‹ Traité complet du magnétisme (volume 3)Chapitre 315 sur 364 · CROITRE V · texte numérisé non relu

CROITRE V

succès la méthode du grand géomètre de Gœttingue dans leurs excursions à Naples et eu Sicile.

^ III. Instructions de la Société royale de Jjondres '♦.» pour C expédition scientifique envoyée aux régions , - antarctiques.

Mon but étant de faire connaître, dans cet ouvrage, toutes les opinions émises sur les phénomènes magnétiques du globe, afin qu'on puisse les mettre en regard et les comparer ensemble, je dois donner également la partie relative à l'étude de ces phénomènes, qui se trouve dans les instructions rédigées par la Société royale de Londres pour l'expédition scientifique envoyée aux régions antarctiques , sous les ordres du capitaine James ClarkeRoss (i) :

a Le sujet le plus important et sur lequel, avant tout, doit se porter l'attention du capitaine J. C. Ross et de ses officiers, et qui doit être considéré, pour ainsi dire, comme le grand but scientifique de l'expédition , c'est ' l'étude du magnétisme terrestre. On le considérera : premièrement, relativement à ce que pourront ajouter a nos connaissances , les observations faites pendant le cours de rex()édition , indépendamment de tout concours étranger, de toutes observations correspondantes faites en d'autres lieux; secondement, relativement aux résultats qui exigeront ce concours, et pour lesquels, par conséquent, ces observations faites pendant le cours du voyage devront être examinées concurremment avec celles faites simultanément dans les observatoires magnétiques permanents que le gouvernement a ordonné d'établir dans ce but spécial, ainsi que dans d'autres observa- 'toires, publics ou particuliers, soit dans l'Indeou ailleurs, et avec lesquels on entretiendra une correspondance suivie.

«c Maintenant, on peut remarquer que ces deux classes

(i) The London and Edimburg philôsophical magazine, sep. tember 1839.

VL %^ partie. 29

45o INSTRUCTIONS DE L\ SOC. ROY. DE LONDRES.

d'observations se rapportent à deux branches principales, dans lesquelles se subdivise la science du magnétisme terrestre, dans son ctat actuel, et qui ont une certaine analogie avec les théories des mouvements elliptiques des planètes et de leurs perturbations périodiques et séculaires. La première de ces branches comprend la distribution de l'influence magnétique sur le globe, à l'époque actuelle y dans son état moyen, lorsque les effets de fluctuation temporaire sont négligés, ou qu'on les a fait disparaître en prenant des observations continuées pendant un temps suffisant pour en neutraliser les effets. !tia seconde branche comprend l'histoire de tout ce qui n'est pas permanent dans le phénomène, soit que cette partie variable apparaisse sous forme de changements momentanés ; quotidiens, mensuels ou annuels, ou sous celle de changements progressifs qui ne sont pas compensés par des changements contraires , mais qui s'accumulent constamment dans une direction , de manière à altérer, au bout de quelques années, la somme moyenne des résultats obtenus.

« Ces derniers changements sont , relativement aux quantités moyennes et aux fluctuations temporaires, ce que, dans les mouvements planétaires, sont les variations séculaires par rapport aux orbites moyens et aux perturbations de la courte période.

« Il y a cependant cette différence, que dans la théorie planétaire, toutes ces variétés d'effets ont été rapportées d'une manière satisfaisante à une cause unique , tandis que dans celle dut magnétisme terrestre , il est loin d*en être ainsi, et que le cas contraii*e n'est pas dénué de probabilité. En effet, rien ne s'oppose à ce que l'on puisse voir, dans les grandes lignes des courbes magnétiques , dans leurs déplacements généraux et leur changement de forme sur la surface du globe, le résultât de causes agissant dans l'intérieur de la terre et envahissant toute la masse; tandis que les variations annuelles et diurnes de l'aiguille, avec leur série de mouvements périodiques subordonnés, peuvent provenir et provien-

cnAPixRB V. 45 1

nent vraisemblablement de courants électriques produits par des variations périodiques de température à la surface du globe, variations dues à la position du soleil au-dessus de l'horizon , ou dans Técliptique, et modifiées

f>ar des causes locales; tandis que les décharges électriques ocales ou temporaires, dues à des causes calorifiques , chimiques ou mécaniques, agissant dans des régions élevées de l'atmosphère et se renouvelant irrégulièrement ou à intervalles, peuvent servir à rendre compte de ces mouvements incessants et accidentels comme on pourrait le croire, que des observations récentes ont placés dans un jour aussi manifeste et aussi intéressant. La théorie électro-dynamique, qui rapporte tout le magnétisme à des courants électriques, garde le silence sur les causes de ces courants qui peuvent être divers, et que l'analyse seule de leurs effets peut nous fairer considérer, soif comme dus à des causes internes superficielles ou atmosphériques.

rc Ce n'est pas seulement pour l'usage des navigateurs qu'il est nécessaire d'avoir des cartes donnant une idée générale des lignes de décHnaison, d'inclinaison et d'intensité. Ces cartes, si on pouvait se fier à elles, et qu'elles fussent bien complètes, seraient d'un usage très-utile pour le théoricien,<!onsidérées non-seulement comme directions générales dans le choix des formules empiriques, mais encore comme moyens puissants pour faciliter les recherches numériques par le choix qu'elles présentent de données convenablement disposées, et, par -dessins tout| comme offrant décidément les meilleurs moyens de comparer toute théorie donnée avec l'observation. En effet, le mode le plus prompt et le plus efficace d'épreuve pour l'application numérique d'une théorie magnétique terrestre, ne consisterait pas à calculer servilement ses résultats pour des localités données, quelque nombreuses qu'elles fussent, et d'accumuler les erreurs apparentes avec les erreurs réelles d'observation et de magnétisme local, mais à comparer la. totalité des lignes dans i|os cartes avec des lignes correspondantes, telles qu'e{)es ré-

4â!a ursTRUCTiONS bë lu soc. rôt. de lokdres.

sultent des formules que l'on doit essayer , et dans lesquelles Taccord ou le désaccord de ces lignes ne montrera pas seulement combien les dernières représentent les faits, mais encore nous fournira des indications distinctes des modifications qu'elles exigent.

« Malheureusement pour le progrès de nos théories, nous sommes encore bien éloignés de posséder des cartes, même de déclinaison, l'élément le plus nécessaire aux navigateurs ; bien plus , les autres cartes, celles qui sont relatives à l'inclinaison et à l'intensité, présentent les lacunes les plus déplorables, surtout dans les régions antarctiques, par la pratique continuelle de chaque mode d'observation approprié à la circonstance dans laquelle l'observateur se trouve placé pendant le voyage. Un des objets les plus dignesd'attention serait de compléter ces lacunes. Et d'abord, en mer, on ne. peut pas attendre des observations magnétiques qui y sont faites, la précision dont elles sont susceptibles à terre. Néanmoins, on s'est assuré que nonseulement la déclinaison, mais encore l'inclinaison et rintensité peuvent être observées avec une précision suffisante pour fournir une instruction utile, si l'on met assez de patience et de précaution, et si on le fait dans les circonstances ordinaires de la mer et de l'atmosphère. L'intensité totale, comme on s'en est assuré, peut être mesurée avec un grand degré d'exactitude en adoptant une méthode statique d'observation récemment découverte par M. Fox, dont l'appareil fait partie des instruments dont l'expédition doit être pourvue. lorsqu'on pense que, au défaut de ces observations, toute la partie du globe qui est maintenant recouverte par lOcéan, resterait en blanc sur ces cartes, il devient inutile d'insister sur la nécessité de s'occuper attentivement dans ce voyage, et dans les deux vaisseaux, d'une série journalière d'observations magnétiques sous les trois rapports ci-dessus mentionnés.Les observations magnétiques, en mer, seront naturellement affectées par le magnétisme du vaisseau, qu'on doitéliminer^ si l'on veut obtenir des résultats utiles.

Page 1