DEUXIEME PARTIE
immédiatement après un emportement de colère. J'ai vu à la Salpêtrière et à la consultation gratuite de FHôtel-Dieu , plusieurs femmes qui m'ont avoué que des accidens semblables et des vomissemens répétés s'étaient manifestés chez leurs nourrissons à la suite de pareilles imprudences ; 2**. elle évitera les travaux pénibles , les bals , les spectacles , les veilles prolongées ; 3°. prendra un. exercice régulier ; 4°» dormira un peu plus que dans l'état habituel; 5®. usera très-modérément du coït j et même devra s'en abstenir entièrement pendant les premiers mois ; 6°. suspendra l'allaitement aussitôt qu'elle pourra soupçonner une grossesse nouvelle ; 7^. usera d'alimens doux et nourrissans , pris en quantité un peu plus considérable que dans l'état ordinaire ; évitera avec le pi us grand soin les liqueurs alcoholiques et le café, parce qu'ils donnent au lait un caractère trop excitant. Alph. Leroi, dans sa Médecine maternelle ^ rapporte une observation qui le prouve sans réplique. Il fit allaiter, par une femme , une demoiselle arrivée au dernier degré de l'épuisement ; quand la nourrice prenait du vin pur, le lait offrait pour la malade une saveur acre, et lui donnait la fièvre. Elle évitera également les ragoûts trop salés , trop épicés. Pline prétend que les enfans allaités par une nourrice qui fait abus de persil sont presque tous affectés d'épiiepsie. En
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un mot, il est indispensable de renoncer à tous les excès, et de vivre dans un ëtat de calme [)arfait , puisque de ces circonstances dépend la bonté de l'aliment accordé au premier âge, et par conséquent le développement plus ou moins heureux du nouveau-né.
Il est encore des règles très-importantes relativement au temps où la mère doit donner le mamelon ; il ne faut pas, avec quelques-unes, le faire chaque fois que l'enfant crie; ses vagissemens exprimant bien plus souvent la douleur qu'il éprouve sous l'influence des circonstances extérieures, ou d'une digestion difficile, que le besoin de prendre des substances alimentaires. Il est aussi très-nuisible de lui laisser la nlamelle jusqu'à satiété, parce qu'alors son estomac fatigué, distendu outre mesure, ne peut en digérer convenablement une aussi grande quantité. On doit lui donner le sein toutes les trois ou qualre heures dans la journée ; une fois seulement pendant la nuit, en supposant qu'il se réveille. Il faut surtout avertir les nourrices des dangers qu'elles courrent elles-mêmes , et auxquels sont exposés leurs enfans , par un allaitement prolongé au douzième ou quinzième mois, comme le pratiquent plusieurs mères ; elles s'épuisent constamment, ce Les femmes délicates, dit Quay> rin , deviennent quelquefois phthisiques par
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» un allaitement prolongé, y) Elles donnent à leur nourrisson un lait pauvre, souvent insalubre , et dont les funestes effets ne se font que trop sou vent ressentir chez le nouvel être, qui devient quelquefois scropliuleuxsous Finfluence particulière de cet abus. Le terme naturel de Fallaitement est le neuvième ou dixième mois; prolongé audelà, il doit presque toujours être considéré comme une imprudence.
2°. allaitement par une nourrice. — Si la mère se trouve, par l'une des causes que nous avons indiquées, dans l'impossibilité de nourrir elle-même son enfant, et forcée de confier ce soin important à des mains étrangères , quelle attention ne doit-elle pas dès lors apporter dans le choix de la nourrice qui va la remplacer ! une santé parfaite, une constitution robuste et saine, un moral paisible, une conduite régulière et pure, sont autant de circonstances indispensables ; mais il est tellement difficile de les réunir dans la classe indigente qui fournit ordinairement ces nourrices mercenaires, les imprudences que ces dernières peuvent commettre sont si fréquentes, surtout lorsqu'elles vivent éloignées de la surveillance des parens, quela prudence ordonne derenoncer à ce moyen , lorsqu'on se trouve dans l'impossibilité d'avoir près de soi une bonne nourrice, exclusivement occupée des soins qui lui sont confiés. Il n'est en effet aucune pension qui puisse jamais ^
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pour le nouveau-né , remplacer avantageusement la maison paternelle. ,
3**. Allaitement par un animal. — Il paraîtra peut-être étonnant d'abord que Ton puisse conseiller ce genre d'allaitement pour Fenfant ; mais en y réfléchissant, on verra bientôt qu'il est à beaucoup près le plus avantageux , lorsqu^on se trouve privé du lait maternel ou de celui d^une nourrice bien choisie, et vivant habituellement sous la surveillance des parens ; il est même quelquefois préférable à ce dernier, parce qu'on peut toujours facilement diriger à volonté le régime et les passions de l'animal , et par conséquent obtenir un lait sain et constamment semblable; ce qu'il est impossible d'espérer dans l'allaitement par une femme étrangère. En fixant le choix de Fanimal qu'on doit préférer , nous ne combattrons ni n'adopterons les idées fabuleuses de l'antiquité sur les propriétés particulières attribuées au lait de certains animaux. Nous n'examinerons point si , comme le disent les poètes , le lait d'une tigresse peut donner à l'homme un cœur féroce et cruel ; si Remus etRomulus durent leur courage et leur force à celui d'une louve , etc. ; en un mot, si ce fluide peut, suivant qu'il appartient à telle ou telle espèce, modifier l'organisation de l'enfant d'une manière aussi marquée ; toutes ces idées nous paraissent plutôt les fruits d'une imagination brillante que d'une observation solide. La