CHAPITRE III
n Concevez maintenant, dit M. Barlow, ie globe placé tf de manière à porter Londres sous le zénith; alors les « deux extrémités du fil conducteur étant mises en relaie tion avec les pôles d'ube forte batterie , on verra im-* ce médiatement que Textrémité nord de Taiguille, qui était <c auparavant indifférente à toute direction , sera abaiscc sée d'environ 70°, autant que l'œil peut en juger; ce «c qui est précisément l'inclinaison actuelle de Londres j^ a elle se dirigera aussi vers les pôles magnétiques de ce a globe, en indiquant une déclinaison d'environ a4 à aS"" a à l'O. , comme c'est pareillement le cas à Londres. Si « ensuite vous tournez le globe sur son support , de ma* a nière à porter soys le zénith les lieux qui se trouvent fc à la même distance du pôle magnétique que l'Angle- « terre, vous trouverez que l'inclinaison reste la même , ce taudis que la déclinaison changera continuellement, <c étant d'abord nulle et augmentant ensuite graduellece ment vers l'est, comme cela arrive sur la terre. Si nous ce tournons ensuite le globe de manière à approcher ce le pôle du zénith, Tinclinaison augmentera jusqu'à, ce tt que l'aiguille devienne parfaitement verticale au pôle a lui-même. Éloignant ensuite ce pôle, l'inclinaison déa croîtra jusqu à ce qu'elle soit nulle à l'équateur , l'ai- <x guille devenant alors horizontale. £n continuant le ce mouvement , et s'approchant du pôle sud , on trouvera ce que l'extrémité sud de l'aiguille s'inclinera au-dessous a de l'horizon, et que l'inclinaison augmentera contia nuellement de l'équateur au pôle, oii l'aiguille devienff dra également verticale, mais dans la position inverse « qu'elle occupait au pôle nord. »
Il est certain que le globe artificiel de M. Barlow représente avec exactitude tous les phénomènes magné* tiques terrestres. On voit donc, par l'expérience impor* tante dont je viens de faire connaître les principaux résultats , que l'on peut concevoir tous ces phénomènes sans recourir à l'aimantation par les moyens anciennement connus. M. Barlow fait remarquer, dans l'exposé qu'il a fait de ses expériences, qu'il résulte des lois
Planche 111.
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534 RKFL. SUR LKS THKOR. DONPÎ. POUR EXPL. l'oRIG. , ETC.
L'ingéûieux physicien, dont les vues philosophiques ont été quelquefois si utiles aux sc^iences, attribuait les courants électriques dont il avait besoin pour sa théorie du magnétisme terrestre, à l'action chimique de l'eau et autres agents sur la couche non oxidée du noyau. J'avoue que je ne comprends pas comment de semblables réactions pourraient produire des courants électriques dirigés de Test à l'ouest. Kn effet, il ne suffit pas, pour qu'il y ait courant, qu'un corps agisse chimiquement sur un autre, il faut encore que ces corps communiquent ensemble au moyen d'un troisième ^ conducteur, de l'électricité, et sans la présence duquel il n'y a qu'une simple recomposition des deux électricités dégagées, recomposition tumultueuse qui ne pourrait agir sur l'aiguille aimantée. Admettons la réaction chimique de deux corps l'un sur l'autre, et leur contact avec un troisième capable de produire un courant électrique, et voyons quelle pourrait être la direction de ce courant. Je passe sous silence toutes les expériences faites pour reconnaître l'existence de courants électriques dans les filons ou dans des excavations, parce qu'elles ont été ou mal faites; ou parce qu'elles ont donné des résultats négatifs, et j'arrive aux effets électriques qui ont accompagné et accompagnent encore les phénomènes géologiques, car c'est le point de départ pour discuter la question dont il s'agit.
Les théories modernes, fondées sur les données les plus positives que nous fournissent l'astronomie, la physique et la géologie, admettent que la terre était primitivement dans un état gazxîux, c'est-à-dire, que toutes les substances solides qui la composent se trouvaient disséminées dans un espace beaucoup plus étendu que celui qu'elle occupe aujourd'hui. Le rayonnement de la chaleur dans les espaces célestes ayant abaissé successivement la température de cet amas de vapeurs, les corps les plus réfractaires ont dû se refroidir les premiers, et ensuite ceux qui l'étaient moins. Les réactions chimiques qui avaient lieu entre les couches de nature coih