‹ Traité complet du magnétisme (volume 4)Chapitre 31 sur 127 · DE LA CHARGE DE LA PILE · texte numérisé non relu

DE LA CHARGE DE LA PILE

§ 1*'. Des effets de tension de Ut pile.

4i3.Nous avons commencé à parler de la tension delà pile dans le second volume (pag. 1 4^-1 53), en annonçant l'intention d'y revenir quand nous nous occuperions des phénomènes électro-dynamiques. Nous avons maintenant tous les documents nécessaires pour en reprendre Ja* discussion^ et la continuer aussi loin que le permet * état actuel de la science.

L'action chimique paraissant être la cause détermi* liante du dégagement de Télectricité dans la pile, c'est ^ cette cause que nous devons nous attacher pour étudier tout ce qui s'y rapporte.

Nous savons que lorsque les deux fluides électriques sont séparés l'un de l'autre par le seul fait de l'action chimique, ils tendent toujours à se réunir pour former ^u fluide neutre en suivant tous les corps conducteurs <{ui se présentent à eux. Cette recomposition a lieu en plus ou moins grandes proportions, suivant la nature et '^conductibilité de ces conducteurs. La quantité d'élec- ^*}cité qui reste libre sur chacun des corps , et qui con- •^itue sa tension, se trouve donc dépendante de la plus ^^ moins grande facilité que possède l'électricité à pas- ^ d'un corps dans l'autre : c'est cette quantité qui ^happe à la recomposition pendant le temps que s'ef-

lia DES EFFETS DE TENSION.

fectue le dégagement de l'électricité. On arrive ainsi à une limite, qui est constante tant que les conditions de l'action chimique ne sont pas changées.

Voilà bien ce qui se passe dans un couple , mais en est-il encore de même dans une pile composée de la réunion de plusieurs couples? On peut répondre hardiment que oui; mais alors il faut admettre, comme nous l'avons déjà fait (pages 1 43-1 53), que lorsque les deux fluides se séparent, ils sont projetés avec une certaine force, qui leur permet de vaincre jusqu'à un certain point l'inertie des mauvais conducteurs qui se trouvent sur leur passage. Immédiatement après cette impulsion, les deux fluides jouissent chacun des propriétés que nous leur connaissons, c'est-à-dire qu'ils tendent à reformer du fluide neutre, en suivant tous les conducteurs contigus, mais en éprouvant des temps d'arrêt aux sur-— faces de contact des conducteurs. Pour simplifier L^^ai question, considérons plusieurs couples dont les eflfe^Lj de tension soient égaux; ce cas n'a jamais lieu, puL ^. qu'une foule de circonstances font varier l'intensité d^s effets électriques dans les actions chimiques; mais il nous sera facile de passer ensuite, comme l'a fait M. I>elarive, au cas oîi les cpuples ne sont pas identiquement les mêmes sous le rapport des effets électriques.

Prenons trois couples a, è, c, disposés de telle sorte que le zinc de b plonge dans le même liquide que le cuivre de a, et son ciiivre dans le même liquide que le zinc de c.

D*après les notions que nous possédons sur les effets électro-chimiques et que nous avons rappelées priecédemnftent, l'électricité positive du couple b^ qui provient de l'action chimique du liquide sur le zinc, &^ neutralisée par l'électricité négative qui est fournie p^ le cuivre de rt, dans la supposition, bien entendui ô^ l'action chimique est la même dans tous les couples. L*éte^ tricîté négative du cuivre de b neutralise égalenâentt ^ lectricité positive du zinc c. 11 restée donc ainsi un eiO ^ d'électricité positive dans le liquide où plongé lé %\ ^

de Hy ^ ud excès parfaitement égal d*ëlectricîté fiégdtive sur le cuivre de c. Quel que soit le nombre d'éléments^ on aura donc toujours à chacune des deux extrémités de la .pile un excès d'électricité contraire, qui sera égal à celui qui se trouve sur chacun des éléments d'un couple; mais il n'en est pas ainsi, puisque l'expérience prouve que la tension croît aux extrémités en raison du nombre des couples. C'est ici où l'on sent la nécessité d'admettre que, lorsque les deux électricités se séparent dans la réaction du liquide sur le zinc , le cuivre n'étant pas attaqué , l'électricité positive est chassée comme par une force d'impulsion vers l'extrémité zinc sur la couche humide, et l'électricité négative vers Textrémilé cuivre. Il résulte de là que la couche humide de chaque zinc et chaque cuivre acquièrent l'une et l'autre une tension électrique dépendante de leur rang, attendu que les électricités ayant perdu leur force d'impulsion ne peuvent plus vaincre aussi facilement l'inertie des mauvais conducteurs, et n'éprouvent plus que des recompositions partielles semblables à celle dont nous avons parlé plus haut. Cette manière de voir admet donc que les deux principes électriques ne se réunissent pas avec une promptitude égale à celle avec laquelle ils sont séparés. Comme lî^ question qui nous occupe est de la plus haute impor- ^tance pour l'électro-chimie, nous allons appliquer ces principes à des piles de deux, trois, quatre éléments.

4i4» Pour fixer les idées, supposons que lorsqu'un ^uple zinc et cuivre est mouillé par un liquide quelconque, ce liquide prenne un excès d'électricité positive -f- 1 , le zinc et le cuivre un excès — i ; ces deux quantités *P|^t pelles qui échappent continuellement à la recomposition, et dont les actions sont dissimulées tant que le <^uple est isolé; mais si l'on met le' cuivre en communication avec la terre , celle-ci lui enlève à chaque instant ^n excès — i,'de sorte que l'excès + i du liquide manifeste toutes ses propriétés. Ce couple étant isolé, la ^cezinc en haut, posons dessus un drap mouillé, puis ^Q QouvGâueouple^ dontla i#ce une soit en contact avec

ia4 DES EFFETS DE TEfVSIOIT.

un air humide : ou aura alors la distribution suivai dans laquelle le i*' cuivre devra avoir la tension — qui lui vient de la réaction du i^'^ zinc sur le c mouillé, plus la même tension qui lui vient du 2^ < vre ; de même, la couche humide qui adhère à la 1 face du a^ zinc devra avoir sa tension + i , plus c qui lui est transmise par le liquide du drap mouillé.

i**" cuivre I

c zmc« . . • • )

drap mouillé .,.•.. o

a® cuivre I

a zmc j

couche humide + a

Il n'y a que les deux extrémités qui ont des e: d'électricité contraire, dont la tension est égale au n bre de couples.

Dans une pile de trois couples , on^ aura , en ren quant que les tensions du cuivre doivent croître dan! sens et celles de la couche humide dans un autre ,

1*^ cuivre. . . . * 1 o

i*^ zinc é . . . . )

drap mouillé — i

a® cuivre 1

a zmc , j

drap mouillé. .:...• -f- i

3® cuivre )

zmc ) ,

couche humide +3

Enfin, dans une pile de quatre couples, on aura

er • *

J cuivre I /

1 zmc )

drap mouillé. — a

a* cuivre ) »

a zmc. • • • • • . )

drap mouillé.. ...... — o

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