PREMIÈRE PARTIE
les ulcères cutanés que nous décrivons se développent quelquefois sous l'influence exclusive de la constitution écrouelleuse, et dans ce cas ils annoncent toujours une altération générale plus dangereuse et plus profondément établie.
Symptômes. — Lorsque les ulcères scropliuleux se manifestent sans l'action déterminante d'aucune cause extérieure , on voit d'abord s'élever, dans un ou plusieurs points de la surface cutanée, des boutons lenticulaires, ou arrondis , rouges, durs et douloureux 5 ils prennent insensiblement une teinte violette plus foncée, blanchissent à leur sommet, la peau s'amincit, s'ouvre et laisse échapper un pus séreux et floconneux; ces ouvertures s'agrandissent, deviennent de véritables ulcères écrouelleux, et présentent les caractères suivans : les bords sont inégaux , calleux , amincis , tranchans , décollés , renversés sur eux-mêmes en dedans, tandis que ceux des ulcères cancéreux le sont en dehors; ordinairement violets, livides ou entièrement décolorés. Le fond est grisâtre ou d'un rouge sombre, mollasse , fongueux, saignant au moindre contact; les bourgeons charnus qui s'y rencontrent sont flétris , affaissés , confondus , et recouverts, dans plusieurs points , d'une couche albumineuse; la peau du voisinage est inanimée, froide, et présente une teinte bleuâtre; les parlies sous-jacentes offrent beaucoup de mollesse ^
d'empalement, et sont légèrement œdeniatiées. La douleur est nulle dans presque tous les cas; j'ai vu plusieurs malades affectés d'ulcères scropliuleux aux pieds, marcher aussi facilement que dans l'état de santé; mais ce calme trompeur est, à certaines époques, interrompu par des souffrances quelquefoistrès-aiguës, comme nous le dirons bientôt, he^puso^i se forme à la surface de ces ulcères, et celui qu'on obtient en ouvrant les abcès écrouelleux, sont absolument de la même nature; nous les regardons par conséquent comme un seul et même fluide , que nous désignons par le terme de j)us scrophuleux y parce qu'il offre des caractères particuliers, et tellement distinctifs, qu'il n'est pas permis de le confondre avec celui que l'on observe dans les autres maladies. Il est quelquefois visqueux, épais, muqueux, jaunâtre, mais plus souvent léiiu, peu consistant, séreux, floconneux, acide, casééux, semblable à du petit lait non clarifié, abondant , d'une odeur aigre, nauséeuse, et que je ne puis mieux comparer qu'à celle des laitages en fermentation ; il offre une saveur acidulé et légèrement stiptique; il est plus ou moins acre et stimulant; aussi entretient-il une sorte d'inflammation érysipélateuse dans les points du tissu cutané sur lesquels il s'écoule habituellement. Il doit bien évidemment cette propriété à l'action de l'air atmosphérique, puisqu'il iie l'offie jamais lo3\5qu'il est encore