CHAPITRE V
mers , la déclinaisoii , rinclinaison et rintensité des forces magnétiques. J'insistai aussi ( malgré Timperfection des instruments et des méthodes d'alors), d'après ma propre expérience, sur la possibilité de déterminer sur mer, et a^ec une précision suffisante, les variations de ces deux derniers éléments (1). Je montrai combien ces détermi* nations océaniques semblaient offrir d'avantages là où les couches d'eau sont assez épaisses pour que l'on ait moins à craindre les perturbations locales dues à la cons* titution minéralogique du fond.
« Guidé par des considérations analogues , j'ose ex* primer mes désirs que, pour rendre plus fructueux encore l'immense travail qui sera exécuté en trois années» Boît par l'expédition du capitaine Ross, soit dans les nombreuses stations magnétiques répandues sur la surfiice do continent et des îles , Votre Excellence voulût bien ordonner simultanément quelques expéditions partielles supplémentaires. Deux savants , auxquels nous devons des travaux importants sur la connaissance des variations du magnétisme terrestre, M. le major Sabine et M. Lloyd, professeur à Dublin, m'ont déjà donné l'heureuse nouvelle que le gouvernement de S. M. enverrait à Otahiti, à cette métropole de l'océan Pacifia <|ue, illustrée par d'anciens travaux astronomiques, un officier très-instruit et muni d'appareils magnétiques. L^ grand nombre de bâtiments de la marine royale qui se trouvent le plus souvent en station sur les côtes occidentales de l'Amérique du Sud et dans les mers de l'Inde, fioicîliteront peut-être les moyens de multiplier les investigations que j'appelle supplémentaires, et dont, pour le moment, le but principal serait la connaissance expérimentale de l'équateur magnétique et des lignes sans dé» clinaison.
« I. Un bâtiment , muni d'instruments propres à mesurer l'inclinaison , la déclinaison et l'intensité, pourrait.
(1) Bel Hist, 1. 1, p. a6a.
^h . LETTRE DE M. DB HUMBOLDT.
en partant des cotes du Pérou , suivre Téqùateur tnagoétique, ou. la courbe d'iDclinaison zéro, jusqu'aux cotes de la péninsule de Malacca, et» si le vent le permet, jusqu'au détroit de Bab-el-Mandeb. Un second bâtin^ent pourrait parcourir Téquateur magnétique depuis le golfe de Guibee jusqu'aux cotes du Brésil. On déterminerait a^eo. une grande précision astronomique les points du littoral oïl la courbe d'inclinaison zéro, qui n'est pas ua grand cercle de la sphère, coupe les continents et les îles ; on apprendrait à connaître les changements de si- Buositë e)L le mouvement des nœuds (points d'intersec* lion des équateurs magnétique et terrestre) qui ont eu }ieu depuis les époques des voyages antérieurs. Gomma les lignes isodynamiques et isoclines ne sont aucunement parallàles, il serait à désirer que les intensités fussent aussi déterminées le long de l'équateur magnétique^ oU dans sa proximité la plus immédiate.
9L n. Quant aux parties des lignes sans déclinaison^ qui deviennent accessibles aux navigateurs, j'oserai , M« le comte, les indiquer toutes, non dans le vain espoir que dès observations simultanées puissent les embrasser dans leur ensemble pendant la durée du séjour du capitaine Ross dans les liautes régions antarctiques, mais seulement pour faciliter le choix à Votre Excellence, selon les combinaisons fortuites que peuvent offrir des tra* versées ou les stations éphémères de bâtiments de la marine royale. Je n'ignore pas que, d'après les grandes vues sm* les véritables fondements d'une théorie gêné* mie du magnétisme terrestre, qui sont dues à M. Gauss, soit la connaissance approfondie de l'intensité horizon* taie, soit la multiplicité et la sage répartition des points dans lesquels les trois éléments de déclinaison ^ d'incli* naison et d'intensité ont été simultanément mesurés pour trouver la valeur de V ( § 4 ®^ ^^7 )> ^t par conséquent
dussi de ^ 9 soient les points vitaux du problème qu'a résolu l'illustre géomètre : mais les besoins actuels du pilotage , les corrections habituelles diirambêl dea cbe-