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puisqu'il parle des grands pouvoirs attractifs des surfaces des pôles, et de la probabilité d'une succession de décompositions et de recompositions dans tout le fluide. Suivant lui, les actions attractives .et répulsives peuvent être transmises de la ^surface métallique sur toute rétendue du liquide soumis à l'action de la pile, d'une molécule à une autre de même genre, et diminuant d'intensité, depuis les pôles jusqu'au milieu^ qui se trouve à l'état neutre.
§ II. Théorie de M. Delarwe.
591. M. Delarive (i) fait dépendre les décompositions électro-chimiques de Teau et de toute autre substance, d'une combinaison de leurs éléments avec les électricités partant des pôles, de manière à faire naître un jeu d'affinités entre la matière et l'électricité; le courant positif en se combinant avec l'hydrogène ou les bases qu'il rencontre, laisse en liberté l'oxigène et les acides , et emporte au pôle négatif les substances auxquelles il est uni ; mais ariivée au terme de sa course, l'électricité abandonne sur la surface du métal les substances qu'elle transporte pour pénétrer elle-même dans le métal , qui ne peut leur donner passage. L'électricité du pôle négatif, qui met également en liberlé.riiydrogêne et les bases, se combine avec l'oxigène et les acides, les entraîne vers le pôle positif et les y dépose.
M. Delarive pense que les portions qui sont décomposées sont celles qui se trouvent contiguës aux deux pôles, et que les portions qui sont au milieu n'éprouvent aucun effet et ne servent seulement qu'à conduire l'électricité, ainsi que les éléments de la matière qui sont transportés aux pôles. Le physicien génois fait observer que les décompositions électro-chimique& ne sont pas dues à la tension électrique dans laquelle le liquide est
(i) Annales de Chimie et de Physique, t. xxviii.
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supposé se constituer, attendu qu'il n'y a aucune décomposition quand on plonge uniquement dans le liquide l'un des pôles de la pile ou les deux pôles opposés de deux piles différentes. Voici les principaux faits sur lesquels repose sa théorie:
Sgti. Pour prouver que la masse totale du liquide ne se partage pas, comme on l'a supposé, en deux portions, l'une positive et l'autre négative , M. Delarive a opéré la décomposition dans un vase séparé en trois compartiments par des diaphragmes en vessie, qui empêchaient le mélange des solutions salines contenues dans chacun d'eux. Il a versé dans chaque compartiment une solution de chlorure de sodium colorée en bleu. Ayant plongé les deux électrodes dans les cases extrêmes, il a trouvé qu'il n'y avait que les liquides de ces cases qui eussent changé de couleur; la couleur du liquide contenu dans la case du milieu n'avait éprouvé aucune altération sensible.
M. Delarive s'est demandé quelle était la molécule d'eau décomposée; était-ce la molécule d'eau en contact avec le pôle plus, ou bien celle qui se trouvait en contact avec le pôle moins ? Étaient-ce toutes les deux ou une molécule intermédiaire? Il prit un tube de verre, d'un pouce de diamètre environ, fermé à ses deux extrémités et partagé, comme ci-dessus, en trois compartiments. Dans chaque compartiment plongeait un tube vertical, d'un diamètre assez fin , servant h indiquer lès différences de niveau survenues dans le liquide de chaque compartiment. Les deux électrodes ayant été placées dans les deux cases extrêmes, il obtint les résultats suivants: l'eau pure ne donna aucun résultat, à cause de l'effet observé par M. Porrett; les solutions salines présentèrent aussi un inconvénient, en raison de la différence qui existe entre le volume occupé dans la solution par la base transportée à l'un des pôles et le volume occupé par l'acide à l'autre pôle. Néanmoins, M. Delarive a déduit de ses expériences que ce sont les portions du liquide contiguës à chacun des pôles qui sont décomposées.
378 THléORIS DC M. DELARIVE.
Il a confirmé encore ce résultat en opérant avec des . conducteurs liquides hétérogènes, et mettant, par exem-
{)Ie, une solution d'hydrochlorate d'ammoniaque dans es cases extrêmes, et une solution de sulfate de zinc dans la case intermédiaire; dans ce cas les éléments de la solution ammoniacale ont été seuls séparés ; le contraire a eu lieu en plaçant une solution de sulfate de zinc dans les cases extrêmes.
M. Delarive s'est demandé ensuite ce que devenaient l'hydrogène et l'alcali des molécules décomposées au pôle positif, l'oxigène et l'acide des molécules décomposées au pôle négatif. C'est ici où, après avoir combattu les théories qui ont été mises en avant par divers auteurs, il a senti la nécessité d'admettre l'existence de deux influences ou courants, l'un partant du pôle positif, l'autre du pôle négatif, influences qui, considérées dans leur ensemble, constituent le courant voltaîque. Le courant qui sort du pôle plus, réagit sur la molécule contiguë, s'empare de son hydrogène, si c'est de l'eau, de sa base, si c'est un sel, et laisse l'oxigène et l'acide, qui alors se dégagent. Ce courant, en se rendant au pôle négatif par une force d'impulsion, transporte avec lui, à travers le conducteur humide^ comme nous l'avons dit, les molécules avec lesquelles il est combiné; mais ne pouvant traverser avec elles un conducteur solide , il les abandonne en entrant dans le pôle positif. Le confiant négatif agit de la même manière sur l'oxigène et l'acide de la molécule qu'il rencontre en sortant du pôle négatif.
D'après cet exposé, M. Delarive fait donc dépendre les phénomènes de décomposition et de transport par la pile, d'un jeu d'affinité entre les éléments des corps e les courants électriques.
11 s'est demandé ensuite en vertu de quelle for peut avoir lieu cette attraction des courants pour / molécules; mais il n'a pas cherché à résoudre ce question faute de documents convenables.
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