DEUXIÈME PARTIE
pétuer dans les générations futures des è\rcs malheureux, et courbés, en naissant, sous le poids des chagrins et de la douleur, et dire un jour avec le poète français :
A nos tristes enfans , nous léguons nos malheurs; Tourmentés de leur sort, fatigués de notre être, Nous pleurons auprès d'eux de les avoir fait naître.
Mais lorsque la femme est devenue mère, lorsqu'un nouvel être va se développer dans son sein, avec quelle précaution ne doit- elle pas éviter tout ce qui pourrait contrarier Faccroissement d'un objet aussi précieux! Avec quel soin ne doit-elle pas rechercher tout ce qui peut être avantageux à son perfectionnement î
Il arrive malheureusement trop souvent, surtout dans les grandes villes,, que les femmes, pendant la gestation, ne renoncent en aucune façon à leurs habitudes sociales ; les imprudences dans le régime, Tabus des plaisirs de Tamour , la recherche et Fusage de tout ce qui peut satisfaire la sensualité, les bals , les spectacles, les veilles prolongées bien avant dans la nuit, etc. \oilà le genre de vie d'un gra.nd nombre de femmes enceintes, surtout dans les premiers mois de la grossesse; temps pendant lequel on croit pouvoir se livrer impunément et sans réserve à tous ses goûts, tandis que c'est précisément Tépoque où l'embryon plus frêle et plus délicat ,
par là mênie plus susceplible de ressentir Joutes les inlliicnces funestes ou avantageuses, aurait besoin des plus grands ménageinens. Que résultet-il de semblables imprudences? l'un ou l'autre de ces deux effets: ou bien l'avorlement s'effectue, la mère devient, par conséquent, infanticide ^ et s'expose elle-même à perdre l^i vie; ou bien le nouvel être ne reçoil qu'un sang appauvri y vicié par tant d'excès, se nourrit mal, s'éliole , s'alropliie, acquiert une conslitulion débile, et naîL sciophuleux. La mère est encore, dans cette circonstance, cause volonlancde tous les malheurs accumulés, dès le premier instant, sur les jours d'un être infortuné qtii n'avait pas demandé l'existence !
Lorsque je considère les femelles des animaux les plus sauvages, et que je les vois, pendant la gestation, sacrifier tous leurs goûts, toutes leurs habitudes, au sentiment intérieur qui les ave! lit des obligations qu'elles ont alors à remplir envers la nature , j'éprouve une douleur profonde en pensant que les excès de la civilisation ont amené quelques femmes jusqu'au point de rougir d'un semblable parallèle' î
Loin de moi, cependant, la pensée qu'il en est ainsi pour le plus grand nombre: je suis, au contraire, entièrement persuade que la plupart, que toutes peut-être oublieraient leurs plaisirs accoutumés pour ne songer qu'au bonheur d'elre