CHAPITRE II. tT
M. Faraday résume ainsi sou opinion : « Les modifi-
a cations de l'action du platine, quand il opère la com-
« binaison de foxigène et de Thydrogène, peuvent être
a établies selon les principes suivants : sous l'influence
a dxi défaut de pouvoir élastique et de l'attraction des
a métaux pour les gaz, ces derniers', lorsqu'on les asso-
« cie aux premiers, sont tellement condensés qu'ils se
a trouvent soumis à l'action de leur affinité mutuelle à
« la température ordinaire.
«L'absence du pouvoir élastique n'a pas seulement
« pour effet de les soumettre plus fortement à l'influence
a attractive du métal , mais les amène aussi à un état
« plus favorable pour les unir , en enlevant une partie
« de ce pouvoir d'où dépend leur élasticité, qui, dans
« les masses de gaz, s'oppose à leur combinaison. La con-
« séquence de leur combinaison est la production de la
« vapeur d'eau et une élévation de température ; mais
^ comme l'attraction du platine pour l'eau n'est pas plus
« grande que pour les gaz , la vapeur est rapidement
« dispersée à travers les gaz restants; de nouvelles por-
^ tions de cette dernière viennent donc se juxtaposer
« avec le métal , ainsi de suite. De cette manière l'ex-
« périence avance, et elle est accélérée par le dévelop-
« pement de la chaleur, qui facilite la combinaison en
* proportion de son intensité, de sorte que la tempéra-
^ ture est ainsi élevée jusqu'à ce qu'il en résulte de l'i-
« gnition. »
Cette doctrine est empreinte de grandes vues philosophiques, mais nous ne voyons pas qu'elle jette beaucoup de lumière sur la question relative à la cause première de tous les phénomènes d'attraction, et en particulier à . celle qui produit les effets que nous venons d'étudier ; car nous supposons depuis long-temps que les particules d un corps, après leur combinaison avec les particules d un autre corps , conservent encore un reste de pouvoir attractif auquel nous attribuons la force d'agrégation et tous les effets qui en dépendent.
Les expériences de M. Faraday sont néanmoins in-
laO POUV. DES MET. ET d'aUTRES CORPS SOL., ETC.
téressantes, puisqu'elles étendent nos connaissances sur une propriété qui a été l'objet des recherches de plusieurs physiciens; elles nous montrent bien que les métaux dont les surfaces ont été décapées par l'action des acides, des alcalis, de la chaleur ou de la pile, manifestent une puissance attractive capable de condenser les gaz et d'opérer la combinaison de ceux qui ont une grande affinité les uns pour les autres; mais elles nous laissent toujours dans l'ignorance sur la cause première du phénomène principal. Il en sera toujours ainsi quand on ne cherchera pas à connaître la nature de la force qui est inhérente aux atomes, et dont l'action constitue l'attraction. Or, nous pensons que la nature de cette force est éminemment électrique, et qu'en partant de ce principe on parvient à soulever une partie du voile qui couvre la plupart des phénomènes moléculaires. Nous consacrerons un chapitre entier à poser les base& de cette doctrine. En attendant, étudions les phénomènes de chaleur qui sont dus au passage de réiectricilê dans les corps, parce qu'ils doivent servir de base ? toute théorie électro-chimique, et tâchons d'en tire quelques inductions sur la cause de la chaleur en gêné rai. Mais comme ces phénomènes se lient à la perf qu'éprouvent les courants quand ils passent d'-un coi ducteur dans un autre ou qu'ils cheminent dans un con d'une certaine étendue, exposons d'abord tous les pri cipes qui peuvent nous conduire à la solution de ce' question.