CHAPITRE XV
dissous dans l'eau , l'alcool ou l'éther. Ce moyen consiste à mettre sur une face brillante de cuivre un mqrceau solide de ce composé, ou une goutte de sa solution, et d'y ajouter une goutte d'acide hydrochlorique. La réduction du mercure s'opère immédiatement. Le protochlorure de mercure étant lentement décomposé dans le creuset de platine, on doit employer le procédé suivant: on mêle une petite quantité du composé avec quelques gouttes d'acide nitrique étendu ; on fait bouillir un instant le tout dans un petit creuset de platine, et l'on
ajoute un peu d'eau, puis on met le zinc en contact, e mercure se téduit alors aisément.
567. M. Smitlison (i) a indiqué, il y a quelques années, un procédé pour constater la présence du mercure dans une solution , qui revient au précédent, et dont nous nous sommes servis souvent avec avantage.
On met sur une lame d'or les composés salins de mercure avec une goutte d'acide hydrochlorique et un morceau d'étain; il se forme aussitôt un amalgame d'or, qui masque la belle couleur de ce dernier métal.
Il est inutile d'ajouter de l'acide quand on opère avec une goutte de sublimé.
La réduction des métaux, par la méthode électro-chimique n'est pas altérée sensiblement par la présence de substances végétales et animales. Il était important de constater ce jfait, à cause des cas d'empoisonnement oîi l'on peut avoir recours à la méthode indiquée.
Si l'on mêle une petite quantité d'acide arscnieux solide avec diverses substances, telles que de l'amidon, du riz, du sucre, du lait, de l'albumine, etc., etc. , l'arsenic se précipite aisément sur le platine par l'addition de 'quelques gouttes d'acide hydrochlorique.
Toutes les substances organiques animales ou végétales donnent constamment le même résultat.
Avec le deuto-clilorure l'effet est encore le même, surtout
(i) Annal. d« Ch. «t de Pbj9.| t. xxi, p. 97.
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quand on y ajoute un peu d'acide hydrochlorique. lïous citerons. particulièrement l'expérience qui a été faite par M.Êd.Davy^avec du lait dans lequel il avait mis une trèspetite quantité d'une solution de sublimé corrosif. Ayant ajouté au mélange environ la moitié de son poids d'acide bydrochlorîque, il mit une petite quantité de ce liquide dans un creuset de platine , puis établit le contact avec le zinc. Peu de temps après le platine fut recouvert d'une couche grise de mercure. Ce résultat montre avec quelle facilité on peut reconnaître la présence du mercure dans des cas d'empoisonnement. Ce mode d'expérimentation est d'autant plus précieux , que l'on obtient les réactions çn peu de minutes. Nous rappellerons aussi que, lorsqu'il s'agit du mercure , le creuset et la lame de platine dorés sont préférables au platine pur. La présence des . matières organiques dans les sels à base de plomb et ^ cuivre ne met non plus aucun obstacle à la réducjïon du méiali
Il est probable que la méthode précédente est applicable aux. cas où les sels à base d'arsenic, de mercure, de plomb et de cuivre, se trouvent dans les mélanges les plus compliqués des substances organiques.
U sera nécessaire pour reconnaître les cas d'empoisonnement d'appliquer les observations précédentes au contenu et au tissu de l'estomac. Il n'y aurait d'obstacle que si les substances animales ou végétales résistaient à l'action des acides qui sont nécessaires pour le succès des expériences.
Composés de plomb. Les composés solubles sont facilement réduits à l'état "métallique par l'emploi de Ja jame de platine et de celle de zinc. Quant aux composés insolubles, tels que les oxides, le carbonate, le sulfate, etc., il faut les. mélanger préalablement avec de l'acide nitrique étendu, ou avec de l'acide hydrochlorique. Le plomb, qui est réduit dans cette circonstance, est ordinairement d'une couleur gris sombre, et n'offre le brillant métallique que lorsqu'on le frotte avec un corps dur. Sa cohésion avec le platine est en général si
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faible , qu'on peut enlever la plus grande partie déposée avec le doigt.
Composés de cuwre. Pour mettre le cuivre à nu, il suffit d une goutte de la solution d'un sel de cuivre et du contact du zinc; le métal réduit apparaît aussitôt sur le platine. Quant aux composés insolubles, il faut y ajouter une petite quantité d'acide hydrochlorique ou d'acide nitrique étendu. Le cuivre ainsi réduit offre la couleur et le brillant de ce métal. Quand la surface est terne, il suffit d'un léger frottement pour montrer l'apparence métallique. -
Nous devons à M. Sérullas un procédé électro-chîmique, à l'aide duquel on découvre les moindres traces . dubismuthdans une solution; l'ayant fait connaître avec assez de détails ( 460 ), nous n'y reviendrons pas.
§ V. Méthode pour essayer Vor et V argent.
568. Peu de temps après que nous eûmes analysé les effets électriques qui ont lieu dans toutes les actions chimiques, nous proposâmes l'emploi de ces effets pour essayer les matières d'or et d'argent (i). Voici le passage du Mémoire relatif à cette expérience : « Nous pouvons « reconnaître de très-petites quantités de cuivre dans «c l'or, et même déterminer si un or renferme plus d'aU « liage qu'un autre : en effet, servons-nous d'une cuiller « d'or parfaitement pur; soudons-la à un fil de platine, « qui vienne plonger dans l'une des petites capsule3 « remplies de mercure oîi aboutissent les extrémi-^ « tés du fil du galvanomètre ; versons dans cette « cuiller de l'acide nitrique, exempt de gaz nitreux, et « plongeons dedans le morceau d'or, qui est fixé entre « les branches de la pince de platine; dans le cas où ce « morceau d'or renferme du cuivre, son action sur l'ace cide nitrique détermine un courant, qui va de la cuil- <c 1er d'or à la pince, etc.
(i) Aiwal. de Cb. et de Phy^., t. ](xiv, p. 347? iBa3.