‹ Traité complet du magnétismeChapitre 164 sur 192 · CHAPITRE viir. 4i · texte numérisé non relu

CHAPITRE viir. 4i

Le fluide électrique pénètre toutes les substances, soit pour les traverser avec une vitesse excessive, soit pour s'y arrêter. Le fluide magnétique, tel que nous Tavons considéré jusqu'ici, n'agit d'une manière très-prononcée, pour aimanter dans l'état de repos, que sur trois métaux, le fer, dans ses différents états et combinaisons, le cobalt et le nickel. Mais il n'est jamais transporté, dans l'acte de l'aimantation , à l'une des extrémités des barreaux ; puisque Coulomb a démontré que les deux fluides boréal et austral n'éprouvent que des déplacements infiniment petits, et ne sortent jamais de la molécule à laqiielle ils appartenaient avant l'aimantation.

Ce mode d'action n'existe pas seulement dans le fer doux , mais encore dans l'acier, qui retient le magnétisme qu'on y a développé; cet effet est dû à l'existence d'une force coeixîitive qui s'oppose à la séparation et à la recomposition des deux fluides. Dans l'électricité, les attractions et répulsions des corps conducteurs ne dépendent que de leurs formes et de leurs dimensions , et nullement de leur nature; ce qui n'a pas lieu dans le magnétisme, puisque, d'une part , la forme et la dimension n'exercent aucune influence sur l'aimantation , et de l'autre, que deux masses de même forme et de même volume de fer et de nickel, dans lesquelles la force coercitive est très-faible, n'exercent pas la même action sur une aiguille aimantée placée à la même distance de chacune d'elles. Ce fait a été établi par M. Gay-Lussac qui, ayant fait osciller de chaque coté du méridien magnétique une aiguille aimantée de o^jS de longueur, ti^uva qu'elle exécutait lo oscillations en ï3i' ; il plaça ensuite au-dessous, dans le même méridien, à une distance deo",o5, un barreau prismatique de fer doux, dont la longueur était de o",i96, la largeur de o'",oi8, l'épaisseur verticale de o",ooi4j et dont le milieu se trouvait dans la même verticale que le point de suspension de l'aiguille; les oscillations devinrent plus rapides, puisqu'il y en eut d'abord dix en 65 secondes; mais bientôt après il n'en fallut plus que 60. £n substituant au

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barreau de fer doux un barreau de nickel pur de mêm^ forme et de mêmes dimensions, Taiguille exécuta ses di> oscillations en 78 secondes , et peu après en 77 secondes. Le barreau de nickel ayant été enlevé , Taiguille sesf comportée comme avant, sous l'influence terrestre. Le fer et le nickel, après cette expérience, n'ont montré aucune trace d'aimantation. Les barreaux n'ayant pas exercé sur-le-cliamp leur maximum d'action, il est probable qu'il leur restait encore une très-petite force coercitive. Cette expérience prouve que l'acier et le nickel ne possèdent pas le même pouvoir magnétique.

Nous arrivons à la théorie mathématique que M. Poisson a donnée des phénomènes magnétiques , indépendamment de la nature particulière des fluides boi^l et austral. Dans l'impossibilité où nous sommes d'exposer ses savants calculs, nous indiquerons seulement la marche qu'il a suivie pour déterminer les résultantes des attractions et des répulsions des deux fluides, ainsi que leur distribution dans les corps aimantés.

M. Poisson admet les principes suivants pour l'aimantation : «Dans l'acte de Taimantation, les deux fluides boréal a et austral, qui étaient réunis à l'état neutre, se sont trèsce peu écartés les uns des autres. Nous ne déciderons pas t si les parties des corps aimantés, dans lesquelles ladé- « composition du fluide neutre peut s'effectuer, sont les « molécules mêmes de ces corps ; nous supposerons seule- «c ment que leurs dimensions sont toujours extrêmement « petites. Nous appellerons élément magnétique chacune a de ces petites parties, dont la propriété caractéristicc que consiste en ce que les quantités des deux fluides <c y sont (égales entre elles, dans l'état d'aimantation, « cbmme dans l'état neutre. Or nous pouvons concevoir, a pour envisager la question dans sa plus grande géûé- « ralité, que les éléments magnétiques ne sont pas con- « tigus dans l'intérieur des corps aimantés ; qu'ils y sont a au contraire séparés les uns des autres par des espaces et pleins ou vides, où les deux fluides ne peuvent péné- « trer, et que les dimensions de ces intervalles isolants

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