant toute l’épaisseur de la peau, à bords taillés à pic, et dont le fond était couvert, dans quelques points, d’une couche grise adhérente etprésentait, dans d’autres, des bourgeons charnus et un commencement de travail de cicatrisation. Le malade était faible, pâle, chloro-anérnique, maisn’olfrait aucun autre symptôme de syphilis.
11 fut mis à l’usage de la tisane de quassia amara et du sirop de gentiane, et prit, tous les jours, 2 pilules de proto-iodure de mercure de 5 centigrammes chaque, et 3 grammes d’iodure de potassium. On fit tomber les croûtes à l’aide de cataplasmes de farine de graine de lin, pour panser ensuite les ulcérations avec de la charpie imbibée de la solution suivante :
0/ Eau distillée. 200 grammes.
Teinture d’iode. ... 6 lodure de potassium. 4 Mêlez.
On donna 5 portions d’aliments et du vin. Sous l’influence de ce traitement, continué pendant quatre mois, la guérison fut obtenue, et le malade sortit de l’hôpital le 5 décembre. Il ne restait alors, à la place de l’éruption , que des cicatrices encore vasculaires, arborisées, de couleur chocolat et au niveau des parties voisines.
crut encore à une parfaite guérison ; mais, dès les premiers jours de décembre 4846, une nouvelle éruption, semblable à la première, se manifesta au pourtour et dans l’intervalle des anciennes cicatrices, de manière à se confondre avec elles. Le malade ne vint réclamer des soins, pour cette récidive, que le 42 janvier 4847. Il fut de nouveau soumis au traitement qui avait une première fois réussi, et sortit encore guéri le 45 avril 4847. Il revenait à l’hôpital le 48 mai de la môme année, avec une nouvelle éruption de rupia sur la hanche gauche. Le traitement fut encore le même : mercure et iodure de potassium; mais sortit avant la guérison'de ces accidents, le 24 juin, et dut rentrer de nouveau pour reprendre son traitement le 43 juillet suivant.
A cette époque, les cicatrices de l’épaule gauche étaient déprimées, minces, ridées, blanches, nacrés, sans vascularisation apparente, et ressemblaient assez à d’anciennes cicatrices de brûlures. Sur plusieurs points de leur surface, on apercevait des saillies irrégulièrement allongées ou contournées en cercles, dures, de consistance fibreuse, de couleur rouge un peu cuivrée, et indolentes. Ces espèces de saillies tuberculeuses étaient récentes ; elles s’étaient développées postérieurement à la cicatrisation, dans le tissu inodulaire lui-môme et étaient évidemment dues à un travail hypertrophique de ce tissu, survenu consécutivement sous l’influence d’une nou-