CHAPITRE V. ^2t
attendu que l'électricité produite est due uniquement à l'oxidation du zinc et à la décomposition de l'eau. Quand le zinc plonge dans cette eau, il réagit sur elle, de manière à opérer très-lentement sa décomposition, d'où résulte un dégagement d'électricité; Foxigène, en se séparant de l'hydrogène pour se combiner avec le métal , emporte avec lui son atmosphère d'électricité négative; mais la particule zinc ayant besoin d'une atmosphère d'électricité positive pour constituer sa combinaison avec l'oxigène, chasse dans les corps environnants son électricité négative, qui est égale en intensité à celle de l'oxigène, laquelle se rend dans le cuivre aussitôt que le contact avec l'autre métal est établi , et débouche ensuite dans le liquide. Mais l'hydrogène à l'état naissant, se trouvant enveloppé d'électricité positive, est transporté par l'effet du courant jusqu'au cuivre, où il reprend l'électricité négative, dont il a besoin pour reformer son électricité naturelle. Sans le contact du cuivre, l'action est faible et lente, attendu que l'affinité deM'oxigènc pour, le zinc est contre-balancée par son action sur Inydrogène; avec le contact, elle est au contraire énergique et rapide, parce que les deux, forces électriques, qui servaient à maintenir la combinaison de l'oxigène avec l'hydrogène, devenant libres et agissant dans un sens opposé à celui de leur action primitive, sont employées à détruire cette même combinaison.
Passons au cas où le courant est produit par une pile voltaîque; l'explication de la décomposition ne présente non plus aucune difficulté, si nous admettons que ce courant est le résultat d'un mouvement ondulatoire imprimé au fluide que nous appelons électricité naturelle; en effet, aussitôt que l'électricité positive débouche dans la solution , elle doit imprimer également à l'électricité positive inter-moléculaire du composé une impulsion semblable à celle qui l'anime. Or l'électricité positive ne peut être déplacée qu'autant qu'elle emporte avec elle les molécules d'hydrogène dont elle constitue l'atmosphère. Ces molécules seront donc forcées de voyager du pôle po-
4aa THléORIE CHIMIQUE BE l'aUTEUR.
Bitif au pôle négatif, Quelles seront arrêtées parce qu'elles ne pourront traverser la lame de métal comme rélectricité positive; de même rélectricité négative qui est en mouvement emporte avec elle les molécules d^oxigène qui sont transportées par le courant jusqu'à la lame positive, où elles deviennent libres. Bien entendu que les deux molécules d'hydrogène^ en quittant la molécule d'oxigène, pour se rendre au pôle négatif, se combinent momentanément avec la molécule d'oxigène, qui est elle-même emportée vers le 'pole positif par l'électricité négative; ainsi de suite.
Il résulte de ce mode d'actions une suite de décompositions et de recompositions chimiques de molécule à molécule jusqu'aux lames métalliques, où la décomposition devient définitive.
Aussi les portions de la solution qui sont contiguês aux lames décomposantes doivent -elles éprouver les premières les effet:? de la décomposition , comme l'a observé M. Delà rive.
617. Toutes les considérations que nous venons de présenter montrent bien qu'il existe une identité complète entre les affinités et les forces électriques, en ce sens que l'électricité, qui est associée aux particules d'un composé chimique, maintient l'action des affinités et représente par conséquent la force qui tient unies ensemble les particules , de telle sorte que, pour vaincre ces affinités et séparer ces particules, il faut employer un courant électrique au moins égal à celui que produiraient les deux électricités qui leur sont associées, si elles devenaient libres. Nous n'en concluons pas pour cela la conséquence que la cause des affinitésest purement électrique, attendu que tous les faits observés jusqu'à présent prouvent seulement que les forces électriques, qui concourent au maintien des combinaisons, se développent par l'action des affinités; cVst donc un effet qui devient la cause de la permanence du contact des particules. Voilà, en général, comme il faut envisager le rôle que joue l'électricité dans les actions chimiques.