‹ Traité complet du magnétisme (volume 2)Chapitre 19 sur 145 · CHAPITRE 111. 3l · texte numérisé non relu

CHAPITRE 111. 3l

vait, et l'on a mis l'autre dans le muscle biceps du second jeune homme; la température de Tair était de 14°, inférieure, par conséquent, à celle qui est nécessaire pour le succès des expériences; on a eu une déviation de 4*^ en faveur de la bouche. La température du biceps, donnée par l'aiguille, n'était donc que de 36% 20, au lieu de 36°, 60, qui est la température moyenne que nous avons trouvée dans nos précédents mémoires. La soudure qui se trouvait dans la bouche en a été retirée pour être placée dans l'appareil Sorel, qui marquait 38% 5o au thermomètre centigrade, La déviation de l'ai- ' guille aimantée a été de 1 o® en faveur de l'appareil. La bouche possédait donc une température de 36®, 5o, comme nous l'avons trouvé précédemment. Je le répète , la bouche peut être employée avec avantage comme source de température constante.

1545. Nous avons été naturellement amenés à faire quelques expériences touchant l'influence des variations de la température ambiante sur la température des muscles de l'homme. Cette question, qui occupe les physiciens et les physiologistes depuis quelques années^ n'est pas encore complètement résolue; ainsi les résultats que nous avons obtenus ne seront pas sans intérêt pour la science.

Il est constant que l'homme, ainsi que les animaux à sang chaud ^ peuvent vivre dans une atmosphère ayant une température qui diffère de la leur de près de 80*^, puisque les habitants des régions polaires, couverts, à la vérité, de vêtements convenables, se trouvent exposés une partie de l'année à la température de la congélation du mercure. Dès lors, l'homme ainsi que les animaux à sang chaud possèdent en eux la faculté d'augmenter, dans un temps donné, la chaleur qu'ils développent. Quanta la faculté qui leur est propre, pour résister à des températures assez élevées, sajns qu'il en résulte un désordre sensible dans l'économie animale , nous rappellerons les expériences de Banks, Blagden et Fordyce, ([ui sont restes exposés pendant quelques instants à une

3a MODIF. APP. DANS LE PROCl THERMO-ELEC, ETC.

température de laS** sans trouver de changement sensible dans leur température, évaluée probablement d'après celle de la bouche.

D'un autre coté , Berger et Delaroche s'étant exposés à une température de 49^? ont trouvé leur température augmentée de 4^, et Delaroche étant resté seul dans une étuve à 90**, pendant iG minutes, a constaté que la sienne ne s'était accrue que de 5^.

Le capitaine Parry rapporte que, dans les régions polaires, où la température est plus basse que celle de la congélation du mercure, la température de l'homme n'est pas sensiblement modifiée. Cette dernière observation est contredite par John Davy et quelques autres qui ont trouvé que la température de l'homme s'accroît en allant des pôles à l'équateur.

i546. Sans chercher h entrer'dans l'examen des résultats contradictoires que nous venons de rapporter, nous •nous bornerons à exposer les expériences que nous avons faites sur le même sujet.

On introduisit dans le muscle biceps du bras droit de deux jeunes gens, chacune des soudures de deux aiguilles parfaitement semblables; la température de l'air ambiant était de iG"*. L'aiguille aimantée ne fut pas déviée d'une manière appréciable : les deux muscles avaient donc exactement la même température. Un des bras en expérience fut plongé successivement, jusqu'à la saignée, pendant un quart d'heure , dans de l'eau à 10^, à 8" , à 6", puis à o. L'expérience dura environ une heure : la déviation de l'aiguille aimantée ne fut que de deux degrés en fiweur du muscle non immergé, ce qui indiquait un abaissement de température dans Tautre d'environ j de degré. Le même bras ayant été plongé ensuite dans l'eau à 4^" pendant quinze minutes, la température du muscle immergé ne fut augmentée que de J- de degré.

Ces expériences ayant été répétées à diverses reprises, nous n'avons jamais trouvé que de très-faibles différences dans la température des muscles. Ces résultats ont été coniinués par les expériences que nous avons faites aux

ClUPITHE JM. Xi

bâius d'eaux minérales de Louech Valais, il y aquatrc ans,Gtà Pai'is, il y a peu de temps, avec le secours de M. Séguin, élève externe de l'Hôlel-Bieu, qui a bien voulu se prêter à nos recherclies avec un dévouement digne d'éloges. Nous ne nous sommes pas bornés à mettre le bras dans de l'eau ayant une température élevée, nous yavonsplongélccorps entier. Les eaux deLouech étaient à 49° centigrades.

I^ température de l'appareil Soret marquait ^5°Bo; l'une des soudures y fut placée, tandis que l'autre fut introduite dans le muscle biceps de M. Séguin. La déviation de l'aiguille aimantée fut de 1 2" en faveur du muscle, ce qui indiquait une température de 36''^o. M, Séguin ayant été mis <lans le bain à 49"] '' y ''^!>l^ ^o minutes. La déviation de l'aiguille aimantée varia de la", à iZ°, à i4''iSuivant (jiie l'aiguille était plus ou moins lapprochée • de l'eau. La température des muscles avait donc augmenté de y à f dé degré. Au sortir tlu bain, la dévialion de l'aiguille aimantée revint à 1 1", comme elle était auparavant. Le pouls de M. Séguin battait lia pulsations pendant qu'il était dans le bain.

On a obtenu le même résultat sur un jeune Tyrolien , ouvrier cliarpeulier, vigonreuseuienl constitué. Nous n'avons pas voubi répéter les expériences à une température plus élevée, dans la crainte de compromettre la santé des personnes qui avaient bien voulu se prêter à nos recherclies. Mais nous les avons recommencées h Paris, à nue température un peu inférieure à 49% avec l'aide de M. Séguin et de M. Costillo, également élève externe ;i riIôteUDieu. Une des soudures ayant été mise dans la boudie de M. Coslille, dont la température était de 37"5o mesurée au tbermomèlre, l'autre dans le muscle biceps du bras droit de M. Séguin, la déviation de l'aiguille aimantée fut de a" en faveur de la boucbe; ce qui ludi([uait une température de S^^io pour le muscle. M.Séguin fui mis dans un bain à4g"^o, et y resta pendant io minutes. La température du muscle ne cbangea pas, puisque la déviation de l'aiguille aimantée resta la même. VI. i" partie. 3

34 MODIF. APP. DAïTÔ tE PROC. THERMO-ÉLEC. , ETC.

(Nielle expérience ayant été répétée surM.CoslîlIe, dotiiia le m(^me résultat. Nous voyons, par les faits qui viennent cfêtrc rapportés, que Io^sqUeIe corps de l'hômnie est en contact avec de l'eau dont la température varie de oà 49", pendant 26 minutes, la température des mUSclès ^H^pfouve que-dé faibles variations. Peut-être n'en sèraîtil pas de même si le contact était prolongé pëiidadt longtemps, comme les expériences de M. John Davy et d'dutres ^hysîcîèils portent à le croire; mai* il est im- J)6sàible de vérifier cette assertion, puisqu'il f)o'Ut*raît eh résulter des desordres g^aves dahs récpnomie géîiéralè , xA bain de 49° rubéfiant déjà fortement la peau en portàift le sang à la tête.

. Nous pouvons conclure aussi des faits observés, que les résultats obtenus par M. Delaroche, qui s'était placé dâiis lirie étUyê ayant 49** de température, étaient dus en gninde

[)artie aux phénomènes de la respiration, qui modifiaient a température de la bouche.

1547. Nous rapporterons encore une expérience faite ?i tiOuecli, et qui n'a pu être répétée à cause des difficultés qu'elle présentait. Cette fois, c'est un chien qui fut misen expérience; ses muscles indiquaient une température de 38'5o; plongédans un bain h 49", l'aiguille ne touchant pas à IVau, la température du muscle extenseur monta successivement de un demi-degré à 1**, !** '- et îi°, et cela dans IVspace de cin(| minutes. Le chien entra dans une telle colère qu'on fut obligé de le retirer de Peau. Peu de temps après, la température de son muscle redevint ce qu'elle était d'abord.

La soudure fut introduite dans la poitrine; on obtint également un accroissement de température de plusieurs dei^rés, <|uelques instants après l'immersion dans le bain. CVt accroissement avait principalement lieu lorsque l'animal était violemment agité. J'ignore jusqu'à quel point rétat d exaspération où se trouvait lanimal influait sur les effets que nous avons observt^. Je rapporterai cncoi-e un résultat curieux, qui n'a aucun rapport avec les précéilents, mais qui intéressera les physiologistes. Une des

CHIPITRE III.

; t!an5 le bic

SOUftiirês Tul placée tlanâ le biceps d'an jeune Iiomme, l'aulrp dans le muscle grand supinateur du bras gauclie d'un homme de ^5 ans. L'aiguille aîmantce'ne fut pas déviée sensiblement. On ouvrit la veine, et l'on n'obsérva aucun cbangemenf de température pendant et après ta Sortie du sang. La soudure avait été plar^e le plus près possible de la veine. On tirera de ce fait telle conclusion que l'on voudra : mais la seule qui nous paraisse naturelle, c^est qu'à /j/iori on devait pensrr qu'il ch .serait ainsi, parce que le sang, dont l'ouverture de la veine permettait la sortie , retournait au cœur , et qu'ayant déjà circulé dans les vaisseaux capillaires , il élait devenu rtrangér à la composition des tissiis en revenant à l'organe central de la circulation par les branrhès ot les troncs Veineux. Il n'aurait donc pu produire un abaissement de température dans le corps animal que par soft ét^OuIement abondant au dehors, et en produisant l'affaiblissement du sujet. Il convenait donc de faire l'expérience d'une autre manière. C est pourquoi ayant pris Ùft eliien de moyenne taille, qui avait mange peu d'heures avant l'expérience , nous avons placé une des soudures dans les muscles de \û partie intérieure do la cuisse, tandis que la soudure d'une autre aiguille se trouvait dans la bouche d'un expérimentateur. Une ligalure avait d'abord été jetée autour de l'artère (emorale, (tn médiat ement au-dessous de la soitte de l'abdomen. La suspension du rouis du sang dans ce vaisseau n'appbi'fa aucun cliangemenl dans la température du niemreprises on a exercé ou suspendu la iel sans pouvoir observer

bre, et à plusi

coinprêssion si

le moindre mouvement dans" l'aiguille du multipllcatéuf.

Fallail-il en conclurt

ï les modiRcalionsdans la tem-

pérature des tissus dépendent bien inoins de la cîrcutatioh sanguine que <lc l'influx nerveux, ou bien que le i^ésultat de celle dejiiièie expérience tient à cv. que , efi ne liant (Itie l'artère féinorate, nous n'avions pas iniéreepté ïôiil abord du sang dans les vâî.sseaux de la cilissPjiès m

4^ COASLDiftATKUr» GXHEEALES.

•èdent la fiiculté, oomme les anîmiiix, d'élcrer oq (fi* baisser leur température par TefTet de l'action vitaie.

Je ferai d'abord remarquer à cet égard que les diverses actions physiques et chimiques qui s'opèrent oontiauelle- Aient dans un végétal doivent produire, à chaque imtant , des phénomènes de chaleur. C'est ainsi que rén* poration d une portion de l'eau absorbée et Texhahiisoo du gai oxigène, au soleil, doivent produire du liroid, tandis que la fixation du carbone et celle d'ana partie de Teau doivent, au contraire, dégager de la «dialeur. L'expérience- seule peut Êiire connaître dans qud sent est la quantité de chaleur absorbée ou dégagée.

iSSi. Bufibn a le premier avance que, lorsque Ton coupe des arbres en hiver, l'intérieur du tronc parait chaud , surtout dans la partie centrale, et que cel fSt^ ne peut être attribué à la cognée.

Saussure a remarqué, d'un autre coté, que la neige fond plus promptement au pied des arbres vivants qu'au pied des arbres morts; mais cet effet ne pourrait-U pas provenir d'un phénomène de rayonnement extétîeurdont Saussure n'a pas tenu compte ?

J. Hunter, ayant introduit un thermomètre dans ua trou oblique de 1 1 pouces de profondeur, pratiqué dans un tronc de noyer de 7 pieds de circonférence , et ayant mastiqué l'orifice du trou, trouva qu'en automne son instrument marquait 2 ou 3* de chaleur de plus que l'air ambiant.

Schœpff, à New-York, et Bierkander, en Suède, ont avancé que de l'automne au printemps la température de l'arbre est plus élevée que celle de l'air ambiant, et que c'est l'inverse du printemps à l'automne. Ces expériences répétées à Genève ont donné les mêmes résultats. Ces mêmes observateurs, ayant placé des thermomètres, les uns dans le tronc d'un gros marronnier, d'autres à diverses profondeurs en terre, reconnurent que les variations clu thermomètre correspondaient sensiblement à celles d'un thermomètre situé à 4 pieds en terre, c'cstà-dii*e, à la profondeur moyenne des racines de l'arbiT.

I CHAfiTHE IV. 43

H Une expérience de M. Herinstœdt vient confirmer eu- H core l'e\isteiice d'une chaleur propre aux vt^gélaiiK. Cet ■ observateur a vu au mois de janvier que le suc sortant H des érables percés était liquide, tandis que ee suc ne H tardait pas à geler quand il était exposé à l'air. Un ther- H moinètre plate dans l'inlérieur de l'arbre a confirmé œ Brésultat. Sa température était de + 1" R., tandis que ^KtiêUe de l'air ambiant était de — 1 0° (.1 ). H M. de Caudolle a donné une explication satisfaiSBUte Hde ces effets. L'eau, dit cet illustre botauiste, qui est H aspirée par les racines s'élève verlicaienienl dans le H Ifone : cette eau est au degré de température que le Sol Hpossède à la profondeur moyenne des racines de l'arbre; Hdle est donc plus chaude que l'air eu hiver, et plus fraî- Hiche en été. Par conséquent, eu s'introduisant dans le Ktronc, elle tend sans cesse à le réchauflèr dans la saison ^■froide, et à le rerroidir comparativement à l'air dans lasai- ^hon chaude. Si l'on joint à cette explication pleine de K justesse les observations de M, Auguste Delarive et Adolphe de Candolle, que le bois sec est plus mauvais conducteur de la chaleur dans le sens ti'ansversaf que daus lê sens longitudinal, on concevra comment l'ascension de 1^ séVé met continuellement le centre du tronc en équili- ^R|V«de température avec le sol, taudis que toute la structure ^^lll torps ligneux, particulièrement du corps de l'écorce, empêche le tronc de se mettre en équilibie de température avec l'air ambiant. Il résulte de là que la température dé l'intiérieur du tronc doit être analogue à celle du sol Kjgh leurs racines plongent, c'est-à-dire, plus chaude que ^^h' en hiver, et plus froide en été. Dans la détermiâttioli de la chaleur propre des végétaux, il faut donc «Mairetnent tenir compte de cette cause productrice 1 chaleur. Si l'on remai-que, d'un autre côté, que 'fSVaporation est înoindre en hiver par suite de l'absence

uiles

u tcmpéraluie hU|>irii'urc h cellu de l'atnos-

44 ^^ PROCÉDÉS d'eXPEBIMEKTATION.

des feuilles et de la facilité bien plus grande avec laquelle le soleil réchauffe les troncs quand ils ne sont plus ombragés par ces mêmes feuilles , on trouvera là encore une preuve comment il se fait que les effets précédemment décrits ont lieu. Ces effets montrent bien Tinfluence des causes physiques sur la chaleur des végétaux, mais nullement qu'ils sont la cause unique de la chaleur qui est produite; il s'agit actuellement de trouver la chaleur propre des végétaux.

§ II. Des procédés d expérimentation,

i553. Je vais indiquer d'abord un procédé très-déli<ât pour résoudre les diverses questions que je viens de poser: ce moyen est précisément l'emploi des appareils thermoélectriques. Je dois déclarer avant tout que la question présente de grandes difficultés. Pour le prouver, je rapporterai les tentatives que j'ai faites à cet égard. J'ai commencé par percer un arbuste avec un foret très-délié, afin d'y introduire une des soudures. J^'«iguille introduite ne tarda pas à être altérée, ce qui produisit un courant électro-chimique. Pour remédier à cet inconvénient , les aiguilles furent recouvertes de plusieurs couches de vernis à gomme laque. Quant à l'autre soudure, elle était restée dans l'air où la température était sensiblement constante; mais le rayonnement n'étant pas le même aux deux soudures, puisque l'une était recouverte par le tissu ligneux, et que Tautre était à l'air libre, il en résulta des effets complexes qu'il fallait écarter, sans quoi il n'y avait pas moyen de déterminer la température des vé- "gétaux. M. de Mirbel qui était témoin de ces expériences me proposa alors d'opérer au milieu du Jardin des Plantes en plaçant l'appareil dans la cabane d'un jardinier: j'acceptai son offre; en entrant, je vis un arbre en pleine végétation, et à côté une branche nouvellement détachée du même arbre; il me vint aussitôt dans l'idée, pour éviter la différence de rayonnement qui était un obstacle au succès des expériences, de mettre une des soudures dans l'arbre vivant, et l'autre dans la branche détachée du même

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