CHAPITRE I. XLI
A cet effet, il s'est procuré une table fortement fixée en terre, et au milieu de laquelle se trouvait une ouverture circulaire, d'un peu plus de dix pouces de diamètre, et au travei*s de laquelle on pouvait élever et abaisser à volonté une bombe de dix pouces de diamètre, au moyeu d'une poulie. La surface supérieure de la table était disposée comme la plate-forme, c'est-à-dire qu'elle portait un cercle divisé. L'aiguille fut portée autour du boulet. En élevant celui-ci jusqu'à ce que son action fût iosensible, et l'abaissant ensuite graduellement, on nota la déviation à certaines hauteurs ; on s'assura , par ce moyen, que plusieurs points sans action étaient tous placés dans un seul plan , dont l'inclinaison était d'environ no degrés, c'est-à-dire que le plan était tout à fait ou presque perpendiculaire à la direction de l'aiguille (f inclinaison.
La cause de l'anomalie apparente observée avec la petite balle solide est facile à expliquer : le centre étant placé un peu au-dessus du pivot de l'aiguille, le plan de non attraction passait au-dessus ou au-dessous de ce point, selon la position de la balle, tandis que dans les bombes le centre passait au-deçsus dans toutes leurs positions , excepté quand on élevait l'aiguille. Avec des bombes de plus fortes dimensions , les résultats furent les mêmes.
Il existe donc dans chaque boulet de fer deux plans où l'on peut placer laiguille sans que sa direction soit influencée : l'un qui est le plan de non attraction , et l'autre, qui est le plan vertical correspondant au méridien magnétique.
On est conduit ainsi aux conséquences suivantes : i** chaque boulet de fer a un équateur magnétique , qui se trouve dans le plan de non attraction ; il possède, comme la terre, deux pôles magnétiques, l'un dirigé vers le nord, et l'autre vers le sud, les lignes qui unissent ces pôles étant parallèles à la direction de l'aiguille d'inclinaison, a" L'effet produit sur l'aiguille par le fer dépend entièrement de la position du centre du
XLII ACTIONS £XBRGii£S SL'R L AIGUIIXK AIMANTEE.
boulet, par rapport au pivot de Faiguille; si Ton admet qu'une sphère (fig. 92) A A' A" entoure de toutes parts le boulet de fer O, et que l'on prenne le cercle de non attraction Q Q comme un équateur, et les pôles de ce cercle comme des pôles de la sphère, et le cercle perpendiculaire SN comme le méridien magnétique, dont les pôles seront S et N, on peut supposer que l'on décrive dessus des cercles de latitude et de longitude, et que l'on promène l'aiguille autour du boulet, dans ces différents cercles, en ayant soin de la tenir à la même distance du centre , de manière à pouvoir séparer les effets dus à la position, de ceux qui proviennent d'un changement dans la distance. Afin de séparer l'efiet dû à la longitude de celui qui dépend de la latitude, on fait passer Taiguille d'abord sur les cercles de la latitude seulement. M. Barlow, en opérant ainsi , a trouvé, après quelques expériences , que les déviations étaient les plus grandes dans le cercle qui passait des pôles à travers les points est et ouest de l'équateur. 11 considéra dès lors ce plan comme son principal méridien dont la longitude était nulle.
Après avoir obtenu par cette méthode de nombreux résultats, il compara entre elles les lignes trigonométriques des angles de déviation , et parvint à découvrir la Loi suivante; savoir, que les tangentes des déviations sont proportionnelles au rectangle du sinus et du cosinus delà latitude, ou au sinus de la- double latitude. Ses expériences sur la longitude lui ont montré que la déviation était proportionnelle au cosinus de la longitude.
M. Barlow a répété toutes les expériences précédentes avec des appareils plus parfaits que ceux dont il avait fait usage avant, et pour la description desquels on peut consulter son ouvrage. I^a détermination précise de l'inclinaison du plan de non attraction Ta d'abord occupe.
Le centre de l'aiguille aimantée fut placé, à cet effet, successivemeiil à chaque division de 5'^ d'une circonférence d'un rayon de 20 pouces. Le boulet fut élevé ou
csapithe f.
abaissé jusqu'à ce que Taiguille eût atteint exactement sa position magnétique convenable. On mesura avec soin la hauteur du centre du boulet au-dessus ou au-dessous du pivot de Taiguille^ et Tinclinaison du plan correspondant à chaque position de l'aiguille fut calculée au moyen de la formule:
tang 1 = — - — - = - sec a,
rcosa
dans laquelle I est Finclinaison^ r le rayon du cercle qui, dans Texemple actuel, est de uo pouces ; h la hauteur ou rabaissement observé du centre du boulet, et a Taugle du point nord ou sud du cercle. Dans la table suivante , pour la facilité du calcul , on a. pris la moyenne de quatre hauteurs ou abaissements dus à des positions correspondantes semblables des points est ou ouest.
EXPERIENCES