‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 104 sur 236 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

irritant; en effet, i**. ce fluide n'offre jamais le caractère corrosif qu'on lui attribue, avant d'avoir été modifié par l'action de l'air extérieur; 2**. l'on trouve toujours cette membrane épaissie lorsqu'elle est, depuis long -temps, en contact avec un foyer purulent. C'est donc à l'extension de la phlegmasie dans le périoste et dans les os qu'il faut attribuer cette affection, en considérant la carie y relativement au tissu osseux ^ comme Vulcère proprement dit j relativement aux autres tissus ; et en ne voyant dans ces altérations qu'une seule maladie présentant des variétés exclusivement relatives à la texture des parties affectées.

La carie scrophuleuse est surtout à redouter lorsque les ulcérations du tissu cutané se rencontrent sur des os spongieux situés superficiellement, ou soumis à des pressions fortes et souvent répétées, tels que le sternum , les apophyses épineuses du rachis, l'apophyse masloïde, les condyles des articulations ginglymoïdes , les os du carpe, du tarse, etc. Cette altération peut, dans quelques circonstances, exister antérieurement aux ulcères de la peau, qui n'en sont alors que la conséquence, l'inflammation s'étant propagée de l'intérieur à l'extérieur. La carie se développe, dans ce cas, tantôt sous l'influence de la constitution strumeuse; tantôt, ce qui est plus fréquent , sous l'influence d'une contusion

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portée sur le tissu osseux; mais cette maladie ^ soit primitive, soit consécutive à celle des parties molles, offre toujours la même nature et les mêmes symptômes. Nous la considérerons comme le résultat des progrès d'un ou plusieurs ulcères cutanés.

Symptômes, — La partie affectée acquiert plus de sensibilité, fait éprouver des douleurs d'abord profondes et obtuses, ensuite plus aiguës, augmentant par les variations de la température atmosphérique, surtout lorsque l'air chaud et sec devient froid et humide; le périoste s'enflamme et s'épaissit, le tissu osseux partage le même état, se gonfle, se ramollit et s'ulcère dans un ou plusieurs points; le fond des ulcérations cutanées fait éprouver un sentiment de brûlure, il est mollasse, fongueux, saignant au moindre contact, et produit quelquefois des végétations de même nature qui s'élèvent au-dessus du niveau de la peau ; des fistules plus ou moins nombreuses viennent s'ouvrir dans le voisinage des os cariés; elles offrent des orifices arrondis, et comme taillés par un emporte-pièce ; terminés par des bords fongueux, livides, amincis , plus souvent encore épais et calleux, environnés par une aréole violette ou bleuâtre ; rendant un pus séreux, floconneux, abondant; unesanieroussâtre, fétide, irritante, et entretenant une sorte d'inflammation érysipélateuse dans toutes les parties

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qui en éprouvent habitueilemcnt le contact; entraînant avec elle des parcelles osseuses , friables, noirâtres, et détachées par le travail niorbifique de l'ulcération. En portant un siylet avec ménagement dans les trajets fistuleux , on rencontre, à une profondeur variable, les os dénudés, amollis et rugueux; la fistule se remplit d\in sang épais et noir après l'extraction de l'instrument, quelles que soient les précautions prises dans son introduction. Enfin, traitée par des moyens appropriés, la carie peut s'arrêter dans ses ravages, et la guérison du tissu osseux s'effectuer par l'élimination totale des parties ulcérées, et, comme le disent les auteurs, par exfoliation ou nécrose de ces mêmes parties. Mais souvent aussi les os sont entièrement détruits j le malade s'épuise par les frais d'une suppuration abondante , et périt au milieu des souffrances les plus aiguës et dans le dernier degré du marasme.

Cicatrisation des ulcères scrophuleux. — Lorsque les ulcérations se terminent par la guérison, elles laissent à la peau des traces dont le caractère varie suivant la profondeur de l'inflammation, et que nous désignerons sous le terme de cicatrices scrophuleuses : i°. lorsque les ulcères ont été superficiels et bornés au tissu cutané , la cicatrice est , pendant un temps plus ou moins long, mince, rouge ou violette ; mais se conso-

îide insensiblement, et disparaît même quelquefois en totalité , si la constitution strumeuse est entièrement détruite; i*^. lorsque l'inflammation s'est étendue au tissu cellulaire sous-cutané, aux os, et spécialement aux ganglions lymphatiques, la cicatrice est constamment blanche, ridée, inégale, enfoncée, ordinairement indélébile.

Résumé des inflammations scrophuleuses »

Telles sont les dijBTérentes variétés des irritations ou inflammations scrophuleuses; elles peuvent toutes se manifester dans les divers âges de la vie; mais cependant chacune d'elles est plus particulièrement affectée à telle ou telle période de l'existence. Ainsi :

i^. Dans la première enfance ^ on observe plus ordinairement le rachitis , les engorgemens et la suppuration des ganglions lymphatiques du col; des altérations semblables dans ceux du mésentère; ce qui constitue le carreau des auteurs; l'irritation ou laphlegmasie des membranes muqueuses , et spécialement de la conjonctive , de la pituitaire et de la muqueuse intestinale: maladies désignées sous le terme générique de catarrhes scrophuleux ; l'inflammation des tissus blancs qui forment les articulations du carpe, du tarse et des phalanges.

1^, Dans r adolescence y la phlogose et l'engorgement dès ganglions pulmonaires , ou phthisie

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