XXXVIII DE LA FORCE MAGNÉTIQUE DES AIGUILLES
moins forte. Ce dernier fait a été établi dans les faisceaux composés par Coulomb et rentre dans les expériences de M. Barlow.
Suivant Nobili, la trempe fait acquérir à la masse un état tel, que les molécules extérieures, refroidies plus rapidement que cellesde l'intérieur, se rapprochent plus que ne peuvent le faire les dernières. L'acier trempé possède donc une croûte dont la densité et d'autres propriétés propres à sa constitution sont d'autant plus différentes dans les couches internes, que le refroidissement a été plus rapide. Le magnétisme se conserverait donc dans l'acier trempé, non parce qu'il existe une force coercitive, telle que les physiciens l'ont envisagée jusqu'ici, mais bien parce que le magnétisme s'y distribuerait inégalement, en plus grande quantité à l'extérieur qu'à l'intérieur. Il part de ce principe pour expliquer comment il se fait que le fer doux, quand il a été battu sous le marteau ou passé à la filière, acquiert la propriété de conserver une petite quantité de magnétisme; les coups de marteau et la filière rendraient les parties extérieures plus compactes que celles de l'intérieur.
Par le même motif, pour la même trempe et la même quantité d'acier , les petites barres prendront à proportion plus de magnétisme que les gros barreaux. L'expérience suivante tend effectivement à prouver que le magnétisme augmente davantage en proportion du degré de la trempe que de la masse du corps magnétique : Nobili a fait construire avec le même acier deux cylindres de même longueur et de même diamètre, l'un massif et l'autre percé au milieu de part en part, suivant son axe; le poids du premier était de ^8 grammes 1/2, celui du second de 16. Ces deux cylindres furent trempés de la même manière et aimantés à saturation ; l'un e^ l'autre, placés à la même distance d'une aiguille f boussole, donnèrent les déviations suivantes :
Pour le cylindre massif. . . 9'*,5 Pour le cylindre foré 1 9°,oc>
CiIAPlTK£ r. XXXIX
La différence est très-grande, comme on le voit, et cependant le cylindre massif avait une masse presque double de Tautre. D'après les idées de Nobili, Je cylindre foré étant trempé en même temps en dehors et en dedans , se trouve recouvert des deux côtés d'une croûte, qui devient la puissance conservatrice du magnétisme. Nous reviendrons sur cette question en exposant les nouvelles recherches de M. E. Becquerel suite magnétisme des corps en général.
Nous dirons quelques mots de la distribution du magnétisme sur des lames d'acier très-larges et peu épaisses. M. de Haldat a reconnu que si l'on trace avec un aimant assez fort des figures quelconques sur des plaques d'acier de 3 ou 4 décim. carrés, et de 2 ou 3 décim. de côté, on rend ces figures apparentes en répandant de la limaille fine de fer avec un tamis sur la surface. .4nn. lie Phys. et de Chini,, t. LXII, p. 33.)
§. VU. Des actions exercées sur C aiguille airf nuitée par des sphères de fer.
M. Barlo^v , auquel est due l'étude de ces actions, a conimencépar décrire sur une plate-forme unie plusieurs circonférences de cercles concentriques, de 8 à 16 pouces de rayon (mesure anglaise); puis il a fait passer, par le centre commun, une ligne droite, dans la direction du méridien magnétique; et , après avoir marque les points Est et Ouest, il a divisé le cercle en parties égales de 10® chacune.
Ayant ajusté une aiguille aimantée au centre du cercle, il a appliqué successivement a chaque point de la division et à différentes distances du centre, des boulets ou bombes de 5 pouces ^, 8 pouces et 10 pouces, pesant a4 livres, 4^ livres et 96 livres, et il notait dans chaque cas la déviation produite. I/aiguille marchait du nord vers l'ouest quand le boulet passait du nord au sud par l'est ; cl Teffet était produit dans une di-
XL ACTIONS EXERCEES SUR L AIGUILLE AIMANTEE.
rection opposée , lorsque le boulet passait dans l'autre demi-cercle. I^ plus grande déviation avait lieu quand les boulets se trouvaient entre les points sud et est ou sud et ouest du cercle. Une petite balle solide ^ de a pouces de diamètre^ produisait un effet contraire; c'està-dire que la déviation était d'abord orientale; elle atteignait le maximum entre le nord et l'est: décroissait , devenait nulle entre l'est et le sud ; après quoi elle devenait occidentale, atteignait son maximum, et s'évanouissait de nouveau lorsque la balle était tout à fait au sud. La même chose avait lieu , mais en sens inverse , quand la balle passait du sud au nord par l'ouest. M. Barlow répéta les premières expériences sur les bombes, mais en élevant cette fois le centre de l'aiguille aimantée au niveau du plan de l'équatcur de chacune d'elles ; il trouva, par exemple, qu'une déviation orientale avait d'abord lieu , et disparaissait lorsque la balle passait de l'est au sud , et que le contraire se montrait quand elle passait du sud à l'ouest et de l'ouest au nord.
En élevant l'aiguille de dix pouces au-dessus de la plate-forme, la déviation, au lieu d'être d'abord occidentale, comme dans la première expérience, ou d'abord orientale, ensuite zéro et occidentale, comme dans la dernière, elle devenait tout à fait orientale dans le premier demi-cercle, et occidentale dans le second. I^s résultats étaient donc inverses de ceux obtenus dans le premier cas. Ces faits prouvent que la déviation dépendait de la position du centre par rapport à l'aiguille. Effectivement, si, à chaque point, excepté au nord et au sud , on transportait le boulet de haut en bas, dans la même verticale, on obtenait d'abord une déviation orientale et ensuite une déviation occidentale, ou d'abord occidentale et ensuite orientale; par conséquent , dans chacune d ces verticales, il devait y avoir quelque point où la d( viation était nulle. M. Barlow chercha si tous ces poin étaient placés dans un plan, et quelle était l'inclinai? de ce plan par rapport à l'horizon.