CHAPITRE II. T.XIX
FF
Si Ton pouvait faire osciller librement le petit barreau sans frottement ni résistance, la formule précédente (i) donnerait une expression de faction de l'aimant sur cette substance , c'est-à-dire le magnétisme spécifique. Mais comme on fait osciller le barreau en le suspendant par son centre de gravité à un fil de soie, il faut pouvoir tenir compte de la torsion du fil.
Lorsqu'on fait usage d'aiguilles assez longues et pesantes, cette torsion, de même que la résistance de l'air, peut être négligée; mais si elles n'ont que peu de poids, il est nécessaire d'y avoir égard. La formule qui donne le temps d'une oscillation par la torsion seule est la même que (i), celle précédemment donnée :
/"étant la force de torsion.
Pour trouver le magnétisme spécifique des corps, M. £. Becquerel a fait usage de la méthode des oscillations , en aimantant momentanément par influence la substance soumise à l'expérience. Si la substance est pesante , comme nous l'avons dit, alors on peut négliger la torsion , et on se sert de la formule Ti). Si on ne peut la négliger, on cherche le temps T d une oscillation par la torsion seule ; on a :
On fait osciller ensuite le même barreau sous l'influence de la torsion et de l'aimant; on a:
Et il l'aije de ces deux formules ou peut obtenir Z. Si le barreau est assez gros et que^ ne soit qu'une petite fraction de Z , on cherche le temps 6 que ferait le
LXX FORMULES A îf A.LYTIQUI-:S,
barreau oscillant seul; on a :
^ = p — ^ , de là on déduit Z.
Si le barreau est très-léger, on rapporte Z ày^ et on a :
Celte formule a l'avantage d'être indépendante de la résistance de Tair.
M. E. Becquerel a rapporté toutes les actions à celle qui est exercée de la part d'un aimant sur du fer doux.
L'intensité magnétique des différents points d'un barreau dépend non-seulement de sa nature, mais encore de sa forme et de sa longueur. Si l'on façonne toutes les substances, telles que le nickel, le fer, le cobalt, en cylindre, de même longueur et de même diamètre^ on peut admettre que la distribution du magnétisme s'y fait de la même manière , et Z peut donner le magnétisme spécifique. Mais, ici, il se présente une difficulté. Doit-on évaluer ces quantités par rapport aux volumes ou par rapport aux poids?
On doit les évaluer par rapport aux volumes; mais comme le fer, le nickel et le cobalt ont une densité peu différente, il les a déterminées par rapport aux poids; les nombres sont sensiblement tes mêmes que par rapport aux volumes y car, d'après une loi que nous donnerons tout à l'heure , pour passer des poids^aux
volumes le rapport devrait être multiplié pary/ --jj D
et D' étant les deux densités des barreaux^ et lorsque D et D' sont peu différents, cette fraction est très-petite. Il est donc toujours facile de passer du magnétisme spécifique par rapport aux poids au magnétisme spécifique par rapport aux volumes. Une des considérations qui ont fait préférer les poids, c'est que, lorsque l'on opère sur des barxeaux, il est toujours facile de leur donner même longueur et même poids, mais non même volume.
CilÂPITAI:: II. LXXl
^ li. Des métaux magnétiques à la température ordinaire; du fer.
On sait très-bien que si Ton approche à une certaine distance d'un des pôles d'un aimant des aiguilles de frr, de fonte, d'acier, les résultats sont très-différents. Si c'est du fer malléable, il s'y développe un magnétisme momentané bien plus fort que dans le fer écroui et que dans l'acier ; mais si l'on soustrait les aiguilles à Finfluence de l'aimant , le fer doux malléable aura peu ou point conservé de magnétisme, tandis qu'il n'en sera pas ainsi avec le fer écroui et l'acier, qui constituent alors de véritables aimants permanents. Ou a donné, comme nous l'avons déjà dit, le nom de force coercitive 3 la faculté en vertu de laquelle ces aiguilles conservent une partie de leur magnétisme développé par influence.
Quand on opère ainsi, on remarque que plus la force coercitive est grande dans le fer ou l'acier, moins le magnétisme développé sous l'influence deTaimantest considérable. U résulte de là que les aiguilles de fer doux oscillent plus vite que les aiguilles d acier.
M. Barlow ( Philosophical transact.), dans une série d'expériences, a obtenu les nombres suivants, qui expriment l'action d'un aimant sur différentes espèces d'acier^ en plaçant des barreaux d'un pied de long de ces substances dans la direction de l'aiguille d'inclinaison, et observant leur action sur une aiguille de boussole.
Fer malléable loo Acier shear (trempé) 53
Acier fondu (non trempé). 74 Acier blistered {id.) . 53
Acier blistered («/.) 67 Acier fondu {id.). . . 49
Acier shear (/>/.) 66 Fer fondu 4^
En général^ tes fils de fer bien recuits au rouge sont formés de fer très-doux ; mais , pour peu qu'ils soient écrouis ou tordus, ils acquièrent une force coercitive