CHAPITRE tl. I
qui jouissent (te la propriété en question ; le charbon , la pierre ponce, la porcelaine, le verre, le cristal de roche, à des températures moindres que 35o degrés , se comportent comme l'éponge de platine ; 8® la configuration des corps influe tellement sur les résultats, que Ton trouve une différence très-notable entre les quantités d'eau formées dans le même temps, avec des fragments de verre, selon qu'ils sont anguleux ou arrondis; 9® les liquides ne paraissent pas partager cette propriété. Le mercure en ébullition ne produit même aucun effet mesurable dans l'espace de 6 heures; lo^ des fils de platiné neufs, de -^ de millimètre de diamètre, ne s'échauffent pas à la température de l'atmosphère , mais ils jouissent de cette propriété, quand on porte leur tempéra|ure à 3oo degrés. En faisant agir le même fil, à plusieurs reprises , il devient actif à 5o ou 6o degrés ; 1 1® le même fil, plongé pendant quelques instants à froid ou à chaud dans de l'acide nitrique, puis lavé et chauffé, agit à la température ordinaire. Les acides sulfurique et hydrochlorique produisent le même effet, mais à un degré moins marqué, surtout le dernier. Cette propriété -se conserve quelques heures à l'air libre, et pendant plus de vingt-quatre heures dans des vases fermés. Un courant d'air atmosphérique d'oxigène, d'hydrogène ou d'acide carbonique sec, la détruit dans le même espace de temps; la*^ les alcalis n'enlèvent pas au fil la propriété qui lui a été communiquée par l'acide nitrique; i3^ de la limaille de platine, nouvellement faite, agit pendant une heure ou deux d'une manière décroissante, mais il suffit pour lui rendre sa faculté de la chauffer au rouge ou de la mettre en contact avec l'acide nitrique.
4io. Jusque-là, les physiciens n'avaient pas cherché à "^dre actives les lames de platine qui avaient cessé d'apr sur le mélange détonnant, en les soumettant à des ™uences électriques; M. Faraday (i) a fait, à ce. sujet,
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-psi (0 Transact phil., i8a4 , p. 5$.
f f 4 l^OUV. DES MET. |ET nVuX&E^ CORPS SOL.^ ETC.
\me série d'expériences que nous allons rapporter et dont le$ résultats jettent un grand jour sur les observations intéressantes de MM. Dulong et Thénard.Il a été conduit à faire ces expériences en cherchant à expliquer pourquoi les gaz qui résultent de la décomposition de Veau, disparaissent peu à peu dans les tubes où on les recueil* lait. Voici comment on observe ce phénomène :
On fixe deux lames de platine à Textrémité supérieure d'un tube de verre , que Ton fermé ensuite hermétiquement à cette extrémité, comme l'indique la fîg. 69. Ce tube, qui a environ 1 2 pouces de lougueur et trois quarts de pouce de diamètre^ est rempli d'une solution étendue d'acide sulfurique et renversé dans une coupe contenant la même solution. L'appareil est mis en communication avec une pile voltaique pendant un temps nécessaire pour que les ^ du tube soient remplis d'oxigène et d'hydrogène ; supposons qu'il s'en trouve 4^ parties, on interrompt alor^ l'action de la pile; le volume des gaz commence aussitôt à diminuer, et quelques heures après il ne reste plus que Imparties et demie, qui finissent par disparaître. M. Faraday s'étant assuré que ces effets ne pouvaient provenir de quelque fuite, fut forcé de les attribuer à l'action dé l'une ou des deux lames de platine sur les gaz qui le$ environnaient. Pour savoir laquelle des deux lames agît dans cette circonstance , on les retire et on les introduit chacune dans des tubes séparés contenant un mélange d'oxigène et d'hydrogène; on trouve alors que le pôle positif est celui qui agit le plus efficacement ppur dÔfeo tuer la combinaison des deux gaz.
Pour trouver d'oii peut dépendre cet effet, on pitfi^ plusieurs plaques de platine (fig. 70) assez ipinceS|.d^ deux pouces et demi de longueur et de demi-pouçe a^ largeur, fixées à l'extrémité de fils de platine, d'ej|viroW 7 pouces dé long, et des tubes de verre de 9 ou 10 pQUÇ«* de longueur^ gradués et fermés hermétiquement ^ u^**
de leurs extrémités. Ou fait passer dans ces tubes rer*^* plis d'eau un mélange de deux volumes d'hydrogène ^* d'un volume d'oxigène, puis l'on iutroduit dedaa.^»
aprè$ avoir été lavées , les plaques, qiii pnl été mises ea communicatioD avec le pôle positif ou négatif de la pile, par l'intermédiaire d'un liquide.
En soumettant à l'expérience la lame positive, M* Fçiw raday a trouve que le volume du gaz a commencé aussitôt à diminuer ; l'extrémité supérieure est devenue tout-àfait chaude, sa température s'est élevée suffisamment pour feire entrer l'eau en ébuUition. Cette action de la lanfie positive est plus- efficace sur le mélange détonnant que 9ur tout autre.
Ub mélange d'un volume de gaz nitreux et d'un volume d'hydrogène, soumis au même mode d'expérimen-» tation, n'éprouve pas de changement sensible au bout d'une heure , mais 36 heures après il y a une diminution d'environ ^ dé volume.
Un mélange de deux volumes d'oxide nitreux et d'un volume d'hydrogène. éprouve, au bout de 36 heures, une diminution d'un quart.
Le pouvoir des plaques positives, quoique diminuant graduellement, peut être conservé pendant un temps dont la durée dépend de certaines circonstances. En ajoutant dans les tubes où se trouvent les plaques une nouvelle portion de mélange détonnant, on trouve que leur action continue pendant plus de 3o heures; conservées dans des vases fermés, elles manifestent encore leur ao« tioQ 8 jours après, tandis que celles qui restent expoléea à l'air libre la perdent en la heures. Une des placées a conservé sa faculté pendant 4o heures, après être restée pendant 48 heures dans la solution d'acide sulfiirique ou une solution de potasse caustique. Les mêmes plaques qui avaient été laissées pendant le méipe temps dans de l'eau distillée, n'exerçaient qu'une action trèsbible, tandis qu'elle^ conservaient toutes leurs facultés lorsque Teau avait été distillée deux fois.
M. Faraday a reconnu que plus les plaques étaient Muinises à l'action des gaz, plus elles retenaient longtemps le pouvoir d'opérer la combinaison.
Une pUque qui avait cessé de fonctionner avec la
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pile, et qui était très-active après avoir été lavée, fut maintenue pendant 1 2 ou 1 5 minutes dans de Teau distillée; son action fut alors si vive, qu'elle détermina l'explosion du mélange détonnant : dans ce cas , l'eau s'était emparée de l'acide qui adhérait à la plaque. Des lames conservent leur propriété après avoir été lavées et essuyées avec du linge ou du papier à filtrer; il eu est encore de même quand on les expose à une température rouge , à la flamme d'une lampe à alcool ; mais elles deviennent moins actives quand la flamme contient un peu d'acide, ou que la mèche renferme des sels ou d'autres matières étrangères.
La solution d'acide sulfurique n'est pas la seule qui communique à la lame positive la faculté que nous venons de lui reconnaître; l'acide nitrique, l'acide acétique, des solutions d'acide tartrique, citrique, oxalique, produisent également des effets bien marqués. Avec l'acide hydro-chlorique , l'effet est faible. Les solutions neutres de sulfate do soude et de nitrate de potasse se comportent comme les solutions acides. M. Faraday ayant cherché si" l'on ne pourrait pas faire acquérir aux. plaques négatives le même pouyoir, fit l'expérience suivante : trois plaques négatives, qui étaient restées plongées piendant [\ minutes dans de l'acide sulfurique, furen' lavées dans de l'eau distillée et placées dans le mélang* détonnant; elles agirent toutes trois, quoique moins foi tement que les lames positives; l'effet fut plus marqu quand on les laissa séjourner dans l'eau distillée pei dant 1 o ou 12 minutes.
4i I. Ces plaques ayant cessé d'agir quand l'acide re fermait des substances qui pouvaient être précipitées j l'action de la pile, M. Faraday supposa que la propn dont nous étudions les effets, sur la lame positive platine^ ne dépendait pas essentiellement de l'action cette pile, mais était inhérente en tout temps au tine, et qu'elle ne se manifestait que lorsque sa sur était parfaitement nette ; l'action de la pile ne sen donc qu'à décaper les surfaces. Pour vérifier cette