CHAPITRE IX
Gii avoir à sa disposition une autre force que l'on puisse mettre en opposition avec la preuiière, de ma* nière à pouvoir la déuuiie en tout ou eu partie.
Après Bergman, BerthoUet a fait paraître, sur les (iffinités, des recherches qui ont servi de règle de conduite jusqu'à l'établissement de la théorie atomique. Il B*est attaché particulièrement à l'influence de la cohésiou àana les actious chimiques, et à la mesure des affinités qu'il regarde oomme dépendantes de la niasse des corps t^ui entrent en combinaison. Suivant lui , la cohésion
ÏBut balancer les affinités, et même déterminer des cominaisons et des décompositions; elle existe non-seulement au moment où elle se manifeste pnr ses effets, lis bien avant qu'elle devienne effective.
M. Gay-Lussac, dans des considérations d'un haut Ôotérêt sur les forces chimiques, combat ce principe, que la cohésion des eels non encore existants détermine leur formation.
Bergman admet donc que l'afBnité est une force «bsolue, sans paitage dans ses effets. Bertliollet suppose, au contraire, que l'afEinité ne s'exerce point d'une manière absolue, sans partage. Suivant lui, une base, lea présence de deux acides, ne se combine pas exclusivement avec le plus puissant des deux, comme le vouilait Bergman; mais elle se partage entre ces deux acides, en raison de leur affinité et de leur quantité; de là le principe que l'affinité des différents acides ipour une même base alcaline est en raison inverse de la iquantité pondérable de chacun d'eux, qui est nécessaire
Ïour la neutralisation d'une quantité égale de la même ase alcaline. Ce moyen de mesurer l'aflluité ne donne seulement que les poids atomiques qui sont indépendants des attractions chimiques , ou du moins n'ont que des rapports éloignés avec elles. J'en reviens àla force qui tient unies les molécules, dans une combinaison, à l'affinité.
Considérons une combinaison formée de deux atomes : ces deux atomes sont unis l'un à l'autre, en
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vertu d'une force dont la nature nous est inconnue , et qui augmente ou diminue d'intensité suivant la température et diverses causes physiques. C'est l'intensité de cette force qu'il est nécessaire de connaître dans des circonstances déterminées, si l'on veut établir une relation entre les affinités. Or, si l'on pouvait, avec un instrument quelconque, d'une délicatesse excessive, saisir chacun des atomes, les tirer en sens contraire de leur attraction réciproque, la force qui serait précisément nécessaire pour vaincre cette attraction, lui servirait de mesure. La réunion des nombres exprimant les affinités ainsi déterminées serait une vraie table des affinités.
A défaut d'appareils mécaniques propres à vaincre l'attraction réciproque des deux atomes, nous avons dans les courants électriques une puissance capable de remplir les mêmes fonctions. En effet, quand un courant électrique traverse un liquide tenant en dissolution un sel, l'électricité positive s'empare de l'alcali, qu'elle transporte au pôle négatif, tandis que l'électricité négative s'empare de l'acide, qu'elle transporte au pôle positif Les deux électricités se comportent donc comme les appareils idéals dont je viens de parler. Mais, pour les substituer à ces derniers, il faut trouver les moyens d'évaluer avec exactitude l'intensité du courant nécessaire pour décomposer une quantité atomique donnée d'une combinaison, ou, au moins, déterminer les rapports entre les forces nécessaires pour séparer, dans un mélange de deux sels , ^un équivalent de chacune des bases.
Plusieurs principes sont nécessaires pour arriver à cette détermination. Le premier a été découvert par M. Faraday : il consiste, comme on l'a déjà vu, en ce (que les équivalents des corps sont unis ou plutôt associé» à une même quantité d'électricité, de sorte que le même courant qui passe dans deux dissolutions métalliques séparées, opère leur décomposition, ^de telle manière que sur chaque lame négative on trouve un équivalent de chaque métal.