‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 130 sur 236 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Ton accorde à prix d'argent un lait que refuse la tendresse maternelle, et jugez ensuite si vous pourrez ainsi vous séparer de vos enfans dès le premier jour de leur naissance.

Une femme pauvre, par conséquent mal nourrie, obligée de se livrer à des travaux plus ou moins pénibles, quelquefois affectée de maladies qu'elle dissimule : voilà celle qui doit vous remplacer. Un lait peu nutritif, de mauvaise qualité , souvent même rendu funeste par une grossesse que l'on vous cache avec soin dans la crainte de perdre un nourrisson; un lait le plus ordinairement partagé avec un ou deux autres dont on se charge sans vous en prévenir ; une bouillie faite de la manière la plus économique possible ; tels, sont les alimens dont votre enfant fait usage ; heureux encore, lorsque le faible nourrisson obtient la mamelle à des temps assez rapprochés ! Combien de fois , en effet , n'arrive-t-il pas que la nourrice appelée à des travaux extérieurs , le confie, pendant une grande partie du jour, à l'impéritied'un jeune enfant, ou bien, manquant de gardien, le garotte impitoyablement dans son berceau, où l'infortuné attend, au milieu des cris, des douleurs et de l'anxiété, le retour de celle qui lui apporte un lait plus ou moins altéré par la misère et par la fatigue ; un réduit sombre, humide, souvent rempli d'une fumée irritante, exposé à toutes les intempéries des saisons, voilà

HgG TRAITÉ SUR liES SCROPHULES,

dans le plus grand nombre des cas , Fhabitalioii de votre enfant î

ïl existe sans doute quelques exceptions à cette règle générale, mais elles sont peu nombreuses. En supposant même que vous ayez le bonheur de rencontrer une bonne nourrice , comment avez- vous la faiblesse de penser qu'elle remplira dans toute sa perfection , par l'appât d'une récompense pécuniaire , la fonction importante que vous n'avez pas le courage d'entreprendre ! fonction qui présente , pour le cœur d'une mère , une source intarissable de bonheur, mais qui toujours est une tâche pénible pour la femme mercenaire.

Une bonne mère ne peut donc , sans des rai-, sons bien légitimes, se dispenser d'allaiter ellemême son enfant ; mais il ne suffit point encore de s'acquitter de cette obligation sacrée , il faut suivre , en le faisant, tous les conseils de la prudence et de la nature. La femme qui nourrit un enfant doit observer un régime exact, aucun fluide de l'économie animale n'étant plus susceptible que le lait de s'améliorer, ou d'éprouver des altérations suivant le genre de vie : i ^. elle évitera soigneusement toutes les passions violentes, qui toujours ont une influence fâcheuse sur la sécrétion lactée; ainsi, l'on trouve dans les auteurs un assez grand nombre de faits qui prouvent que des enfans ont été pris de convulsions , leur nourrice ayant eu l'imprudence de leur donner la mamello

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