CHAPITRE VIII
auxquelles sont soumises les déviations, suivant la position des aiguilles , s'accordent, soit qu'on les déduise de la théorie ou de l'expérience; sous ce rapport, les nombreuses observations de M. Barlow viennent confirmer les recherches analytiques de M. Poisson.
Cet accord remarquable du calcul et de l'observation est une confirmation importante de l'exactitude de l'analyse et de la théorie sur laquelle elle est fondée. M. Poisson, pour soumettre son analyse à de nouvelles épreuves, a cherché s'il ne serait pas possible de résoudre les équations générales , en los appliquant à des corps qui n'eussent pas, comme la sphère, une forme constante; il a trouvé qu'elles peuvent être résolues très-simplement , dans le cas d'un ellipsoïde quelconque, pourvu que la force qui produit son aimantation fut constante en grandeur et en direction dans toute son étendue; ce qui a lieu, par exemple, h l'égard du magnétisnie terrestre. Nous y reviendrons (|uand nous traiterons cette dernière question.
Après avoir donné les formules relatives à un ellipsoïde dont les trois axes ont entre eux des rapports quelconques, M. Poisson considère les deux cas extrêmes où ce corps est très-aplati', et où il est, au contraire, très-alongé. Dans le premier, le corps aplati peut représenter une plaque dont « l'épaisseur varierait //wlenlemenl près du centre et décroîtrait depuis ce point jusqu'à la circonférence : son action sur des points peu éloignés de son centre doit être sensiblement la même que celle de toute autre plaque d'une épaisseur constante et dune très-grande étendue. De même un ellipsoïde tres-alongé peut être représenté^ dans la pratique y par une aiguille ou une barre dont le diamètre aécroU depuis son milieu jusqu a ses extrémités y en variant d'abord très-lentement ^ et son action sur des points voisins de son milieu doit très-peu dijferer de celle d'une barre dont le diamètre est très-petit par rapport à la longueur. »
n Lors donc , ajoute M. Poisson ; que les physiciens au-
438 AGT. SUR l'aIG. AIM. DU MULTIPL., ETC.
vant un des conducteurs, à différentes distances, pour soutirer Télectricité positive; M. Colladon obtint les résultats suivants :
A I déc. de distance, une déviation de 90"* à ^a*,
ou de 18^
2 déc TO
I mètre a
La déviation était donc encore sensible quand la pointe se trouvait à i mètre du conducteur.
Il paraît que l'action soutirante d'une pointe est sensiblement proportionnelle à sa distance du conducteur, mais qu'à une certaine proximité cette action n'augmenté plus. Avec la machine à cylindre qui n'a qu'un seul coussin, la loi de proportionnalité s'est maintenue pour de plus petites distances. M. Colladon a expliqué cette différence, en disant que, dans les machines à plateau qui ont quatre coussins , les surfaces de ces derniers, né communiquant entre elles que par des conducteurs trèsimparfaits, il arrive un instant où l'extrémité du galvanomètre, qui est en communication avec l'une de ces surfaces, ne soutire que la quantité d'électricité qui est égale à celle que peut fournir au plateau un seul coussin; alors l'action ne doit plus augmenter.
Avec la machine à cylindre, non -seulement la déviation nmrche régulièrement, comme nous venons de le dire, mais encore elle est proportionnelle à la vitesse avec laquelle on tourne la manivelle, comme on peut s'en assurer en réglant le mouvement avec un compteur.
M. Colladon , dans une expérience oîi la manivelle faisait trois tours par seconde, a obtenu
Repos. Déviation constante. Dénation absolue.
en alternant les extrémités du multiplicateur, 90^ 54^ 36^
Une batterie de 4ooo pouces a donné d^ ^iirtements trop près du ipaximum pour qu'on put )p uiesurer ; mais en n'approchant que très-leuteinent I9 ppinte, la déviation a été sensiblement la même pendant qu^ques instants. Dans une des expériencea, I4 dévi^t^ap a été de 3o° pendant 65 secondes.
Avec une bouteille de Leyde de 2 pied$ c«rj>é^, ^hf^gée aussi fortement que possible , la déviation de l'aiguille a été de 32^.
Voilà une différence 4' action bien marquée ^I9t^ l'électricité voltaïque et celle qui est dégagée p^r }($s machines ordinaires : C|es deux électricité sCi^t cep^^dant idjentiques dans leur nature, mais eUbs n<s le sont pas à la vérité dans leur étajt.
25 1 . M. Faraday ( 1 ), qui s'est beaucoup oocupié de cette question , a reconnu qu'il étaif: Ojécessaire, pour q^'^n courant d'électricité ordinaire qui traversé un inultiplicateur fît dévier l'aiguille aimantée, que l'actiof^ ^ût le tçmps de se dévelqpper ; condition qui .était refnplie en transn^ettant le courant à travers l'eau , un f}l , l'air raréfié ou au moyen de pointas dans l'air ordinaire; alors on obtient les mêmes effets qu'avec un courant vpIjLaïq/ue. Il a Inconnu , en outrç, que l'eau salée ejt les pcides étaient plus convenables pour produire des effets que tout autre mode, comme les pointes et les balles, ajtjtendu que les premiers convertissent la charge d'une puissante batterie en un courant continu, qui agit comme tiA sur Faiguille aimantée, et qui ne dérange pas sensiblement le magnétisme des aiguilles. Voici le dispositif des expériences que fit M. Faraday pour arriver i ces conséquences : ii prit qne batterie électrique composée de quinze jarres, présentant chacune une surface armée, sur les deux faces , de 84 pouces carrés. Cette bj^tterie était chargée avec une forte machine électrique.
Les de4ix surfaces de la batterie fanent piises en oommunication avec des tuyaux qui servaient à trausporler
(î) Phil. Transact. , i- partie, p. Jo.
4^4 THÉORIE MATHÉ. DKS PHÉ. M AGNET. DE ROTAT.
deux fluides^ et ceux auxquels sont dus les phénomènes électriques, consiste en ce que les derniers peuvent passer d'une molécule à une autre ^ et parcourir toute l'étendue d'un corps, tandis que, dans l'acte de l'aimantation, les particules des deux fluides magnétiques n'éprouvent que des déplacements si faibles qu'ils n'ont pas encore pu être apprécies. M. Poisson appelle éléments magnétique les petites portions des corps dans lesquelles les fluides boréal et austral peuvent se mouvoir, et qui sont séparées li^ unes des autres par des intervalles imperméables au magnétisme.
La proportion de la somme de leur valeur au volume entier de chaque corps , qui n'est pas la même dans les différents corps, suffit pour montrer comment, dans l'état de repos , ces matières donnent des signes de magnétisme plus ou moins marqués sous l'influence des mêmes forces extérieures.
Nous avons vu ce que c'était que la force cœrcitive dans les aimants, et dont les effets peuvent être comparés à ceux du frottement dans les machines. M. Poisson admet que les substances où cette force est nulle ou insensible, et où l'aimantation se produit dès que la moindre force extérieure commence à agir, que ces substances, dis -je, exercent une action analogue à la résistance des milieux sur les particules des deux fluides, laquelle action retarde le mouvement des fluides dans l'intérieur des éléments magnétiques, et qui peut être très-différent dans les différentes matières. Il attribue à cette espèce de résistance particulière à chaque * substance, les phénomènes magnétiques des corps en mouvement.
Supposons donc, avance M. Poisson, « qu'on ap- « proche un aimant d'une matière où la force cœrcitive « est insensible, et où les éléments magnétiques sont « en proportion quelconque, aussitôt la décomposition a du fluide neutre commencera dans les éléments , et « elle continuera jusqu'à ce que L'action du fluide libre « fasse équilibre à la force extérieure, ce qui ne man-