CHAPITRE JII
quides; car le nitrate de cuivre étant positif par rapport au sulfate de zinc, l'intensité du courant doit dug« inenter. L'acide nitrique ajouté du côté zinc diminue la déviation de 84 à 80 degrés; résultat qui était facile à prévoir, puisque le nitrate de cuivre qui se forme est positif par rapport au sulfate de zinc.
§ IX. Effets électriques produits dans la combustion.
39. lie principe relatif au dégagement de l'électricité dans les combinaisons va trouver son application dans la combustion : l'oxigène prend l'électricité positive , et le combustible l'électricité négative.
Voyons ce qui se passe dans la combustion du cliarbon. M. Pouillet, à qui est due cette expérience, prend un cylindre de charbon d'un assez gros diamètre , et le place verticalement à quelques centimètres au-dessous du plateau inférieur du condensateur. Ayant fait communiquer le charbon avec le sol , il l'allume à sa partie supérieure. Une colonne de gaz acide carbonique s'élève aussitôt, et transmet au plateau inférieur un excès d'électricité positive. Si Ton veut recueillir l'électricité négative du charbon, on le pose par sa base sur le plateau supérieur, et on soutient le feu par un léger courant d'air, afin d'enlever plus promptement le gaz chargé d électricité positive.
M. Poûillet a cherché également ce qui se passe dans la combinaison des gaz, particulièrement dans celle de lliydrogène avec l'oxigène. Le gaz hydrogène s'écoule par un tube de verre vertical, et il recueille l'électricité au moyen d'une spirale en platine, dont les circonvolutions ont un diamètre assez grand pour envelopper la flamme sans la toucher : on obtient alors des signes bien sensibles d'électricité positive. Quand la flamme touche la spire, les signes d'électricité sont à peine sensibles. Pour recueillir l'électricité de la flamme, il prend une spire à petit diamètre qu'il plonge dans l'intérieur; •il la trouve négative. Il tire la conséquence de ces deux i^llats, que le dedans et l'extérieur de la flamme possèdent une électricité contraire.
86 DEGA.G. DE l'bLEC. DANS LES ACT. CHIM.
Dans le cas oîi l'hydrogène sort par un tube dé tiiëtàl qui communique avec le condensateur, céluî-ci prend toujours un excès d'électricité négative; si on le fait côm* inuniquer au contraire avec le sol, il perd l'électricilé négative, et le produit de la combustion conservé un excès d'électricité positive; ainsi, dans la combustion, les molécule^ d'oxigène qui se combinent, dégagent de l'électricité positive, et le corps combustible de 1 électricité négative.
4o. Je suis loin de contester les résultats observés par M. Pouillet, mais il n'en est pas de même des conséquences qu'il en tire, attendu que l'appareil dont il à fait usage accuse également des effets électriques duà à une autre cause que la combustion. J'avais cherché aussi, avant ce physicien , à découvrir l'électricité qui se dégage dans la combustion du gaz hydrogène ou de l'alcool, au moyen de fils de platine qui plongent dans les flammes. J'annonçai avec réserve les premiers résultat^ que j'obtins, dans la crainte qu'ils ne fussent dus nott seulement à l'électricité qui se dégage pendant la combustion du gaz, mais encore à quelque propriété particulière que les métaux acquièrent à certaine température (i).
Les expériences que nous avons rapportées sur les phénomènes qui se manifestent quand les deux bouts d'un fil de platine ne possèdent pas la même température, vont nous mettre à même d'expliquer une partie des effets qui ont lieu , quand on plonge une spirale de platine dans l'intérieur d'une flamme, ou qu'on la place extérieurement sans toucher la flamme. On sait que, lorsqu'un fil de platine est en communication pai* l'un de ses bouts avec l'un des plateaux d'un condensateur, si Ton plonge l'autre dans une des enveloppes d'une flamme produite par la combustion d'alcool renfermé dans un vase de cuivre que Ton tient à la main, le fil prend aussitôt un excès considérable d'électricité néga-
(i) Annal, dé Ch. et de Phys. , t. m, p. 329.
tiVé, que l'on ne doit pas attribuet* ètatièretiiént 1^ là combustion. En effet, aussitôt que le fil de platihë à atteint la température rouge, si l'on retire \a lampe efe que l'on touche ensuite la partie là plus chaude avec une bande de papier humide , ou bien avec Un tube dé verre suffisamment chaud pour qu'il soit conducteur. l'efFet e^t le même que lorsque le fil touchait h la flamnîé ou s'en trouvait à peu de distance. D'après cela, dàni le cas présent, le dégageaient de l'électricité est dû, éh grande partie, à la différence de température entre les deliît bouts. La flamme remplit les fonctions d'un c6^ps conducteur ; elle soutire l'électricité positive du fil , comme l'a fait la bande de papier ou le tube de vél^ré. Ce qui confirme cette explication, c'est que refTiît i?st lèmême,'Soit que Toh fasse rougir le fil d&ns la flamme intérieure ou à peu de distance de son enVelop()e extérieure. Nous n'en admettons pas moins avec M. Pbuillet, qUe, pendant la combustion de l'alcool ou de l'hydrogène, toute la partie de la flamme qui est eti contact avec l'oxigènê doit prendre l'électricité négative, tandî* que l'ôxigène et l'acide carbonique s'emparent de l'élefctricité contraire : ces effets sont la conséquence d'uti principe général ; seulement nous ferons observer que remploi des spirales ou des fils de platine que l'on plôhgé dans les flammes donne des effets composés, contre lesquels on doit se tenir en garde.
SX. Des effets électriques produits dans les décompo^
sitions chimiques.
4i.M. Pouillet, en recherchant les causes d'où émane réiéctricité atmosphérique, a été conduit à examiner ce qui arrive pendant l'évaporation de l'eau pure , bu renfermant des subslances en dissolution, contenue dans des vases de platine ou d'un métal qui peut être attaqué. Cette question avait déjà ^attiré l'attention de de Saussure, de Lavoisier et de Laplace , comme nous l'avons ^0 dans la notice. Les résultats auxquels sont parvenus ^ illustres physiciens iiê pouvaient lés conduire à là
88 biSgag. de l'^lec. dans les agt. ghim.
véritë, car ils ignoraient que les moindres changements chimiques donnent lieu à des effets électriques ; aussi attribuèrent-ils à des changements dans l'état moléculaire des corps ce qui devait être rapporté à la combinaison de ces mêmes corps avec d'autres éléments.
Pour observer les effets électriques produits dans les décompositions, on se sert de deux procédés. Le premier consiste à placer sur un disque de métal , fixé à Tuu des bouts d'une tige horizontale, qui est soudée par l'autre bout au plateau inférieur d'un condensateur,. un creuset de platine préalablement chauffé , dans lequel on verse le liquide sur lequel l'on veut opérer. Le second exige l'emploi de fortes lentilles avec lesquelles on élève^ la température. Les substances à décomposer sont placées sur une plaque de platine, qui communique également avec le plateau inférieur du condensateur.
Le creuset de platine étant chauffé au rouge, si l'on jette dedans quelques gouttes d'eau distillée, on n'obtient aucun signe d'électricité lorsque l'évaporation commence; ce résultat est dû à M: Pouillet. I^s acides sulfurique, nitrique et acétique se comportent à cet égard comme l'eau. Quand l'eau renferme de la strontiane ou d'autres bases, la capsule se charge d'un fort excès d'électricité positive; la vapeur d'eau prend l'électricité négative. Avec l'ammoniaque étendue d'eau, les effets sont inverses. M. Pouillet a fait observer avec raison que l'ammoniaque se vaporisant plus facilement que l'eau, emporte avec elle l'électricité positive, et laisse à l'eau et par suite à la capsule l'électricité négative. Les sels solubles donnent également de l'électricité négative au creuset. En opérant avec un creuset de fer et de l'eau distillée, le premier prend toujours de l'électricité négative, parce que le fer en s'oxidant s'empare toujours de cette électricité.
Quand l'eau renferme un acide, l'effet est le même; mais son intensité varie en raison de l'énergie avec laquelle s'exerce l'action chimique; nous en verrons plus loin la cause. Des creusets de différents métaux donnent