‹ Traité complet du magnétisme (volume 3)Chapitre 310 sur 364 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

vent de demi-heure en demi-heure) , sans discontinuer pendant quatre, cinq ou six jours et autant de nuits, les changements angulaires du méridien magnétique. M. Oltmannsy avantageusement connu des astronomes par ses nombreux calculs de positions géographiques, voulut-bien partager avec moi les fatigues de ce travail. L'instrument dont nous nous servions était une lunette aimantée de Prony, susceptible de retournement sur son axe, suspendue d'après la méthode de Coulomb, placée dans une cage de veri*e, et dirigée sur une mire très-éioignée ^ dont les divisions, éclairées pendant la nuit, indiquaient jusqu'à six ou sept secondes de variation horaire. Je fus frappé, en constatant la régularité habituelle ai une période nocturne ^ de la fréquence des perturbations, surtout de ces oscillations dont l'amplitude dépassait toutes les divisions de l'échelle, qui se répétaient souvent aux mêmes heures avant le lever du soleil, et dont les mouvements violents et accélérés ne pouvaient être attribués à aucune cause mécanique accidentelle. Ces affolements de l'aiguille, dont une certaine périodicité a été confirmée récemment par M. Kupffer d'après le récit de son Foj-age au l/iucase^ me paraissaient' l'effet d'une i*éaction de l'intérieur tlu globe vers sa surface, j'oserai dire des orages niagné' tiques y qui indiquent un changement rapide de tension. Je désirais dès lors d'établir à Test et à l'ouest du méridien de Berlin, des appareils semblables aux miens, pour obtenir des observations correspondantes faites à dé grandes distances et aux mêmes heures; mais la tourmente politique de rAllemagne et un pi^ompt départ pour la France, où je fus envoyé par mon gouvernement, entravèrent pour longtemps l'exécution de ce projet. Heureusement mon illustre ami, M. Arâgo, entreprit, je crois vers l'an i8i8,après son retour des cotes d'Afrique et des prisons d'Espagne, une série d'observations de déclinaisons magnétiques à l'observatoire de Paris, qui, faites journellement à des intervalles uoiformément fixés , et continuées, d'après un même plao^

jusqu'à ce jour, l'emportent, par leur nombre et leur liaison iqutuelle, sur tout ce qui a été tenté dans ce genre d'investigations physiques. L'appareil de Gambey aqnt on se sert est d'une exécution parfaite. Muni de micromètres à microscopes, il est d'un emploi plus commode et plus sûr que la lunette de Prony, attachée à un fort barreau aimanté de 20 ~ pouces de longueur.

C'est' dans le cours de ce travail que M. Ârago a découvert et constaté par de nombreux exemples un phé- Qomène qui diffère essentiellement de l'observation faite par Olof Hiorter à Upsal, en 1741 - il a reconnu ponseviipinent que les aurores boréales troublent la marche régulière des déclinaisons horaires là où elles ne sont p^s visibles, mais aussi que, dès le matin, souvent dix pu douze heures avant que le phénomène lumineux ses, développe dans un lieu très-éloigné, ce phénomène s'annonce par la forme particulière que présente la courbe des variations diurnes, c est-à-dire, par la valeur d^ maxima d'élongation du matin et du soir. Un autre fait ppqveau se manifesta dans les perturbations. M. Rupffer,^ ayant établi à Kasan, presque aux limites orientales de TEurope, une boussole de Gambey, entièrement semblable à celle dont se sert M. Arago à Paris, les deux observateurs purent se convaincre, par un certain nombre de mesures correspondantes de déclinaison horaire, que, malgré une différence de longitude de plus de 47S les perturbations étaient isochrones. Cetaient comme des signaux qui de Tintérieur du globe arrivaient simultanément à sa surface , vers les bords de la Seine et du Wolga.

Lorsque, en 1827, je me fixai de nouveau à Berlin, mon premier soin fut de reprendre le cours des observations faites à de petits intervalles pendant plusieurs jours et plusieurs nuits, dans les deux années de 1806 et 1807. Je tâchai en même temps de généraliser les moyens d observations simultanées dont l'emploi acci- 4€U)tel venait de donner des résultats si importants. tJgg boussole de Gambey fut placée dans le pavillon

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