‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 121 sur 236 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Parmi les auteurs qui ont exposé des préceptes sur Féducation physique du premier âge, i°. les uns veulent que l'on donne au nouveau-né des vêtemens très -minces, et qu'on l'habitue de bonneheure à supporter le froid même le plus rigoureux, et toutes les variations de l'atmosphère.

2°. Les autres conseillent, au contraire, de le prémunir avec le plus grand soin contre les impressions du froid , et de le maintenir habituelle^ ment dans une température uniforme et chaude.

On doit surtout compterdiU nombre des écrivains qui ont partagé la première opinion, i°. Ljcurgue y qui voulait que l'on habituât , de bonne heure, les enfans à supporter les intempéries des saisons, et qu'on les fît marcher sans aucune chaussure ; 2°. Lohe y qui recommandait de les placer dans une atmosphère habituellement froide; 3°. Floyer, médecin anglais, qui ne craignit pas de préconiser, pour eux, le bain froid dès les premiers jours de leur naissance, en dévouant aux scrophules et au rachitis tous ceux pour lesquels on négligerait l'emploi de ce moyen. J.-J. Rousseau rendit ce conseil plus dangereux encore en lui prêtant les charmes de son éloquence persuasive.

Au milieu des auteurs qui défendirent le second système, nous remarquons surtout Alph. \^^YQÏ^ G^\ àxX. sérieusement : (c Mais si l'enfant, » dans les premiers jours de sa vie, a éprouvé du

» froid à ses extrémités , elles sont dures, engory) gées , moins vivifiées ; elles ne s'échauffent que y) difficilement , et même pendant tout le reste de » la vie. En effet, ces enfans ont les extrémités » presque toujours froides, et surtout les pieds; )) ces sortes d'enfans sont toujours incommodés y) d^engelures, jusqu'à leur puberté ; ils ont peu » de sensibilité et de dextérité dans les extrémi- )) tés. » ( Alph. Leroi, Méd. mater, p. 4o.)

C'est en prenant un juste milieu entre ces opinions exagérées par l'esprit de système, que l'on peut trouver des principes très-avantageux; ainsi, le nouveau-né passant subitement de la chaleur uniforme du sein maternel, dans la température que présente habituellement l'atmosphère de nos climats , si remarquable par son instabilité, et ses variations du chaud au froid y du sec à l'humide, doit nécessairement être garanti de ces funestes influences, la faiblesse de son organisation le mettant dans l'impossibilité de lutter contre elles avec le moindre avantage. Il est donc nécessaire de le couvrir de vêtemens en même temps chauds et légers , afin d'entretenir autour de lui une température douce et invariable, sans le fatiguer par leur poids, ni solliciter une transpiration trop abondante , et qui ne pourrait que l'affaiblir. Si l'on désire lui communiquer une chaleur naturelle, il faut le placer dans la couche d'une personne jeune et très-

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