CHAPITRE II
jecture^ il chercha à obtenir les mêmes effets sans employer la pile. Ayant effectivement décapé avec beaucoup de soin une plaque de platine, en la frottant avec un morceau de liège et de l'eau , ou avec tout autre corps, et l'ayant lavée, il la trouva d'abord faiblement active dans le mélange détonnant; mais peu après son action devint plus énergique; l'action cependant ne fut jamais aussi puissante que lorsque les plaques avaient servi de pôle positif à la pile. Cette expérience et d'autres analogues lui permirent de conclure que lorsque la surface du platine est très-nette, elle peut déterminer la combinaison de l'oxigène et de l'hydrogène à la température ordinaire.
Des lames de platine qui n'exercent aucune action deviennent actives en les faisant rougir à la flamme d'une lampe à alcool ; d'un autre côté , M. Faraday a reconnu que des plaques non actives qui avaient été chauffées restaient inactives comme avant : il est probable que dans ce cas la surface du métal se trouve salie par des matières qui y adhéraient avant et que la chaleur n'a pas enlevées, ou par des matières provenant de la flamme ou de l'air lui-même.
Des plaques de platine inertes , chauffées dans une solution de potasse caustique, agissent sur le mélange détonnant ; mais quelquefois elles sont sans action : ce dernier effet doit se produire toutes les fois que la potasse, n'enlève pas les corpuscules qui adhèrent à leurs surfaces. Les acides exercent en général une action plus constante que les alcalis.
Pour faire acquérir au platine la puissance la plus forte, il faut le traiter à chaud d'abord avec la potasse Rustique, ensuite avec l'acide sulfurique, puis le laver dans leau distillée. L'or et le palladium se comportent comme le platine; le palladium surtout agit rapidement, l'argent et le cuivre ne montrent aucun effet aux températures ordinaires. Peut-être ce résultat négatif tient-il J ce que la surface de ces métaux se couvre rapidement a l'air d'une légère couche d'oxide.
1 1 8 POUV. DES MET. Et B'AtJTlltS CORPS SOL. , ETC.
411. Toutes les tentatives que Ton a faites pour t*«ëôkinaître la présence de rélectricitë dans rexpérience de M. Dobereineret dans celles qui Font suivie, ne pouvaient manquer d'être infructueuses. En effet, l'éponge de platine détermine la combinaison de Toxigène et de Tliydrogène; pendant qu'elle s'effectue , l'oxigène laisse échapper de réiectricité positive et l'hydrogène de l'électricité négative ; ces deux électricités se recombinent par l'intermédiaire du platine : dès lors il est impossible de recueillir de réiectricité libre ni d'observer des courants, puisque ces courants circulent dans toutes sortes de directions autour de l'éponge.
Quelle est donc la nature de cette action qu'exercent les métaux sur les gaz combustibles, pour les forcer d'abandonner leur état élastique? La force qui détermine cette action a un développement progressif, qui agit d'abord plus puissamment dans les parties de lâ^. masse métallique oii les dimensions sont les plus petites ^ et ensuite dans la direction des angles et des inégalité -s qui peuvent exister à sa surface. Cette force doit êtr de la même nature que celle qui préside aux phénomène capillaires, chimiques, ainsi qu'aux actions oîi la fore d'agrégation est mise en jeu, etc. Elle est inhérente e métal, et ne dépend ni d'une condition particuliè qu'une cause quelconque lui aurait fait acquérir, ni l'état de ses molécules, puisqu'elle se manifeste lorsq la surface est parfaitement nette; on la retrouve enc< dans tous les corps à des degrés plus ou moins marqu comme l'ont observé MM. Dulong et Thénard.
Ces considérations ont porté M. Faraday à adme que, dans tous les corps, la sphère d'action des pî cules s*étend au-delà de celles avec lesquelles elles immédiatement combinées , et que cette action pn les effet*» qui ont été observés pour la première foi M. Dobereiner, et sur lesquels nous venons de d< de nouveaux développements. C'est elle aussi q termine la précipitation de l'eau atmosphérique .' surfaces des corps qui la retiennent avec force qu'il y ait cependant de combinaison chimique.