‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 13 sur 236 · PREMIÈRE PARTIE. l · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. l

dans les humeurs , et déterminant "par sa présence une affection de nature -particulière. Il nous semble dès lors impossible d'admettre un vice ou virus strumeux. En effet, i°. les scropliules acquises sont toujours déterminées par un ensemble de causes générales et extérieures, très-différentes dans leur nature et leur mode d'action, telles que l'absence du calorique et de la lumière solaire, un air froid , humide et corrompu, des alimens de mauvaise qualité, l'inaction, des maladies antérieures, etc. ; or, je le demande , est-il possible qu'un principe morbifique toujours identique dans les divers individus , et donnant constamment naissance à la même affection, se puisse développer dans nos humeurs sous l'influence variable de circonstances aussi nombreuses , et si évidemment disparates? M. Richerand n'admet pas non plus l'existence de ce principe morbifique : ce Les écrouel- » les ne dépendent pas de l'existence d'un vice 3) particulier ; ce virus scrophuleux n'exista ja- )) mais que dans l'imagination des partisans de la » médecine humorale ». ( Richerand, Nosographie chirurg. Tome P^, page i6f . )

2°. En admettant même cette altération supposée des humeurs , on ne pourrait point encore la regarder comme la maladie elle-même , mais seulement comme le symptôme d'une altération antérieure des solides vivans , puisque c'est

l4 TRAITÉ SUR liES SCROPHULES.

toujours sur ces derniers que les causes indiquées portent leur influence directe et primitive.

5**. Toute affection dépendante d'un principe morbifique particulier, siégeant d'une manière incontestable dans nos liquides, peut être communiquée par inoculation au plus grand nombre des individus ; ainsi, la rage, la syphilis, dans lesquelles l'existence de ce principe n'est plus un objet de litige, se transmettent facilement par la voie du contact et de l'absorption. Il n'en est jamais de même pour les écrouelles , comme nous le prouverons bientôt jusqu'à l'évidence.

4**. Enfin la cure des scrophules s'effectue constamment, comme le prouve l'expérience, par un ensemble de moyens généraux aussi différens dans leur nature que par leur mode d'action , tandis que toute maladie dépendante d'un virus, une fois devenue constitutionnelle, ne peut être guérie radicalement que par l'influence d'un spécifique qui détruise ce principe en agissant directement sur lui. C'est ce qui nous explique pourquoi la rage contre laquelle nous n'avons point jusqu'alors découvert ce. spécifique, est encore incurable, tandis que la syphilis disparaît d'une manière si merveilleuse sous l'influence exclusive du mercure. Il nous paraît, d'après ces observations, qu'il est impossible de soutenir l'existence d'un principe morbifique particulier dans l'affection strumeuse.

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