CHAPITRE PREMIER. SSy
que la matière affecte quand elle n'est pas soumise à l'influence d'une force étrangère.
La combinaison s'effectue entre les atomes hétérogènes par juxtaposition , en raison d'une attraction réciproque; quand cette force s'exerce entre les molécules homogènes, elle produit la cohésion mécanique. Si l'on n'a aucun moyen de déterminer leurs formes, il n'en est pas de même de leurs poids relatifs. En effet, un atome d'un élément peut se combiner, avons-nous dit, avec un, deux, trois atomes d'un autre élément, etc.; mais on ignore la limite du nombre d'atomes avec lequel il puisse se combiner. Nous savons cependant que dans quelques combinaisons, telles quecelle del'oxigène et du soufre, on ne trouve qu'un atome de radical pour quatre atomes d'oxigène , et qu'en général les combinaisons de ce genre sont rares dans la nature inorganique; car elles s'effectuent assez ordinairement entre un atome de l'élément électro-positif et les multiples de l'élément électro-négatif; souvent aussi deux atomes du premier se combinent avec 3, 5, 7 atomes du second.
Les atomes composés suivent les mêmes lois dans leurs combinaisons que celles qui régissent les combinaisons des corps simples ; seulement elles ne s'effectuent pas^ dans un aussi grand nombre de proportions. Il n'est nullement question ici de la composition des corps organiques, dont nous n'avons pas à nous occuper pour l'instant.
679. Disons deux mots de la méthode employée pour déterminer les poids relatifs des atomes.
On sait qu'il existe trois oxides de plomb , dans lesquels les quantités d'oxigène qu'ils renferment sont entre elles en poids pour la même quantité de métal, comme Jles nombres a, 3, 4» On en conclut alors que ces trois oxides résultent de la combinaison d'un atome de plomb avec 2,3,4 atomes d'oxigène. Les trois oxides de cuivre renfermant des quantités d'oxigène qui sont comme les nombres r, 2, 4^^^ P^^^ di^^ également qu'ils sont le résultat de la combinaison d'un atome de cuivre
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avec I , a, 4 atomes dWigène; mais on peut les considérer aussi comme formés : le deutoxide, de i atome de métal et i atome d'oxigène; le protoxide, de i atomes de métal et i atome d'oxigène; et le tritoxide, de I atome de métal et de 2 atomes d'oxigène. On voit par là qu'il existe toujours quelcjue chose d'arbitraire dans la détermination du nombre réel d'atomes de chaque espèce qui entrent dans une combinaison.
Mais comme on n'a à choisir ordinairement qu'entre peu de nombres, et que l'on a presque toujours des faits qui viennent guider dans le choix que l'on doit faire^ il en résulte qu'il y a peu de chances pour ne pas adopter le véritable nombre.
Quand on connaît le nombre d'atomes qui entrent dans une combinaison , rien n'est plus simple que de déterminer leurs poids relatifs. Supposons , par exemple, ^ue la combinaison de deux corps soit le résultat de l'union d'un atome de l'un avec un atome de l'autre, il est bien clair que le rapport du poids des atomes sera le même que celui du poids des deux corps. En prenant l'un des poids pour unité, l'autre exprimera le poids d'un atome en fonction de celui de l'autre. Il sera facile, par ce moyen, en comparant ensemble diverses combinaisons dans lesquelles se trouvent les mêmes corps, de former une table des poids atomiques de tous les corps. L'eau, par exemple, est formée de deux volumes d'hydrogène et d'un volume d'oxigène; on en a conclu qu'un atome d'eau renfermait deux atomes de l'un et un atome de l'autre; or l'analyse donne en poids, suivant MM. Dulong et Berzelius, 1,026 d'oxigène et 0,1376 d'hydrogène. Si donc nous représentons par 1,0126 le poids de l'atome de l'oxigène, celui de Thydrogène sera égala o,— /-^ ou 0,0688 ; ou bien en représentant le premier par 100, le second le sera également par 6,^398. Dans l'impossibilité où nous sommes ici de donner tous les déveLoppements relatifs h la détermination du poids atomique de chaque corps, nous rapportons néanmoins la table des poids atomiques des corps simples, qui a été