‹ Traité complet du magnétisme (volume 4)Chapitre 107 sur 127 · DOCTRINE ÉLECTRO-CHIMIQUE DE M. FARADAY · texte numérisé non relu

DOCTRINE ÉLECTRO-CHIMIQUE DE M. FARADAY

15 r'. Sur la quantité d'électricité que Ton suppose unie aux atomes de la matière.

SgS- Nous ignorons ce que c'est qu'un atome et en quoi consiste Taffinité chimique; cependant un grand nombre de faits nous montrent que les forces qui la constituent ont des rapports intimes avec les pouvoirs électriques qui se manifestent à l'instant où elles s'exercent. C'est à la recherche de ces rapports que nous devons nous attacher, si nous voulons arriver à la connaissance des affinités. Ce qui tend encore à assimiler leurs actions à celles des forces électriques, c'est le fait bien constaté que les pouvoirs chimiques sont définis comme l'action chimique de l'électricité.

M, Faraday a cherché si Ton ne pourrait pas déterminer la quantité d'électricité que l'on suppose unie aux atomes de la matière; pour y arriver, il fait observer qu'une quantité considérable d'électricité, sou$ forme de courant, ne décompose que peu d'éléments; par exemple, un grain d'eau acidulée exige, pour sa décomposition, un courant électrique continu pendant 3 minutes 45 secondes, lequel est suffisant pour maintenir à la chaleur rouge, dans l'air, pendant le même temps, un fil de platine de -—^ de pouce de diamètre. Quelle prodigieuse quantité d'électricité mise en mouvement pendant ce temps, quand on songe à

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son excessive vitesse ! Si l'on considère, d'un autre côté, suivant M. Faraday, que le rapport entre la conduction de l'électricité et la décomposition de l'eau est si intime, que l'une ne peut avoir lieu sans l'autre; que pour une quantité définie donnée d'électricité qui passe, il y a éga- , lement une quantité définie et constante d'eau ou de toute . autre matière de décomposée, et que l'agent électrique est employé seulement à vaincre les pouvoirs électrochimiques dans les corps soumis à son action (ce qui permet de tirer la conséquence que la quantité. qui passe est au moins égale à celle que possèdent les molécules séparées ; c'est-à-dire que si le pouvoir électrique qui tient combinés les éléments d'un grain d'eau pouvait devenir un courant, il serait égal au courant qui est nécessaire pour séparer les éléments du grain d'eau), n'est-on pas en droit de conclure de toutes ces considérations que le pouvoir électrique , qui appartient naturellement aux particules de la matière, est tellement intense, que l'esprit ne peut s'en faire une idée nette?

594* En supputant la quantité d'électricité libre qui correspond à celle qui est fournie par un courant dans un temps donné, M. Faraday (i) pense, d'après les expériences qu'il a faites, qu'il serait nécessaire d'employer 800,000 charges d'une batterie électrique , composée de 8 jarres égales, de 8 pouces de hauteur et de a3 pouces de circonférence, et chargée avec trente tours d'un plateau d'une puissante machine électrique, pour remplacer la quantité d'électricité qu'il faudrait pour décomposer une simple molécule d'eau , c'est-à-dire pour égaler celle qui est naturellement associée aux éléments de cette molécule d'eau, et qui constitue leur mutuelle affinité chimique. Nous reviendrons sur cette évaluation, en parlant de la vitesse de l'électricité dans la décharge, de la pile. L'expérience suivante tend à prouver la haute condition électrique des molécules de là matière, et

(1) Transact. phil. , i834 , p. 119.

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