DEUXIÈME PARTIE
mères y et sacrifieraient leurs plus chères habitudes à riioniieur d'un aussi beau titre, si tous ceux qui sont appelés à leur donner des conseils, ne cherchaient pas plutôt, par une condescendance bien souvent funeste, à flatter leurs goûts et leurs penchans, qu'à leur apprendre des vérités quelquefois pénibles pour elles, mais toujours utiles. C'est d'après cette persuasion que je m'exprime avec autant de franchise pour réprimer les abus et ramener à la voie naturelle.
Aussitôt que la fécondation sera, je ne dirai pas seulement assurée, mais encore probable, la femme devra se conformer sans restriction au genre de vie convenable à son état. Il ne s'cigil: point ici d'une tâche pénible et difficile à remplir, mais d'un devoir sacré que l'amour maternel rendra toujours agréable , et dont l'accomplissement est simple et facile. Je pourrais m'abandonner dans cette matière à de longues discussions ; mais il me semble bien préférable d'exposer succinctement et dans l'ordre suivant, les principes généraux applicables au temps de la gestation.
1". Moral. — La femme doit alors éviter, avec le plus grand soin , tout ce qui peut faire naître dans l'âme des passions tristes ou tumultueuses; tout ce qui peut réveiller des désirs que la nature désavoue dans cette circonstance; c'est dire, en d'autres termes, qu'il faut renoncer aux spec-
270 TRAITÉ SUR jLES SCROPHULES.
tacies, auxsociélés bruyantes, à la lecture des romans, au rapprochement des sexes, etc. Elledoit, au contraire, employer tous ses soins à se maintenir dans un état de calme et de gaité; ne jamais fatiguer son intelligence par des méditations profondes ou des lectures trop sérieuses; mais égayer son imagination par des conversations amicales, par des occupations variées et capables d'éloigner l'ennui en occupant l'esprit sans fatigue et sans émotion.
a*^. Habitation. — On choisira, autant que possible, un appartement situé au-dessus du rezde-chaussée , ouvert au midi , recevant un air pur et facile à renouveler.
3^. J^êtemens. — Ils doivent être plus chauds que ceux dont on se couvre habituellement dans l'état de santé; offrir toujours une largeur convenable, et surtout ne jamais exercer aucune compression sur l'abdomen. Les corsets et les ventrières , que plusieurs femmes portent pendant leur grossesse, dans l'intention de conserver l'élégance d'une taille dont elles craignent la déformation, sont les moyens les plus sûrs d'empêcher le développement facile et régulier du fœtus. Il faut surtout veiller avec un soin scrupuleux à l'entretien libre et naturel de la transpiration cutanée en faisant quelquefois des frictions sur toutes les parties avec une flanelle sèche, en renouvelant fréquemment les linges
DEUXIÈME TAIITIE. 2'Jl
de corps, avec la précaution de les chauffer convenablement avant de s'en couvrir.
4**. SommeiL — La femme enceinte doit éviter, comme une chose très-dangereuse, les veilles prolongées bien avant dans la nuit, et ne jamais les étendre au-delà de neuf on dix heures du soir. Elle doit dormir une ou deux heures de plus que daiîs l'état ordinaire.
5°. Exercice. — Il ne faut pas, comme l'ont imaginé quelques auteurs, s'abstenir entièrement de la locomotion; il est, au contraire, trèsavantageux de fliire habituellement quelques promenades à pi^d , surtout avant le repas, et jamais immédiatement après. Mais il faut éviter tous les exercices qui exigent de grands efforts, tels que la course, la danse, les travaux pénibles, etc.; tous ceux qui sont capables de pro- . duire des secousses A^olenles, (els que les voyages à cheval, ou dans une voiture cahotante, etc. 6*^. ^limens, — On doit renoncer à l'usage de toutes les crudités^ des viandes noires, salées , fumées, des fritures, des ragoûts épicés, de la pâtisserie, en un mot, de toutes les substances trop excitantes ou indigestes. Se nourrir spécialement de bons potages gras, au riz, au vermicelle, etc.; de viandes rôties, bouillies, de légumes bien cuits, simplem^ent assaisonnés, et pris parmi ceux qui sont doux et nourrissans, et non point dans la classe des plantes crucifères.
Les repas doivent être moins copieux, mais en plus grand nombre que dans l'état naturel.
Il se manifeste quelquefois pendant la gestation des goûts bizarres, connus sous le nom dCenvles. Les femmes doivent, autant que possible, résister à leur impulsion ; une première victoire en ménagera toujours une seconde, et par la suite elles seront entièrement délivrées de ces désirs que la nature n'approuve point, et dont raccomplissement n'est jamais sans danger. Mais je vois déjà les préjugés s'armer contre moi • je les entends m'objecter, avec une sorte d'indignation , qu'en suivant un pareil précepte on expose l'enfant à toutes les monstruosités qui peuvent être la conséquence de ces envies non satisfaites. Je ne sais quelle est l'origine de cette liaison absurde que Je vulgaire établit entre les vices de conformation du fœtus et les désirs de la mère, mais je ne crains pas d'unir mon sentiment à celui d'un assez grand nombre de médecins distingués qui ont combattu cette erreur; et je m'engagerais volontiers à en démontrer l'évidence, s'il m'était possible de le faire sans sortir de mon sujet.
7°. Boissons. — Le bon vin rouge étendu d'eau et légèrement sucré , convient au plus grand nombre des femmes enceintes; mais il doit toujours'être pris avec beaucoup de modération, et presque jamais pur. La bière, le cidre de