CHAPITRE lY. IJQ
eùle reçoit une quantité quelconque d'électricité , elle agit par influence sur Télectricité naturelle de la molécule qui est la plus rapprochée^ et ainsi de suite; l'électricité est transmise ainsi jusqu'à l'extrémité du corps.
io6. Il nous reste à montrer qu'un corps électrisé reçoit le même mode d'action par rinflnence d'im corps électrisé que s'il était à Tétat naturel. Prenons une petite sphère munie de deux pendules mobiles à balles de sureau et électrisée positivement ; présentons-lui à une certaine distance un corps électrisé aussi positiyement. La divergence des balles augmentera aussitôt; l'électricité positive y est donc refoulée par réiectricité de même nature qui agit sur elle par influence ; mais les électricités naturelles sont également séparées : la positive est refoulée dans les balles où elle s'ajoute à celle qui s'y trouve déjà, tandis que la négative se porte vers la petite sphère, où elle neutralise une égale portion d'électricité positive. La charge primitive de la petite sphère et celle du corps peuvent être telles que la première se tmuve électrisée positivement à l'état naturel ou électrisée négativement.
Quand la petite sphère possède de l'électricité négative et qu'on en approche graduellement le corps chargé delectricité positive, les balles se rapprochent peu à peu, reviennent au contact et divergent de nouveau. Ces différents effets prouvent qu'il s'est opéré en définitive wne décomposition de fluide naturel qui a refoulé du fluide négatif dans les balles.
lo-y. Dans les corps mauvais conducteurs, la séparation "Csdeux ifluides s'opère lentement sous l'influence d'un corps électrisé, ainsi que leur recomposition. On s'assure «cilement de ces deux faits en plaçant, à peu de distance * ce corps, un bâton de gomme laque, le retirant quelques instants après et le présentant à un électroscope.
L'expérience nous a prouvé que lorsqu'un corps conducteur isolé est en présence d'un corps électrisé positwement, si on le met en communication avec le sol^ vt pviie du premier, qui eàt opposée aux points les
1 66 DE LA QUANT. d'ÉLEC. QU'uW €0RPS ISOLIÉ, ETC.
On remarque, dans ce tableau, que le décrois-* sèment de rélectricité , qui est d'abord beaucoup plus prompt lorsque la densité est considérable, qu'il ne devrait être, s'il était uniquement dû au contact de l'air, parvient^ dans les deux expériences , lorsque lA detistté^ âectrique de la balle soutenue par le fil de soie est ré* quite a tiu certain degré, à être précisément le mênîêf due lorsque |a faculté isolante du soutien est parfaite. Il résulte de là que le fil de soie de i5 pouces de Ion-
Îueur isole parfaitement, lorsque l'action réciproque es deux balljBS^ est meSUréè dàri§ là première expérience jlàr une torsion de 4o** ^t au-dessous, puisque la perte lî'est que de -^ par minute, qui est la même que Coulomb avait trouvée le même jour daiis le tableau n** i , par suite au contact de l'air.
g6. H est facile alors de calculer, pour un instantdoUné, la réaction électrique de la boule mobile, d'après la loi d[u décroissement dans l'air ; mais l'observation de la fbrce répulsive totale faisant connaître le produit des oeux réactions électriques des deux boules, on en déduit ]k>ur lé mêm0 instant le réaction électrique de 1^ boule flxe. Coulomb (r) ayant cherché le degré de réaction électrique aUqUél chacuti des supports commence à isoler parfaitement, a trouvé que Télectricité de cette réaction était proportionnelle à la racine carrée de leur longueur; ainsi, dans le mêtne état de l'air, un support d'une longueur quadruple isole parfaitement une quantité double d'électricité.
Cette loi n'a lieu néanmoins qu'entre des supports . cylindriques très-fins de même nature et de même diamètre, mais dont la longueur seule est différente quand les deux autres conditions varient; c'est la formule même qui sert h déduire le rapport. Coulomb a trouvé que pour des fils de gomme laque et de soie, de même longueur et de même diamètre, l'intensité de la réaction électrique, à laquelle l'isolement commence, est dix fois plus forte pour la première substance que pour l'autre.
(i) Mémoires de TAcad. des Se, 1785, p. 63o.
€HAPJTIl£ IV. 167
§ in. Distribution de V électricité sur la surface des
corps conducteurs isolés.
97. Nous pouvons maintenant étudier la distribution de rélectricité sur iâ surface des corps conducteurs isolés, puisque nous pouvons ramener par le calcul la réaction électrique des corps à un état constant, malgré la déper* dition continuelle qui s'opère dans Tair et par les supr ports isolants.
Lorsqu'on communique de Télectricité à un corps conducteur isolé, cette électricité se porte tout entière à sa suTÉice. Ce fait a été observé d*abord par Beccaria, et ensuite par Coulomb, qui a prouvé en même temps que le fluide électrique ne se répand dans aucun corps par une affinité chimique ou par une attraction élective, mais qu'il se partage entre différents corps mis en contact uniquement en raivson de son action répiilsive ( 1 ).
Pour prouver que toute l'électricité se porte à la surface des corps, on prend deux calottes très-minces d'une substance conductrice, qui puissent envelopper complètement un corps de forme sphéroïdale, et l'on adapte à ces calottes des manches isolants, afin de pouvoir les manier sans enlever leur électricité. Le sphéroïde est suspendu à un fil de soie recouvert de gomme laque; après lui avoir donné une électricité quelconque, on l'enveloppe avec les deux calottes, qui se trouvent dans l'état naturel; on les retire aussitôt, et l'on trouve qu'elle^ sont electrisées de la même manière que le sphéroïde, tandis <iue celui-ci a perdu toute son électricité; ainsi donc, toute la sienne s'est transportée à la surface , vsans qu'il en soit resté la moindre trace à l'intérieur.
98. Coulomb a observé de la manière suivante la même propriété dans un corps de forme quelconque : ayant pratiqué à la Surface de ce corps des trous de sept ou nuit millimètres de diamètre, et d'une profondeur plus ou
(0 iléinoires de TAcad. des Se-, 1786, p. 67.
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moins grande , il y introduisit un petit disque de papier dore fixé à l'extrémité d'un fil de gomme laque, de manière à atteindre le fond des trous sans touclier les bords de l'ouverture. Ce cercle, retiré avec précaution, ne lui donna à l'électroscope aucun indice d'électricité. Pour être assuré que le disque ne touche aucun des points de la surface contiguë au trou, on y adapte un petit tube de verre, qui sépare le disque de la surface.
On peut encore rendre sensible cette propriété par une expérience curieuse : on prend un cylindre isolé', mobile autour d'un axe horizontal , auquel on imprime un mouvement de rotation^ au moyen d'une manivelle en verre. On enroule sur le cylindre un ruban de métal, dont l'extrémité inférieure est terminée en demi-cercle. Un électi'oscope à balles de sureau communique à cet; appa* reil. Le cylindre étant électrisé, les balles divergent ^ aussitôt; mais dès l'instant que l'on commence à dérouler le ruban, les balles se rapprochent, ce qui annonce un affaiblissement graduel dans la tension de l'électricité. En enroulant de nouveau le ruban, la divergence des balles recommence.
99. Coulomb a démontré de la manière suivante que le fluide électrique ne se répand dans aucun corps par une affinité chimique. Ayant électrisé de la même manière la balle de cuivre de sa balance et le disque de clinquant, aussitôt après la répulsion, il augmenta la torsion d'un certain nombre de degrés, et détermina la torsion totale et la distance qui en résulte entre la balle et le disque. Il fit toucher ensuite la balle par une autre de même diamètre et d'une matière différente, de moelle de sureau par exemple. Ayant retiré celle-ci , le disque de clinquant vint se placer à une moindre distance de la balle de cuivre. 11 diminua la torsion jusqu'à ce que le disque fût ramené à la même distance, et il trouva que, dans ce cas, la torsion n'était plus que la moitié de ce qu'elle était primitivement. Il en résultait que la force répulsive était diminuée de moitié. Or, leur action électrique étant en raison directe des masses et en raison inverse des