PREMIERE PARTIE. II
gués, et qu'elle offre aux yeux du vulgaire les infortunés scrophuleux comme des êtres dégradés, et dont la fréquentation n'est pas sans danger. Je veux parler de celle qui fait consister Faffection strumeuse dans la présence d'un principe nuisible et de nature particulière, désigné sous le nom de vice om virus scrophuleux.
Parmi les auteurs qui ont admis Fexistence de ce principe, i°. les uns l'ont regardé comme seulement héréditaire, mais non contagieux ; telle est l'opinion de Linné, Vogel , et de la plupart des auteurs modernes.
2°. Les autres ont soutenu qu'il pouvait se communiquer par le contact ; Pujol, Lalouette, Charmetton, Aretée, Bordeu, etc. , partagent cet avis ; le dernier s'exprime ainsi , ouvrage cité , page 73 : « Il existe dans la nature une sorte de )) miasme scrophuleux qui est sans doute formé )) par les révolutions qui arrivent aux différentes )) humeurs , et qui peut fort bien , en passant )) d'un sujet à l'autre, aller, comme le levain dans )) la pâte, gâter les humeurs saines )). De semblables explications ne tombent-elles pas d'ellesmêmes ? M. Baumes admet également l'existence et la propriété contagieuse de ce virus , et s'exprime ainsi ( ouvrage cité , page 09 ) : ce Les scro- )) phules doivent paraître contagieuses dans tous )) les cas , lorsqu'il est prouvé qu'elles se trans- » mettent aux enfans qui sont allaités par des
ÏS TRAITÉ SUR LES SCROPHtTLES.
» nourrices scrophuleuses ». Ce dernier fait est vrai, mais l'auteur en déduit une fausse conséquence. En effet, une femme affectée de la maladie strumeuse peut transmettre cette dernière à son nourrisson ; mais c'est seulement en lui donnant^an lait peu substantiel, mal élaboré, un mauvais aliment par conséquent , comme nous le prouverons bientôt , et jamais en lui communiquant un virus , puisque dans un instant nous démontrerons jusqu'à l'évidence qu'il n'existe noint de virus écrouelleux. Charmetton ne craint pas d'assurer que la contagion peut même s'effectuer par l'intermédiaire de l'air. Enfin , Aretée prétend qu'on ne peut sans danger converser face à face avec un scrophuleux.
3''. D'autres auteurs ont considéré le prétendu vice écrouelleux comme une dégénération du virus syphilitique ; telle est l'opinion de Selle , Hufeland, Stoll , et de M. Portai. Toutes ces idées sur les scropliules sont essentiellement erronées, et pour le prouver d'une manière incontestable, nous renfermerons en trois questions principales tout ce qui peut être relatif au prétendu vice scrophuleux, et nous donnerons successivement la solution de chacune d'elles.
Première Questian, — Existe-t-il un vice ou virus scrophuleux ?
La majorité des auteurs entend par le mot vice ou virus, un principe morbijique existant