CHAPITRE V. igy
assez considérable pour qu'il fût accompagné d'une traî* née lumineuse.
An globe de soufre on a substitué un manchon de venre, et à ce dernier une glace circulaire, traversée par un axe horizontal, que l'on fait tourner au moyen d'une manivelle. La main a été remplacée par deux coussins de peau , entre lesquels tourne la glace , et l'électricité dégagée sur le verre a été recueillie par des conducteurs métalliques convenablement isolés.
Les coussins doivent s'appliquer le plus exactement possible sur le plateau et le presser légèrement ; on remplît ces deux conditions en les rembourrant avec du crin et les appliquant sur des ressorts , qpi font effort pour les maintenir avec pression sur la glace. Cette ^Jîsposition ne suffit pas pour avoir un dégagement d*éleclricité considérable, il est nécessaire encore d'enduire la surface des frottoirs d'une composition métal- ''que qui provoque la puissance électrique.
Pendant le frottement, le verre prend l'électricité positive et les coussins l'électricité négative : celle-ci , si elle n'était pas enlevée à chaque instant, se répandrait ^r le verre , où elle neutraliserait en partie l'électricité qu'il possède : on évite cet inconvénient en mettant l^s coussins en communication avec la terre.
Xlne condition essentielle à remplir dans la construction des machines électriques, est que les portions du ^erre, qui ont éprouvé l'effet du flottement, arrivent devant les conducteurs sans avoir perdu, par leur contact avec l'air, une quantité sensible de leur électricité. ^^ y parvient en attachant aux coussins des morceaux de taffetas gommé qui, enveloppant une partie du pla- ^u, empêchent qu'il ne perde son électricité jusqu'à ^û arrivée au premier conducteur. On est dans l'usage ° adapter à la machine autant de conducteurs qu'il y a ^® frottoirs, pour éviter que le verre n'entre sous un "'ottoir avant d'être déchargé.
On doit apporter le plus grand soin à l'isolement des ^ïiducleurs. On leur donne ordinairement pour sup-
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machines ordinaires , en s'écoulant dans la terre par un fil métallique, ne donne aucune lueur, toutes les fois que cet écoulement peut s'effectuer sans difficulté; mais il n'en est pas de même quand on opère avec une machine très-puissante.
Van Marum, dans la description qu'il nous a donnée de la grande machine du Musée de îayler, dit que Té* lectricité qui s'en écoule, dans le sol , par un fil de métal de cinquante pieds de longueur, l'entoure d'une lueur brillante. Cette lueur provient de l'action sur les corps environnants delà portion de l'électricité qui n'a pus'écouler dans le sol.
La tension de l'électricité qui est nécessaire pour , produire de la lumière, dépend, comme nous allons le voir, d'un grand nombre de causes, mais particulièrement de la nature des corps, de leur fonne, et des milieux gazeux que traverse la décharge électrique.
Avec les corps anguleux, il faut une tension moins \ grande que pour des coi'ps de forme arrondie. Une con- ] dition indispensable, dans les deux cas, est que la tension ; de l'électricité soit suffisante pour vaincre la résistance de l'air. Une machine très-forte donne des étincelles depuis 20 jusqu'à 3o pouces de longueur.
Pour monti'er les diverses propriétés de la lumière électrique, on est dans l'habitude de se servir de plusieurs appareils, qui se trouvent dans tous les cabinets.
Les tubes étincelants sont des tubes sur lesquels on colle en spirale de petites losanges en étain, dont les pointes sont très-rapprochées les unes des autres; à leurs extrémités sont fixées des boules de métal qui communiquent avec les losanges les plus rapprochées. Si l'on tient à la main un /Je ces tubes, par un des bouts, et que l'on tire de l'autre des étincelles d'une niacbine électrique, on les voit jaillir en même temps entre toutes les pointes, et le tube paraît lumineux. Nous passons sous hileoce d'autres appareils, tels que les carreaux étincelants-» magiques y etc., dont la construction repose sur le inét*^® principe.
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LVIeclricité négative ^ en s'écoulant par des pointes, ne donne jamais des aigrettes aussi brillantes, aussi divergentes et aussi aiongées que4'électricité positive. Elle se montre sous la forme d'un trait de feu , qui se divise à une certaine distance en rayons étincelants.
Le fluide électrique n'est retenu à la surface des corps que par la pression de l'air, mais si on lui fait traverser un tube, dans lequel on a fait le vide, il se dissipe, et toute la capacité intérieure se trouve alors remplie d'une lumière plus ou moins vive.
i3o. Les couleurs de la lumière électrique varient suivant la nature des corps, la force de l'étincelle et la pression dés gaz qu'elle traverse. En général, les étincelles sont d'autant plus brillantes que les substances entre lesquelles elles éclatent conduisent mieux l'électridté. Le bois et d'autres corps mauvais conducteurs ne produisent qu'un courant faible et d'une couleur rouge, ^expérience suivante, qui est rapportée par Singer (i), mérite d'être signalée.
Soit un morceau de bois de sapin, peu résistant, d'en- Viron trois pouces de long et d'un pouce et demi dans ses autres dimensioùs; on enfonce obliquement à sa surface dans le sens des fibres du bois et à une profondeur d'à peu près un huitième de pouce deux pointes en fer un peu longues, placées à une distance d'environ un pouce et demi l'une de l'autre. Si l'on fait passer une forte étincelle à travers le bois, pour se porter d'une pointe à l'autre, la lumière qui en résulte prend des couleurs différentes , suivant qu'elle traverse une portion de 'K)is plus* ou moins profonde. En enfonçant une pointe plus que l'autre, afin que l'étincelle passe obliquement, on peut apercevoir toutes les couleurs du prisme à la fois. Cette expérience fait spectacle.
Cette modification dans les teintes de la lumière électrique se retrouve quand certains corps brûlent,, selon
(0 Éléments de rÉIcctricitc , traduction française, p. 104. IL 14
aïO DE LA LUMIERE ELECTRIQUE.
que la combustion est plus ou moins vive. Le soufre,
Îiar exemple, quand il commence à brûler, donne uns umière violette, comme celle d'une faible électricité; elle est blanche au contraire lorsqu'il est fortement embrasé.
1 3 1 . Quand l'électricité a une grande tension, les étincelleâ dans l'air sont longues, et forment des lignes continuellement brisées et courbes; cet effet tient à ce que le fluide électrique, se mouvant avec une extrême rapidité, condense Tair qui est en avant de lui, et le reiid par conséquent, dans cette direction, plus résistant que qelui qui est placé latéralement.
La lumière devient blanche et brillante lorsque Tou condense l'air; elle se divise, s'affaiblit, et prend une teinte rougeâtre en le raréfiant. Les différents gaz n'ont d'autre action que celle qui est relative à leur densité: ainsi l'étincelle est blanche et vive dans le gaz acide carbonique, rouge et faible dans le gaz hydrogène, eoroine dans les cas où l'électricité n'est retenue que faiblement sur la surface des corps.
On observe les effets de la lumière dans le vide et les gaz avec des tubes de 8 ou jo pieds de longueur, dans lesquels on peut faire le vide à volonté et y introduire les corps gazeux. L'une des extrémités est mise eu communication avec la machine, au moyen d'une petite boule de métal vissée sur la virole, et l'autre avec le sol.
On se sert aussi d'un appareil qu'on nommait ]adiscn/ électrig ue^G^. Soh'is^leqyxtï est formé d'un vase en verrede forme ellipsoïde, à Tune des extrémités duquel est adapta un tube à robinet, et à l'autre une tige à bouton passant dans une boîte à cuir. On fait le vide à volonté, en vissant le tube sur la platine d'une machine pneumatique*
Lorsqu'on veut observer les effets de l'électricité dans un vide, aussi parfait que celui que nous pouvons produire, on opère dans le vide barométrique.
Les premiers effets de ce genre ont été observés par Picard, en 1660. En agitant le mercure dans un' baromètre y il fut étonné de voir une apparence lumineuse se