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chèvre, par la bonté de son lait, sa docilité, la facilité qu'aura le nourrisson à saisir la mamelle, me paraît mériter la préférence sur les autres animaux pour l'usage que nous indiquons. Il est d'ailleurs si facile et si peu dispendieux de la nourrir , qu'on peut s'en procurer une dans presque toutes les maisons, sui*tout à la campagne. Ce genre d'allaitement offre des avantages qui devraient le faire propager, puisqu'il est peu dispendieux, qu'il donne à la mère la douce satisfaction de voir croître près d'elle l'objet de ses plus tendres affections, et à Fenfant les avantages inappréciables des soins maternels.
2°. Allaitement artificiel.
On fait usage du lait d'ânesse , de vache ou de chèvre- beaucoup d'auteurs accordent la préfé-' rence au premier , le second réussit aussi trèsbien , le troisième est également bon. Il faut , autant que possible, le faire prendre lorsqu'il est encore doué de sa chaleur naturelle. Il n'est point indifférent de choisir tel ou tel vase pour son administration ; quelques personnes ont la mauvaise habitude de le donner dans une coupe ; mais il est bien plus avantageuxde se servir d'un biberon , pai'ce que l'enfant se trouve obligé d'exercer la succion dont les mouvemens déter» minent la sécrétion d'une salive abondante, qui, se mêlant au lait, en rend la digestion beaucoup
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plus facile. Les intervalles sont les mêmes que dans les cas précédens.
Ce genre d'allaitement est loin de présenter les avantages de l'allaitement naturel, et cependant, je le préférerais encore dans la maison paternelle à celui-ci chez une nourrice éloignée, tant je trouve d'inconvéniens à confier entre des mains étrangères , un être faible environné d'un si grand nombre de circonstances fâcheuses, qui sans cesse a le plus grand besoin de ces petits soins, de ces précautions délicates , que l'amour maternel peut seul inspirer et mettre en pratique. Quand verrons-nous ces vérités appréciées à leur juste valeur ? Chaque jour, des parens qui ont eu la faiblesse d'éloigner ainsi leurs enfans pendant les premières années , voyent revenir près d'eux ces victimes d'un abandon qui n'est presque jamais excusable, étiolées, pâles, contrefaites ou scrophuleuses ; ils déplorent ces funestes accidens , mais sans jamais remonter à leur véritable source. Oculos habent et non vident !
L'allaitement convient , avons-nous dit , d'une manière presque exclusive dans les deux ou trois premiers mois de la vie; mais à cette époque, le lait n'est plus un aliment suffisant , du moins pour la plupart des sujets ; il faut alors des substances qui donnent aux organes plus de consistance et de fermeté. Parmi les auteurs qui ont écrit sur l'éducation des nouveau-nés, je pour-
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rais en citer plusieurs qui regardant l'allailemefit comme sujet à trop d'inconvéniens , conseillent de ne pas même remployer dans les premiers jours de Ja naissance. Cette opinion fut soutenue avec beaucoup de force et d'esprit par Vaiihelmont, qui réussit à élever un enfant sans l'usage du lait, et à lui donner une force supérieure à celle de ses frères, qui avaient été allaités. Un seul fait ne suffit point sans doute pour établir des idées aussi paradoxales et aussi contraires au vœu de la nature, qui n'a pas donné sans raison des mamelles à la femme , et aux femelles des animaux ; qui n'a pas, sans aucun but , établi, dans ces organes, la sécrétion d'un fluide si convenable à la nutrition du nouveau-né, précisément à l'instant où ce dernier se trouve séparé de sa mère, et privé des moyens qui l'avaient alimenté pendant son séjour dans l'utérus. Ces circonstances prouvent assez que l'homme et les mammifères doivent se nourrir de lait pendant les premiers temps de leur existence.
D'autres auteurs ont soutenu l'opinion diamétralement opposée à celle de Vanlielmont , en prétendant que l'enfant devait être mis exclusivement à la diète lactée, au moins pendant les douze premiers mois, et qu'il fallait suppléer, par le lait de vache , à celui de la nourrice , dans le cas où il serait insuffisant ; mais en suivant cette pratique dangereuse, et cependant assez
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généralement accréditée , les enfans deviennent bouffis, gélatineux, semi-transparens , ils ont la blancheur de la cire ; constitution que les nourrices désignent sous le nom de chair de lait ; les parens se félicitent alors de leur voir ces formes arrondies , cette fraîcheur apparente, ces membres mous et boursoufîîés, cette peau fine, incolore et diaphane ; mais qu'ils cessent de s'abuser ainsi; cette beauté spécieuse cache le germe d'une affreuse maladie ; l'enfant qui présente cette faible organisation est presque toujours dévoué aux scrophules, à moins qu'une maladie, même légère pour un suj et mieux constitué, ne vienne l'enlever à la tendresse de ceux qui lui ont donné le jour , avant même que l'affection strumeuse ait eu le temps de se manifester d'une manière évidente. C'est encore entre ces deux systèmes également pernicieux pour le développement et la santé du nouvel être, qu'il est irfciportant d'établir les règles fondamentales de son alimentation.
Il faut , dès le commencement du troisième ou quatrième mois, ajouter à l'allaitement l'usage d'un aliment convenable. Ici s'offrent des abus et des préjugés à combattre. Les bouillies sont presque exclusivement employées, dans les campagnes surtout , comme aliment accessoire du lait maternel. Voyons comment on les confectionne , et quels peuvent être leurs effets. On délaye dans le lait une certaine quantité de farine