‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 122 sur 236 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

saine, mais ne jamais l'y enfermer entièrement, comme le font beaucoup de femmes clans l'intention de le soustraire en totalité à Faction du froid extérieur ; par cette funeste pratique, Tenfant respire un air chaud, peu revivifiant , et de plus^ altéré par sa propre transpiration, et par celle de la personne choisie pour remplacer la mère dans ces premiers instans. Il faut apporter beaucoup de prudence et d'attention dans ce choix, car l'absorption cutanée est tellement active chez le nouveau-né, qu'il reçoit avec la plus grande facilité les influences morbifiques exercées sur lui par une personne malsaine. C'est, sans doute^ d'après la connaissance de cette vérité, que les anciennes lois de France interdisaient la pratique des accouchemens aux femmes qui exhalaient une odeur fétide. La même connaissance doit engager les parens à ne pas permettre que tout venant embrasse leurs enfans , comme cela se pratique journellement ; mais il faut surtout détruire l'habitude funeste qu'ont la plupart des mères de tenir le jeune sujet près d'elles, et dans la même couche , pendant les premiers jours de la naissance; on conçoit en eJBFet que les vapeurs, les émanations fétides qui s'élèvent des lochies, que la fièvre de lait et les autres maladies dont la femme peut être affectée à cette époque , sont autant de circonstances qui deviendront nuisibles et même quelquefois mortelles pour le

îîouveau-né. Les linges de corps doivent être fréquemment renouvelés et toujours employés très-blancs et très-secs. C'est auprès d'un feu clair et vif qu'il faut nettoyer l'enfant et changer ses vêtemens.

m. LIT CONVENABIiE A l'eNFANT.

On pense vulgairement que la couche la plus mollette est celle que l'on doit préférer pour l'homme naissant. Cette opinion, conséquence directe de nos habitudes sociales, est, comme beaucoup d'autres, contraire au vœu de la nature. En effet, un lit de duvet entretient autour de l'enfant une chaleur excessive, un état habiluelde transpiration surabondante, dont les effets inévitables sont une langueur nuisible dans les fonctions intérieures, et l'affaiblissement général. Celui que l'on habitue de bonne heure à reposer sur l'édredon , ne sera par la suite qu'un sjbarite efïeminé.

Si nous consolions les usages des peuples moins amollis par le luxe, nous les trouverons en même temps moins éloignés de la nature 5 ainsi , les Caraïbes placent leurs enfans dans un petit hamac, sur la sciure de bois, et les couvrent d'une fourrure chaude et légère. L'habitant delà Yirginie couche les siens dans une boîte, sur des feuilles desséchées. Dans plusieurs contrées de la

Page 1