CHAPITRE IX
Yoilà ce qui se passe lorsque les deux solutions se trouvent dans deux vases séparés, communiquant ensemble au moyen d'une lame de platine. Mais que doit-il arriver quand ces deux solutions sont mêlées ensemble? Cest une question qui n'a pas encore été résolue d'une manière générale.
Tel était Tétat de nos connaissances sur les principes généraux de l'électro-chimie , quand j'ai entrepris une série de recherchés dans le but d'arriver à la mesure des affinités , en suivant la méthode expérimentale que je vais exposer. Pour mettre de Tordre dans cette exposition, je rapporterai successivement les expériences, en indiquant les conséquences que l'on peut déduire de chacune d'elles.
^ ï" Expérience.
On a pris trois capsules en porcelaine; dans la première , on a versé une solution saturée de nitrate de cuivre dans l'eau distillée; dans la seconde, une solution saturée de nitrate de plomb, et dans la troisième, une solution saturée de nitrate d'argent ; puis on a fait communiquer la première avec la deuxième, la deuxième et la troisième avec une lame de platine , et on a mis en relation les deux capsules extrêmes, également au moyen de lames de platine , avec une pile voltaïque formée de dix éléments à courant constant, et faiblement chargée. Une demi-heure après, les lames négatives ont été enlevées, lavées, séchées et pesées , d'abord avec le précipité , puis sans précipité.
On a eu les résultats suivants :
Poidâ da prédpiU Poids atomique, métallique.
Capsule contenant la solution de
nitrate de cuivre. • . . o,*^oo85 o,*^oo85
id. id. de nitrate de plomb., o, 0270 o, 0279
id. id. de nititite d'argent... o, 0290 o, 0290
366 DE LA FORCE CHIX. OIT COffll. ELEC. BUTS, ETC.
Ces réiuiutft nous montrent que la décomposition •'est effectuée en proportion définie, conformément fui prindpe reconnu par M« Faraday.
a* Expérience.
L'expérience précédrate nous montre bien qu« chaque solution traversée par le mémf courant donne poitr résultats des équivaients de cuîrre^ de plomb et d'argent; mais en est'il encore de même quand les ^olations sont mélangées? Pour le savoir , opérons d'abord sur de^ quantités atomiques é^l^ de chacun de ees nitrates.
Poids da pr^p^»!^ Pw4#MftVM«W-
I® Solution de nitrate de cuivre
et de nitrate de plomb«
I ^ nitrate de plomb. •] 0^,010 cuivre, 0^0094.
o',8i nitr. de cuivre hydrat, 100' d'eau distillée.
a^ Solution de nitrate de ^vre
et de nitrate d'argot; «âa««j 5 5
pft>portioa S atomiques i^ue Ci- ^ 7/9 ' / desnis.
3® Solution de nitrate de plgml) 1
et de nitrate d'argentj mêmes ) o^,oî>95 arg, 0*;O^86. proportions atomi<}ue$. )
A part quelques légères dllïcrenoes provenant d'er^ reurs commises dans les expérieoce^^ on volt cme la decomposition s'est opérée enopre ^n pro|)6rtipn déSoîe ; seulement, dans le mélange de la solution de nitrate de cuivre et dç nitrate de plomb , ainsi que dans celui de la solution de fiitrafté de cuivre et de nitrate d'argent , le nitrate d'argent a été seul •décoivpGsé^ taudis q«e dai^ le siiélange Ar^ aaUi lions demitratie da p lotub et de nitrate de ouWre , le «»itrate de «oui viie est mii\ iiéopinposé.
Or^ conii«»e je icuiyr^ et jb f^mib 4^inposejst le
nitrate d'argent, et le plomb le nitrate de cuivre, il s'ensuit que, dans les circonstances actuelles, là où les nitrates sont en proportions atomiques égales, le couvrant exerce de préférence son action décomposante sur Je nitrate dans lequel les affinités de l'oxigène et de 1 acide nitrique pour le métal sont les moindres.
Augmentons maintenant les proportions atomiques de celui des nitrates qui n'est pas décomposé, pour savoir ce qui se passera.
y Expérience.
On a fait un mélange d'une partie atomique de niti'ate d'argent égaie à 0^,1, avec 2, 4> 8, 16 de nitrate éiQ cuivre hydraté ; chaque mélange a été mis dans une capsule particulière, avec 100 grammes d'eau distillée, et après avoir établi la communication , comme dans la l~ expérience , on a placé dans le circuit une capsule renfermant également o»,i de nitrate d'argent, avec 100 grammes d'eau, laquelle servait de voltaïmètre. Après une demi-heure d'expérience, on a eu lesrésultats suivants :
1^ Voltaïmètre ; o*, 0075 argent.
^® Solution de i partie de nitrate d'argent et de deux de cuivre €L,oo85 arg.
3^ Solution de i part, de nitrate d'argent et de 4 part, de ni- î Moyenne.
trate de cuivre. . . . 0,0080 arg. v ooiQjiS argent 40 Solution de i part, ^"^ ' 0070,20 argent.
de nitrate d'argent et de 8 part, de nitrate de cuivre. . .. 0,0070 arg.
5^ Solution de i part, de nitrate d'argent et de 16 part, de nitrate de cui:vi*e . • . . / o«f, 0070
368 BE UL fORCB conc. j>n oovr. ^lec. Dijr8| ne
Nous voyons par là que, dans un mélange d'une pu^ lie atomique de nitrate d argent avec a, 4» 89 16 partiel atomiques de nitrate de cuivre, dans la même quantité d*eau , le nitrate d^argent est encore soûl décomposé.
Augmentons les proporUons de nitrate de cuivre, a6n d aiTiver au terme où ce dernier commence à être décomposé.
4* Expérience.
PirC atomiqoM Part. atom. de PoUb da précipita, de nitr. «Tarf . aitr. de eaÎTre.
1® Voltaïm. 0^1 ... . -».... 0^0070 arg.
a° id. . • . . a ., . . . 0^0070 id.
y id 4 • • • • 0^,0080 id.
4° . id 8.... o',oo6o id. ^:SÏ2JS:
IPrédpMtdh nbaeiitpir^ ▼rir leW* la captab.
Jusqu'ici , le cuivre n'a pas encore paru ; mais les résultats précédents nous font connaître un fait trèr remarquable : c'est qu'en augmentant la proportion d« nitrate de cuivre, le précipité d'argent cesse d'être cristallin; il devient floconneux, tuberculeux, ayant I2 forme d'un champignon, dont les parties sont dans uo tel état de division , que les pesées présentent alors A grandes difficultés. Il semble résulter de là que' la masse de nitrate de cuivre , à mesure qu'elle augmente dans la solution , exerce une action attractive sur les particules d'argent, à l'instant où elles se déposent sur b lame négative , de manière à empêcher les molécules ^ se rassembler.
Continuons d'augmenter les proportions de nitrate de cuivre.
Parties atom. Parties atom. Poids du precip.
nitr. d'argent, nitr. de cuivre.
f Argent itk-itff*" cairre.