‹ Traité complet du magnétisme (volume 3)Chapitre 46 sur 364 · CHAPITRE II. LXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. LXXVII

d'une chambre^ et on pouvait donner à ce fil unmouvemeut de rotation autour de la verticale, de façon à amener l'étrier dans tous les azimuts possibles. Ce fd était destiné à servir de fil de torsion, et à faire osciller UD petit barreau de fer^ ou un autre formé avec la substance d'essai placée dans Tétrier en platine. Ce barreau, qui ne doit pas avoir plus de 4 centimètres de longueur, est chauffé avec une lampe à alcool, à double courant d'air, comme la lampe d'Argant,et une crémaillère peut élever ou abaisser la mèche. Un cylindre de cuivre entoure la flamme, lui donne plus de régularité et empêche le mouvement de vacillation des lampes à alcool ordinaires. Ce cylindre, qui a 6 à 7 centimètres de diamètre, dépasse à la partie supérieure au moins de a ou 3 centimètres le barreau qui oscille dans son intérieur. Au moyen de cette disposition , en modérant la flamme et en variant la longueur du cylindre de cuivre, on peut chauffer le barreau depuis la température ordinaire jusqu'au rouge brillant et même au rouge blanc, et maintenir la température stationiiaire, surtout dans les diverses phases de rouge. Il faut, en outre, que le tirage de la lampe ne soit pas très-considérable, et que le poids du barreau soitsufHsant pour qu'il n'éprouve pas les mouvements alternatifs de haut eo bas, que tend à- produire le courant d'air. On approche ensuite les deux pôles opposés de deux barreaux aimantés, dans le même plan horizontal que le petit barreau suspendu, et celui-ci s'aimantant par influence^ oscille plus ou moins rapidement. On pourrait ramener tes forces accélératrices à la force de torsion du fil ; mais comme celle-ci change un peu avec la température , puisque i ou 2 décimètres de fil de platine près de l'étrier sont portés à la température rouge quand on chauffe le petit barreau, M. E. Becquerel a pris des petits barreaux assez pesants pour que l'influence de la torsion pût être négligée, c'est-à-dire, pour que, sous l'influence de cette torsion, le temps d'une oscillation fût de 8" à io"et même plus, et de o",a5 ouo",5o sous l'influence (les aimants.

LXXVIfl ACTION DE LA CHALEUR.

En opérant (l'abord avec du fer doux, M.E. Bccquerela reconnu qu'en le chauffant graduellement pendant ses oscillations, le temps de celles-ci est peu changé, et qu'arrivés au rouge cerise les petits barreaux n'éprouvent plus aucune action. En abaissant graduellement la température, quand on arrive à l'instant où le fer devient magnétique, quelquefois cette faculté est portée immédiatement à son maximum; dans d'autres, l'apparition du magnétisme est plus graduelle. Dans les petits fils de fer on observe le premier effet , et dans les gros fils le second effet a plutôt lieu. L'inégale répartition de la température doit avoir une influence dans cette circonstance, car lors du refroidissement ou de l'élévation de la température , la surface n'a pas la même température que l'intérieur. Mais cette cause ne doit pas être la seule, car il a cité un barreau d'acier qui n'arrivait que graduellement au maximum d'action, malgré le soin que l'on avait mis à régler l'abaissement de température.

M. E. Becquerel a remarqué, en opérant avec différents barreaux de fer doux, et élevant graduellement la température, que le temps des oscillations diminuait, de sorte qu'un peu avant le rouge cerise, c'est-à-dire au rouge sombre, l'action était à son maximum; ensuite au rouge cerise elle s'anéantissait. Cette différence d'actiou n'est pas très-considérable; car, d'après le carre du temps d'une oscillation , on a en moyenne de 4 expériences 1043 pour représenter la force qui fait osciller un barreau au rouge sombre, celle qui le fait osciller à la température ordinaire étant 100.

Les fontes et les aciers soumis au même mode d'investigation ont donné les mêmes résultats, relativement à la température à laquelle ces substances perdent la faculté d'être attirées par l'aimant ; seulement, on arrive à ce résultat remarquable, qu'avant de s'anéantir, l'action devient égale à celle qui serait exercée sur un barreau de fer doux de même forme et de même poids. La force coercitive s'anéantit donc, et l'action est la même que si elle s'exerçait sur les particules feri'ugineuses seules.

GHAPITUB 11. LXXIX

D'après les cxpériences^on a été conduit auxconsé(|uenccs suivantes :

r £n élevant la température au rouge naissant, toute trace de force coercitive disparaît dans le fer doux , la foote et Tacier. Au rouge cerise, ces substances perdent la faculté d'être attirées par Taimant.

a** Le magnétisme spécifique du fer doux ne varie <{ue très-peu entre la température ordinaire et celle du rouge sombre; seulement au rouge sombre il augmente ^^ (oh à peu près ; ce qui montre qu'à la température ordinaire ce métal se comporte comme ayant une faible force coercitive.

3* Le magnétisme spécifique de la fonte de fer augmeute avec la température, de sorte qu'au rouge naissaut il est à son maximum. Dans la fonte et l'acier, le magnétisme spécifique, qui est plus faible que celui du fer à la température ordinaire, augmente à mesure que celle-ci s'élève, de telle sorte qu'avant de s'anéantir il est égal à celui du fer doux.

Après avoir examiné l'action de la chaleur sur le fer et ses carbures, M. E. Becquerel a fait le même travail pour le nickel et le cobidt. Le nickel et ses carbures se comportent comme le fer et ses carbures ; seulement la température à laquelle le nickel cesse d'être magnétique est beaucoup plus basse. M. Pouillet l'avait placée vers 36o"; M. E. Becquerel a fait deux déterminations qui ont donnée l'une î86%oi, l'autre 388%5a. 11 a porté une masse de plus de 8o grammes de nickel h la température rouge, puis il l'a approchée d'une aiguille aimantée, et au moment où l'attraction s'est manifestée il l'a plongée dans l'eau; il a examiné alors la température de l'eau. Cette méthode lui a donné les deux nombres que nous venons de rapporter. On peut donc admettre approximativomenl 4oo** pour la limite à laquelle s'étend l'action magnétique du nickel ; au delà, il n'agit plus sur l'aiguille aimantée. Nous avons déjà vu qu'à la température ordinaire le magnétisme spécifique du nickel était le même que celui Ju fer;quantàlafontede nickel, elle se comporte comme

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