DEUXIÈME PARTIE
iingue dans ce traité deux parties principales, relatives, i". Fune au physique; 2°. Fautre au moral. Dans la première, je trouve quelques idées lumineuses, au milieu d'une foule de principes dangereux, et souvent même en contradiction évidente avec les lois de la physique, de la chimie, de l'hygiène, et je dirai plus, avec la nature de l'homme à sa naissance; et cependant, la Tzafr/r^ semblait être, si je puis m'exprimer ainsi, Vidole du philosophe d e Genève. Quant à la seconde , il ne m'appartient point d'en faire la critique, et je me contenterai d'ajouter que je considère VÉrnile comme une production entièrement imaginaire etcommeun rêve ingénieux sur l'éducation. Cet ouvrage renferme cependant quelques vérités qu'il est important de connaître, et que je citerai sans prévention.
Pendant toute la durée de son existence, l'homme se trouve constamment enveloppé par un grand nombre de circonstances qui doivent nécessairement avoir sur lui des effets funestes ou salutaires, d'après l'usage qu'il sait en faire, les modifications qu'il leur imprime, et suivant la nature même de ces circonstances, lorsqu'il n'est point en son pouvoir de les changer. Mais jamais ces résultats ne sont plus appréciables que dans les premiers temps de la vie; en effet, le jeune sujet n'est pour ainsi dire alors que rhomme en miniature ; la mollesse extrême de ses or-
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ganes à peine ébauchés, la sensibilité, la délicatesse et la mobilité de sa frêle machine, d'autant plus profondément affectée parles influences extérieures, qu'elle n^en a point encore con-tracté l'habitude, sont autant de caractères qui placent Fenfant nouveau-né dans l'impossibilité de résister efficacement, par lui-même, à l'action des causes destructives dont il est environné, et qui le disposent avantageusement à ressentir les heureux effets des moyens employés pour développer, fortifier et perfectionner son organisation.
C'est donc spécialement à l'éducation de rhomme naissant qu'il faut accorder tous ses soins , puisque d'elle seule dépend le plus souvent la bonne ou mauvaise constitution qu'il doit offrir par la suite. Mais laissons parler un instant le modeste et savant Tourtelle :
(c C'est dans l'enfance que s'établissent les fon- » démens de la bonne ou de la mauvaise santé; y> et la source la plus féconde des infirmités qui )) rendent l'existence malheureuse, se trouve » non-seulement dans les erreurs des auteurs y> de nos jours, mais plus particulièrement en- » core dans les vices de l'éducation. En effet, y> l'enfant le mieux constitué dégénère bientôt » par l'effet de ces dernières causes, et devient » faible, languissant et en proie à la douleur, » pour la vie, s'il ne succombe pas dès le prin-