IL VÊTEMENS
Il existe, sur la manière de vêtir les enfans, un assez grand nombre d'abus ; mais aucune pratique n'est, sous ce rapport, aussi funeste que celle du maillot. Il s'est trouvé, dans presque tous les siècles, des hommes de génie qui ont élevé la voix contre cet usage barbare, et cependant la force de l'habitude a prévalu spécialement dans la plupart des campagnes. Ecoutons sur cet objet important les naturalistes et les philosophes : '
<c L'enfant n'est pas plutôt délivré de sa pri- )) son, qu'on lui donne de nouvelles entraves; » le roi des animaux pleure, gémit, et sa vie y> commence dans les supplices, sans autre crime 7) que d'être né. Itaque féliciter natus jacet y> manibus pedibusque devinctis y flens animal ^ y) cœteris im,peraturum y et à suppliciis pitani y> auspicatur unam tantum ab culpam ^ quia y) natum est. » (Plin., lib. 8).
ce A peine l'enfant est-il sorti du sein de la J) mère, et à peine jouit-il de la liberté de mou- » voir et d'étendre ses membres, qu'on lui donne » de nouveaux liens. On l'emmaiilotte, on le » couche la tête fixée et les jambes allongées , les » bras pendans à côté du corps. Il est entouré
sSa TRAITÉ SUR LES SCROPHULES.
» de linges et de bandages de toute espèce , qui y> ne lui permettent pas de changer de situation; )) heureux si on ne Fa pas serré au point de Femy> pêcher de respirer, et si on a eu la précaution » de le coucher sur le côté , afin que les eaux y> qu'il doit rendre parla bouche puissent tomber 5) d'elles-mêmes; car il n'aurait pas la liberté de » tourner la tête sur le côté pour en faciliter » l'écoulement. » (Hist, nat. t. IV, p. 190, £72-12.) Quiconque voudra fixer un instant ses regards sur l'homme naissant partagera bientôt cette manière de penser. En effet, l'enfant ainsi halottéy avec plus ou moins d'art , se trouve dans l'impossibilité de faire aucun mouvement, il est entièrement privé de cet exercice partiel si favorable au développement de ses forces et à la nutrition de ses organes. Retenus dans une extension permanente, comprimés par ce genre de vêtement, ses membres alors si faibles et si flexibles , deviennent roides , inhabiles aux mouvemens, si même ils ne se déforment. « La constriction trop forte » de la poitrine par les langes, dit Hoffmann, 3) rend les enfans bossus, estropiés, les fait vomir, » et leur occasionne souvent des descentes. ))
(Fréd. Hoff. t. m, p. 473.)
La nature indique elle-même une autre méthode • il faut accorder à l'enfant des vêtemens larges, moelleux, légers, et incapables de s'opposer à l'agitation de ses différentes parties.