‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 106 sur 236 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Ji/N prenant pour guide l'opinion de la plupart des auteurs, relativement au pronostic des scrophules , on placera sans doute cette affection au rang des maladies les plus graves, et peut-être même de celles qui sont réputées incurables ; mais je puis assurer que ces idées ne sont pas conformes aux résultats des observations que j'ai recueillies sous la direction de plusieurs praticiens célèbres , ou que j'ai faites moi-même auprès des malades qui m'étaient exclusivement confiés. La maladie strumeuse offre beaucoup plus de chances en faveur de la guérison qu'on îie le pense vulgairement; et si le plus souvent elle a paru rebelle à tous les moyens employés pour la détruire, c'est assurément parce que le traitement n'a point été administré d'une manière convenable, et pendant un temps suffisant ; ou bien , parce qu'il n'a été mis en usage que dans une période trop avancée.

Mais si , par sa nature y l'affection scrophuleuse est constamment curable , surtout à son invasion, elle peut devenir indomptable sous l'influence de plusieurs circonstances principales ^ ou du moins acquérir beaucoup plus de gravité. C'est

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donc spécialement d'après l'examen de ces circonstances qu'il est possible de bien établir le pronostic de la maladie strumeuse. On doit surtout embrasser dans ces considérations :

1°. Le climat, — Les scrophules sont beaucoup plus graves dans les pays froids et humides que dans les régions où règne habituellement un air chaud , sec, et bien renouvelé. On en trouvera bientôt la raison , si l'on considère que dans le premier cas, les malades sont environnés d'une cause qui sans cesse agit sur eux de manière à perpétuer leur maladie; tandis que dans le second , ils vivent sous des influences atmosphériques qui concourent puissamment à leur guérison.

2®. Vâge du sujet. — L'aiFection strumeuse est en général d'autant plus fâcheuse et plus rebelle , qu'elle se manifeste dans un âge plus éloigné de l'enfance, i*^. parce que l'économie ayant alors plus de consistance et de fermeté, les causes de cette maladie ont dû, pour la produire, frapper avec plus de force , et altérer plus profondément tout F organisme ; i^ . parce qu'il est plus difficile , par la même raison , de changer la constitution individuelle pour la ramener à l'état sain ; tandis que chez l'enfant nouveau-né , les organes semblables à la cire molle , et doués d'une grande activité nutritive, prennent, avec facilité, toutes les formes qu'on veut leur donner.

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