‹ Traité complet des propriétés, de la préparation et de l'emploi des matières tinctoriales et des couleursChapitre 60 sur 115 · VERT DE SCHVEINFURT · texte numérisé non relu

VERT DE SCHVEINFURT

Le vert de Schveinfurt a été découvert en 1 8 1 4 Par F. V. Rusz, et G. Vilhelm Sattler, à Schveinfurt; j il fut mis dans le commerce en 1816. Il ressemble au vert de Mittis , mais il est plus foncé et plus pur. Dans les annonces qui parurent alors , les inventeurs disent qu’il surpasse en éclat et en ton toutes les autres couleurs vertes. Il n’est ni aussi pâle ni aussi bleu que le vert de Brême et de Brunsvick, ni si jaune que le vert minéral; il supporte sans altération une chaleur, à laquelle le vert de Brême et celui de Brunsvick deviennent bruns; il n’est point altéré par l’air ni par les émanations sulfureuses.

Il s’en fait un débit considérable , et peut être considéré comme une des plus belles couleurs vertes que nous possédions. Il faut seulement qu’il soit employé avec précaution , à cause de l’arsenic qu’il renferme.

On a pour sa préparation des indications du professeur Kaestner, de M. Liebig et de M. Braconnot.

M. Kaestner dit : « On chauffe îo livres de vert-de-gris avec 10 livres d’eau dans une chaudière de cuivre , jusqu’à ce que le tout soit en pâte liquide; on lave l’écume avec du vinaigre ; on verse la liqueur de lavage dans la pâte , et on passe celle-ci par un tamis très-fin. On nettoie la chaudière ; on y met 20 mesures d’eau de pluie , et 8 à 9 livres d’arsenic blanc pulvérisé très-fin; on fait bouillir 2 à 3 heures , on filtre à travers une toile de lin , on remet la liqueur dans la chaudière , et quand la liqueur est bouillante on verse la dissolution de vert-de-gris peu à peu, à cause de l’effervescence. Quand cela est fait, on fait bouillir, jusqu’à ce que la liqueur surnageante soit

VERT DE SCHVEINFURT. sg5

claire; alors on la soutire (1), et on recueille le dépôt sur un filtre.

Si le vert-de-gris contenait beaucoup de sous-acétate,

on prendrait pour faire la dissolution du vinaigre au lieu d’eau.

Si la couleur joue dans le gris par une épreuve que l’on fait avant , il ne faut pas épargner le vinaigre.

10 livres de bon vert-de-gris et 8 livres d’arsenic blanc donnent i5 livres de vert.

Si on mélange le précipité avec i/3 de son poids d’argile , la nuance perd peu d’intensité , et gagne en vivacité.

D’après M. Liebig , on dissout 4 parties de vert-de-gris dans une quantité suffisante de vinaigre , et 3 parties d'’ arsenic blanc dans q parties de vinaigre; on verse cette dissolution dans celle de vert-de-gris, et on fait évaporer le mélangé; la couleur verte se précipite en petits cristaux. La liqueur restante peut être employée dans l’opération suivante.

M. Braconnot indique le procédé suivant. On dissout d’un côté 6 parties de sulfate de cuivre dans l’eau tiède , et de l’autre on fait bouillir 6 parties d’arsenic blanc , et 8 parties de potasse, jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus d acide carbonique , et on mêle les deux liqueurs. Il se forme un précipité vert- jaunâtre sale. On ajoute à ce précipité 3 parties de vinaigre , ou autant qu’il en faut pour qu après le mélange on puisse encore s’apercevoir de 1 odeur du vinaigre. Le volume du précipité diminue , iî se forme une poudre un peu cristalline. La liqueur entièrement décolorée est enlevée.

M. Braconnot répéta cet essai en grand , en se servant

(i)Elle contient encore soureni de l’arscnic , et est etnploye'e pour l’opération suivante.

3t)6 COULEURS VERTES;

d’arsénite de potasse préparé avec parties égales d'arsenic et de potasse , et employant cette dissolution plus saturée. Quelques heures après que le mélange était effectue, il sc forma sur la liqueur une pellicule d'un très-beau vert; en l’exposant à la chaleur , il se précipitait une poudre lourde que Ton lavait pour lui enlever le grand excès d’arsenic.

* On obtenait un vert très-beau.

Siebeg a donné un procédé plus simple : on dissout une partie de vert-de-gris à l’aide de la chaleur dans du vinaigre pur, et on ajoute une dissolution aqueuse d’une partie d’arsenic blanc. On recueille le précipité , on ajoute du vinaigre , jusqu’à ce qu’il soit dissous , et on fait bouillir la dissolution; il se forme bientôt un joli précipité vert cristallisé , qui , séparé , lavé et séché , donne le vert de Schveinfurt. Si la liqueur contient un excès de vinaigre , on l’emploie pour le vert-de-gris.

La couleur a une nuance bleuâtre. Si on la veut plus profonde et un peu jaunâtre , on la chauffe doucement avec un peu de dissolution de potasse , jusqu’à ce qu’elle ait pris la nuance désirée (i livre dépotasse sur 10 livres de couleur) ; si on chauffe long-temps , elle devient semblable au vert de Scheele , mais elle a plus d’éclat. La liqueur alcaline peut servir pour la préparation du vert de Scheele.

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