‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 118 sur 236 · DEUXièME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXièME PARTIE

» cipe. 5) (TouRTEiiLE, Elém. d'hygiène^ tom. 2, p. 341).

Je partage en deux classes tous les soins que nous devons accorder à riiomme naissant : 1°. j'embrasse dans la première , sous le titre ^éducation physique ^ tous ceux qui peuvent spécialement concourir au développement et au perfectionnement organique du jeune sujet ; 2°. et je comprends dans la seconde , sous le nom à^ éducation morale j tous les moyens par lesquels nous pouvons agrandir les facultés intellectuelles de l'enfant, enrichir son intelli-^ gence, et former son cœur à la vertu. Il est de la plus haute importance de connaître au moins les principes généraux de cette éducation physique et morale, afin de cultiver en même temps ces deux parties d'un même toiit, et de les faire marcher en des proportions convenables et variées , suivant l'âge , le sexe et les dispositions primitives de l'individu.

Chez les anciens peuples belliqueux, on ac-^ cordait peut-être un peu trop à l'éducation physique, au préjudice de l'éducation morale. Je ne crains point d'affirmer que dans l'état actuel de notre civilisation, nous sommes tombés dans un excès contraire. Il est cependant bien important, sans élever l'homme en société comme à Fétat de nature ^ de ne pas sacrifier entièrement sa force physique au développement de son

moral ; c'est bien ici qu'il faut adopter cette belle devise : in medio stat virtus.

Mais en blâmant les excès de la civilisation , je ne dirai pas , avec le philosophe de Genève : (( Toute notre sagesse consiste en préjugés ser- )) viles; tous nos usages ne sontqu'assujettisse- )) ment, gêne et contrainte. L'homme civil naît, y> vit et meurt dans l'esclavage; à sa naissance )) on le coud dans un maillot; à sa mort on le )> cloue dans une bière; tant qu'il garde la figure )) humaine, il est enchaîné par nos institutions. » Ainsi parle un écrivain beaucoup moins guidé parla nature que maîtrisé par son imagination. Gardons-nous bien de suivre ses conseils , et préférons toujours l'éducation civile dégagée de ses abus, à l'éducation sauvage. C'est le plus sûr moyen de conserver et d'agrandir l'espace qui doit toujours exister entre Yhomme et la brute.

Pendant la première année de la vie, l'éducation doit être presque entièrement physique. L'enfant, comme le fait judicieusement observer Cicéron , doit être élevé pour lui-même, avant de l'être pour les autres. C'est donc à fortifier et perfectionner sa frêle machine, que nous devons apporter tous nos soins.

Afin de mettre un peu d'ordre dans l'exposition de tous les moyens qui doivent concourir à cette éducation du premier âge, nous les coni-

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