‹ Traité complet du magnétisme (volume 4)Chapitre 117 sur 127 · CHAPITRE V. 4lS · texte numérisé non relu

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lès actions chimiques, en suivant toujours le même plan.

Nous savons que, lorsqu'un acide se combine avec un alcali , le premier prend de réiectricilé positive , et le second de l'électricité négative; ces deux électricités, en se recombinant immédiatement dans la liqueur^ reforment du fluide neutre , et produisent autant de courants partiels qu'il y a de particules agissantes. Or, cette multitude de petits courants ne pouvant traverser le liquide à la surface de contact sans éprouver une résistance proportionnée à leur nombre, il en résulte une élévation de température qui est en rapport avec l'énergie de l'action chimique.

Dans les décompositions électro-chimiques, les effets électriques sont inverses , c'est-à-dire que l'acide prend réiectricité négative , et l'alcali Télectricité positive.

De cette différence d'effets nous concluons, comme nous l'avons déjà fait pour la force d'agrégation, que si réiectricité ne constitue pas les affinités, elle est du moins indispensable à leur manifestation, puisqu'elle se montre toujours quand celles-ci s'exercent, soit dans les combinaisons, soit dans les décompositions.

Les acides, avons-nous dit, quand ils se combinent avec les alcalis, prennent de l'électricité positive, et de l'électricité négative quand ils s'en séparent. Ils se comportent donc, conformément aux idées de M. Ampère, comme des corps éminemment négatifs^ entourés d électricité positive, dont ils se débarrassent dans les combinaisons, pour la reprendre à l'éther ou aux corps environnants dans les décompositions en leur laissant l'électricité négative; d'où résultent des effets électriques contraires. Les alcalis, par la même raison, se comportent comme des corps éminemment électro-positifs. Cette explication est certainement très-^séduisante , et elle a beaucoup de faits en sa faveur. Elle nous permet aussi de concevoir comment les atomes peuvent rester en contact dans les combinaisons, puisque cette permanence dans le contact ne serait que le résultat des actions

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contraires exercées par les deux atomes ne possédant pas chacun la même espèce d'électricité; mais nous lui opposerons une observation qui ne s'accorde pas avec cette électricité inhérente aux atomes; obâervation déjà ancienne, que M. Faraday a si bien développée, savoir, que l'énergie de Faction décomposante de la pile est en rapport direct avec Taffinité chimique des substances sur lesquelles elle agit, c'est-à-dire qu'une substance ne peut être transportée , ou passer d'un pôle à l'autre, qu'autant qu'elle est en rapport avec quelque autre élément tendant à passer dans une direction opposée. Ce fait, qui est incontestable, prouve, suivant nous, que l'état électrique des atomes dans les composés, que nous avons reconnu être essentiel à leur existence, dépend uniquement des affinités en vertu desquelles leurs parties constituantes se sont réunies, de sorte qu'une de ces parties, considérée isolément, ne saurait être influencée par un courant. Mais, quoique la base fondamentale de la théorie de M. Ampère ne puisse être admise, c'est-à-dire l'état électrique permanent des atomes , lequel est dissimulé par la présence d'atmosphères d'électricité contraire, nous sommes cependant forcés d'adopter quelques-unes de ses vues ultérieures, comme on va le voir; en effet, tous les faits observés jusqu'ici tendent à prouver qu'à l'instant où l'action chimique s'exerce entre un acide et un alcali, les particules acides, qui sont toujours environnées d'une certaine quantité de fluide naturel dépendante de leur nature, perdent leur électricité positive et conservent leur électricité négative , qui fait corps avec elles tant que dure la combinaison , tandis que dans la décomposition, les mêmes particules recouvrent leur électricité naturelle en prenant aux corps environnants l'électricité positive dont elles ont besoin pour neutraliser l'électricité négative qui constituait leur état de combinaison. C'est par un motif semblable que les particules alcalines, à l'instant de leur combinaison avec les acides, s'entourent d'atmos-

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pbères d'électricité positive, dont l'intensité est égale à celle des attnosplières d'éiectricitt négative des paitîcules acides. Quand la combinaison est effectuée, l'action de ces attnosphèies se trouve uatur<.Hement neutralisée par leur attraction réciproque , qui maintient le contact. D'après cela , l'électricité n'est doue qu'un effet résultant de i'aolion des affinitcs; mais un efTet qui est indispensable à la permanence di'S combinaisons, puisqu'on enlevant cette électricité on détruit celles-ci. Les pbénomcnes relatifs aux décompositions électro-cbi iniques viennent confirmer celte manière de voir.

Si l'on avait un moyen rigoureux de mesurer l'intensité on ne changera rien, on pourrait comparer eu.'iembie tes afîinités chimiques des corps; les dérouvertes récentes de MM. Faïaday et Wheatslone laissent entrevoir l'époque où l'on opérera cette détermination.

L'enchauiement est tel entre les forces électriques et les affinités, que, lorsqu'on affaiblît l'action des premières, on diminue dans le mCine rapport l'action des secondes, et qu'en anéantissant celles-là, on détruit également les dernières. H existe donc entre elles un rapport tel que l'une ne peut exister sans l'autre.

Si les particules des corps acides ou alcalins étaient aussi fortement électro-négatives ou électro-positives quiî le pense M, Ampère, un acide ou un alcali dissous dans l'eau devrait montrer une certaine aptitude à se rendre au pôle positif ou au pôle négatif, en raison de son électricilé propre; mais l'expérience prouve que la tendance de l'un ou de l'autre poui' se rendre à l'un des pôles est inappréciable. Cette remarque u'est nullement favorable à l'opinion du physicien français. Nous concevons actuellement comment la chaleur peut exalter les pi-opriétés chimiques des corps; en mettant en mouvement l'élictricitc, elle peut, jusqu'à un certain point, augmenter l'intensité des atmosphères, et par suite l'at- Iraction des molécules qui en est dépendante. Jusqu'ici il n'a nullement été question de ce qui se passe dans le contact de deux corps, non suivi d'une combinaison.

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Nous voilà ramenés naturellement aux effets électriques de contact dont l'existence a été combattue par tous les partisans de la doctrine électro-chimique. Quant à nous, le lecteur a pu voir que nous nous sommes rangés sous la bannière de ces derniers; mais nous ajouterons cependant que nous pensons qu'il peut très-bien se faire que lorsque deux corps sont en contact, les affinités commencent à exercer leur action, avant qu'il y ait combinaison, et qu'il en résulte des effets électriques par suite du trouble qui survient dans la position d'équilibre des molécules; nous jetons seulement cette idée en avant.

Dans les composés chimiques, avons-nous dit, les atomes hétérogènes sont entourés d'atmosphères électriques dont la nature dépend de celle de ces atonies et qui sont essentielles à l'existence de ces composés, puisque ce sont elles qui paraissent maintenir leur contact. Nous pouvons expliquer maintenant l'action décomposante de la pile; mais comme les effets de chaleur doivent toujours être pris en considération dans l'explication des phénomènes électro-chimiques, nous devons rappeler d'abord, en raison de ses conséquences, une expérience intéressante de Davy (438), qui prouve que, dans les décompositions opérées avec la pile, la chaleur dégagée dépend moins du pouvoir conducteur de la solution que de l'énergie avec laquelle s'effectuent ces décompositions. Ce fait nous indique, conformément aux idées énoncées précédemment sur la chaleur, que plus l'action chimique est active, plus il y a d'électricité mise en liberté, et plus aussi il y a de fluide neutre de réformé et par conséquent de chaleur dégagée.

6if\. Avant de donner la théorie des décompositions électro-chimiques, nous croyons devoir présenter encore quelques considérations sur les causes d'où elles peuvent dépendre; ne perdons pas de vue d'abord que les particules acides sont entourées d'atmosphères d'électricité négative, qui exercent une action attractive et neutralisante sur les atmosphères d'électricité positive, propres aux particules alcalines. Celte

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Neutralisation, qui est analogue à celle que Ton pbsenre dans deux corps mauvais conducteurs en contact, chargés d'électricité contraire, n'empêche pas que les particules, quand on les sépare, ne reprennent, les unes et les autres, aux milieux environnants, les électricités contraires, dont elles ont besoin pour recomposer Félectricîté naturelle propre à chacune d'elles. D'un autre côté, les expériences de M. Nobili, sur les apparences électro-chimiques, nous apprennent que ces apparences serefoulent, comme si les anneaux dont elles sont formées étaient forcés de reculer les uns sur les autres. Or, iious savons par les expériences de M. Ampère , que les parties successives d'un même courant se repoussent, et tomme les observations de M. Nobili nous montrent aussi que les éléments transportés par ce courant participent à la même répulsion, cet effet ne peut avoir lieu qu'autant que les éléments sont, en quelque sorte, combinés avec le courant. Nous avons déjà dit que, dans la décomposition d'un sel, Tacide prenait l'électricité négative, et la base l'électricité positive; il résulte de là, qu'à l'instant où la particule acide est à l'état naissant, elle est éminemment négative, attendu qu'elle n'a pas encore repris fiux corps environnants réleclricité positive qui lui est nécessaire pour reformer son fluide neutre et rentrer, par conséquent, dans l'état naturel. Si donc, lorsqu'elle a repris son état naturel, on la rend négative, elle se trouve dans la même position que si elle était à l'état naissant.

6i5. L'électricité positive en mouvement forme-t-elle un courant dirigé dans un sens, et l'électricité négative un courant dirigé en sens contraire, lesquels courants, en raison de la différence dans leur mode d'action, constituent un courant unique? On a prétendu qu'il ne pouvait pas en être ainsi, attendu qu'on n'a jamais pu encore isoler un courant de l'autre. Nous demanderons d'abord comment on a fait pour isoler ces deux courants, et s'il y a possibilité de reconnaître si un courant a été séparé de l'autre. Nous savons , d'un autre

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côté, que rélectricité positive libre traverse plus facilement les milieux résistants que l'électricité négative; que l'électricité voltaïque en mouvement jouit de la même propriété : d'après cela , n'est-on pas en droit d'admettre que l'électricité positive en mouvement jouit de propriétés qui ne sont pas identiquement les mêmes avec celles qui sont propres à l'électricité négative également en mouvement. Cette considération a été négligée jusqu'ici par les physiciens qui ont essayé de rendre compte de l'action chimique de l'électricité.

L'expérience prouve, sauf très-peu d'exceptions , que toutes les fois qu'un courant suffisamment énergique traverse une solution , il opère la séparation de ses parties constituantes. Doit-on en conclure réciproquement que, si une solution ne transmet pas un courant, c'est qu'elle ne peut être décomposée par lui : cela a lieu en général, mais cette conclusion ne parait pas vraie dans tous les cas ; en effet, parmi les corps solides, il y en a qui sont conducteurs et ne sont pas décomposée, tels que les métaux, le charbon, etc.; et d'autres qui ne sont pas conducteurs et ne sont pas par conséquent décomposés, tels que le verre, le soufre, les résines, etc. L'électricité peut donc cheminer, dans les premiers, sans avoir besoin pour cela de transporter avec elle des éléments matériels : pourquoi n'en serait-il pas de même dans les corps liquides, dont la constitution est la inême, sauf l'état d'agrégation qui n'est pas semblable. S'il y a presque toujours décomposition dans ces derniers, il peut se faire que cela tienne à ce que la force d'agrégation étant très^diminuée, les affinités entre les particules sont plus facilement vaincues. Nous ne prétendons pas que le principe de M. Faraday soit faux, mais nous ne pensons pas , en bonne logique , qu'il puisse être admis sans réserve.

616. Ces préliminaires posés, nous envisageons ainsi l'action décomposante de l'électricité. Considérons d'abord l'effet produit par l'action d'un seul couple , zinc et cuivre, sur l'eau pure acidulée ou alcaline, peu importe,

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